Au procès de l’assassinat d’Odile de Moro Giafferri, deux suspects, un seul accusé

Au procès de l’assassinat d’Odile de Moro Giafferri, deux suspects, un seul accusé
Au procès de l’assassinat d’Odile de Moro Giafferri, deux suspects, un seul accusé

Commençons par le cachemire puisque c’est la première chose que l’on voit dans cette salle d’audience. Bleu pâle, gris perle, noir, camel, brique, tabac, côtelé, fin, épais, en étole, en écharpe, en mitaines, en pull, il se répartit également de part et d’autre des bancs. Avec le velours côtelé, le daim, la flanelle de laine et le cuir souple des sacs, c’est le lien entre deux parties désormais complètement opposées.

L’accusé, Cyril Berger, 50 ans, siégeant dans la salle d’audience de la cour d’assises de Paris depuis mardi 28 novembre, est chef d’entreprise. Derrière lui, son frère aîné, gérant d’un groupe immobilier de luxe, accompagné de sa femme et de ses trois grands enfants, vient le soutenir au quotidien. Son ex-épouse, Marie-Elvire de Moro Giafferri, avocate, a pris place sur le banc des parties civiles. La victime est sa mère, Odile, née de l’Avout d’Auerstaedt, que Cyril Berger est accusé d’avoir assassinée de trente coups de couteau à son domicile, au 17e arrondissement de Paris, en décembre 2015. Absent mais représenté par son avocat, Me Frédérique Baulieu, le fils d’Odile et le frère de Marie-Elvire, François-Xavier de Moro Giafferri, se sont également constitué partie civile. Cyril Berger est également accusé d’avoir tenté de l’assassiner.

Au début du récit, ce fils atteint de schizophrénie, qui vivait avec sa mère, était soupçonné du meurtre. Le 18 décembre 2015, vers 19h15, le voisin le retrouve sur le palier, en sous-vêtements et chaussettes, blessé et couvert de sang, un couteau de cuisine à la main, criant que sa mère venait d’être poignardée. “C’est mon beau-frère!” C’est mon beau-frère ! », Il a répété. Après sept mois de détention provisoire en unité psychiatrique, François-Xavier de Moro Giafferri a été totalement disculpé. La justice avait changé l’accusé.

“Il y avait des choses qui me dérangeaient”

Le commandant Sylvie Tomasi, aujourd’hui à la retraite, se souvient bien des premières semaines de son enquête. Elle était « rincé », comme tous les personnels de la police et de la gendarmerie parisiennes, explique-t-elle au tribunal. Un mois plus tôt, 130 personnes avaient été tuées et plus de 400 blessées dans les attentats terroristes du 13 novembre 2015. Ainsi, le meurtre d’un septuagénaire… « Tout le monde me disait : mais qu’est-ce que tu prends la peine de chercher ? C’est schizo ! Franchement, moi aussi j’aurais préféré que ce soit le schizophrène, je n’avais pas du tout envie de me replonger dans une enquête. Mais il y avait des choses qui me dérangeaient. Je me suis dit, il y a quelque chose qui n’est pas clair dans cette affaire”dire ce petit bout de femme au culot effronté de l’inspecteur Columbo.

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