Les libéraux font l’éloge de Couillard et de la « rigueur budgétaire »

Entre hommage au premier ministre Philippe Couillard et engagement à retrouver rapidement l’équilibre budgétaire, la « rigueur budgétaire » était au cœur du congrès du Parti libéral du Québec (PLQ), qui a lieu ce week-end à Bromont.

Les libéraux du Québec ont voulu contraster avec le gouvernement Legault « qui jette de l’argent à gauche et à droite » et qui est « incapable de faire des choix difficiles ».

Cette grande ode à la « rigueur budgétaire » a culminé avec un hommage au mandat de Philippe Couillard, qui a dirigé le Québec entre 2014 et 2018.

Tous les anciens dirigeants du PLQ encore vivants y ont participé, en plus de nombreux ex-élus, de Régis Labeaume à l’ancien président français François Hollande. L’héritage de M. Couillard dans le domaine de l’environnement, mais aussi dans celui des transports, a été souligné.

À de nombreuses reprises, les intervenants ont salué le « courage » de l’ancien chef libéral, qui a mené un exercice de « rigueur budgétaire » durant la première moitié de son mandat.

Entre 2014 et 2016, M. Couillard a sérieusement limité la croissance des dépenses de l’État et redressé la situation financière difficile du Québec, ont rappelé les libéraux. Mais d’un autre côté, il a suscité de vives critiques, lorsqu’il a été accusé de soumettre les services publics à « l’austérité ».

« Il peut se vanter d’avoir une cote de crédit supérieure à celle de l’Ontario. [et] un surplus de huit milliards à son successeur, a souligné Jean Charest. Quelque chose qu’on ne reverra pas dans un avenir prévisible au Québec… »

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Sur la photo, on voit Philippe Couillard (au premier plan), et les anciens premiers ministres Daniel Johnson et Jean Charest. (Stéphane Champagne/La Voix de l’Est)

«Nous avons su remettre le Québec sur les rails», s’est félicité le chef par intérim du parti, Marc Tanguay. Votre gouvernement est une Source d’inspiration pour vos collègues députés à l’Assemblée nationale.»

Lors de son discours, Philippe Couillard a rappelé que cet exercice, qui lui a valu toutes sortes de critiques, n’était « pas une idée stérile d’alignement des chiffres », mais plutôt une manière de « libérer une certaine marge de manœuvre ». Et avec huit milliards d’excédents lorsqu’il a quitté le pouvoir, « je pense qu’on peut dire que mission accomplie », a-t-il fait remarquer.

Une rigueur « difficile » mais nécessaire

Insistant sur la saine gestion des finances publiques comme valeur fondamentale du parti, les militants du PLQ ont adopté une résolution invitant le parti à répéter la « rigueur » du gouvernement Couillard s’il reprend le pouvoir.

L’exercice promis nécessitera des « décisions difficiles » et des « sacrifices », conviennent les ténors libéraux. Mais c’est « nécessaire » car « la carte bancaire est pleine ».

« Le Parti libéral est toujours le parti de la rigueur et de la bonne gestion des finances publiques », a insisté le leader parlementaire du parti, Monsef Derajji. Ce que nous allons promettre aux Québécois, c’est que le Parti libéral prendra au sérieux l’état des finances publiques.»

« Il faut agir sur la colonne des revenus […] mais surtout veiller à la rigueur budgétaire.»

— Monsef Derraji, député libéral de Nelligan et leader parlementaire

«Je vous dirais qu’il y a du ménage à faire», a également déclaré le député André Fortin, après s’être moqué de la gestion des fonds publics par le gouvernement caquiste. « Prendre des décisions difficiles implique forcément de faire des sacrifices », a-t-il reconnu, avant de nuancer. Mais cela ne nous empêche pas d’investir dans l’avenir.»

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Le député libéral André Fortin convient que la « rigueur budgétaire » s’accompagnera de « sacrifices ». Mais il n’est pas question de parler d’austérité. (Édouard Plante-Fréchette/Archives -)

Le chef par intérim du PLQ, Marc Tanguay, est du même avis. Il «ne nous pardonne pas François Legault [avoir fait] un déficit historique de 11 milliards » sans plan de retour à l’équilibre budgétaire. « On verra à l’aube des prochaines élections […] l’étendue des dégâts. »

«La rigueur, je pense que c’est le mot clé», a déclaré l’élu montréalais en mêlée de presse. M. Tanguay a toutefois catégoriquement refusé l’étiquette d’austérité, accolée à son parti entre 2014 et 2016.

Rigueur et services, comme sous Couillard

Les chefs du Parti libéral se veulent toutefois rassurants. Ils assurent que malgré les « sacrifices », les services à la population seront épargnés, voire améliorés. Comme c’était le cas sous Philippe Couillard, insistent-ils.

Le principe-cadre voté samedi au congrès prévoit également que le projet des libéraux de retour à l’équilibre budgétaire « préserve les services essentiels ». […] en particulier dans l’éducation et la santé.

« Les décisions difficiles impliquent nécessairement des sacrifices. Mais cela ne nous empêche pas d’investir dans l’avenir», a insisté André Fortin, se disant «fier» du bilan du dernier gouvernement libéral. «Je vous rappelle l’état dans lequel Philippe Couillard a pris le Québec. Il y avait énormément de travail à faire. »

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Au cours des deux premières années de son mandat, le premier ministre libéral Philippe Couillard a imposé des contrôles stricts sur la croissance des dépenses de l’État, souvent qualifiés d’austérité. (Mathieu Bélanger/Archives de - Canadienne)

“Nous avons créé de la richesse et bien géré les finances publiques”, a ajouté Monsef Derraji. Services publics, fin 2018 [en comparaison] à compter d’aujourd’hui, sont dans une bien meilleure position, a-t-il assuré, pointant notamment l’état du réseau de santé.

« Regardez le temps d’attente aux urgences et l’accès à la première ligne [en santé]. Personne ne me dira aujourd’hui que l’accès au front s’est amélioré avec François Legault.

«Je ne pense pas que les Québécois d’aujourd’hui vont mal analyser ce qu’a fait M. Couillard.»

— Monsef Derraji, député libéral de Nelligan et leader parlementaire

Le principal concerné n’a pas voulu analyser la lecture que les Québécois font de son héritage, notamment si ses actions économiques avaient été traitées injustement.

« Mais je dirais ceci : il y a eu beaucoup d’agitation en 2018 à propos de la soi-disant austérité. […] Oui, il y a eu une restriction des dépenses pendant une courte période, mais avec un énorme bénéfice », a-t-il commenté. Mais en politique, la gratitude ou la justice sont des principes plutôt insaisissables.»

 
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