un choc qui a tenu ses promesses

un choc qui a tenu ses promesses
un choc qui a tenu ses promesses

Gabriel Attal et Jordan Bardella portaient un costume bleu quasiment identique. Mais ils auront passé les 75 minutes de ce débat organisé par France 2, jeudi soir, à tenter de mettre en avant leurs divergences politiques, tout en ne lâchant jamais leur adversaire de la soirée.

Une bataille où ils se sont livrés coup pour coup, ne manquant jamais de s’interrompre, tout en essayant de rester le plus courtois possible. Précis et pugnace, en essayant de ne jamais faire preuve d’agressivité : un exercice de haut vol.

Le Rassemblement national rêve depuis longtemps d’un tel affrontement, espérant faire des élections européennes un référendum contre la politique d’Emmanuel Macron. Et c’est cette histoire que Bardella, tête de liste RN, a tenté d’imposer en introduction, en dramatisant le plus possible le scrutin du 9 juin : « une élection cruciale pour notre pays », « deux visions qui s’affrontent », « une projet et une évaluation qui se feront face ».

Organiser un duel qui rendrait tous les autres invisibles

Non moins grandiloquent du côté du Premier ministre – poussé par Emmanuel Macron à se jeter dans l’arène pour relancer une campagne macroniste en difficulté – Gabriel Attal a évoqué les élections « les plus importantes de notre histoire », les résumant à une problématique binaire : être « plus fort en étant plus solidaire » avec l’Union européenne ou « le repli sur soi » et « la fin de l’UE » qu’incarnerait le Rassemblement national. Organiser un duel unique qui rendrait invisibles tous les autres groupes politiques lors de cet affrontement.

A Gabriel Attal, le costume du professeur. Il a tenté de bout en bout de corriger Jordan Bardella (« Je vais vous donner un scoop », à deux reprises), le mettant en difficulté sur la préférence nationale des entreprises françaises sur les commandes publiques.

“Votre programme est une connerie”

« Vous allez couper les jambes de nos entreprises ! », a grondé l’animateur de Matignon. Selon lui, les entreprises ne seraient plus en mesure de conquérir des marchés en Europe. Bardella, expérimenté dans l’exercice, tente d’esquiver. « Quand on ne veut pas répondre à une question on passe à un autre sujet », sourit son adversaire macroniste.

De bout en bout, il interroge Bardella, exigeant de lui faire répondre aux contradictions passées du RN (son changement de position sur la sortie de l’euro en 2017) ou pointant des contradictions dans leur programme, comme la « double frontière » défendue par Jordan Bardella. « Votre programme est un banco. Il y a plein de promesses, mais quand on gratte, il n’y a rien derrière”, tacle Gabriel Attal.

Bardella encaisse les coups et riposte : « Je reconnais bien le talent macroniste de tout dire et son contraire ! », « avec tout le respect que je vous dois, Monsieur Attal, vous mentez ! » Ton lent, le plus didactique et à la fois technique possible, l’eurodéputé frontiste fait tout pour rappeler qu’il n’est plus question pour le RN de prôner une sortie de l’Union européenne (« changer les règles du jeu »). , et qu’il maîtrise le fond des dossiers techniques. Et ce alors que les procès pour incompétence, notamment en économie, ont longtemps hanté et hantent parfois encore le camp lépéniste.

Autre objectif : apparaître du côté raisonnable, quand Emmanuel Macron est accusé par Bardella d’avoir « jeté de l’huile sur le feu » en évoquant l’envoi de troupes françaises en Ukraine. Le président du RN enfonce ensuite des punchlines bien préparées sur l’immigration, favorite des frontistes.

« Pour vous, l’immigration n’est pas un problème, c’est un projet ! », déclare Jordan Bardella, à propos du Pacte sur l’asile et la migration voté à Bruxelles. “Nous ne serons jamais d’accord sur l’immigration et c’est une fierté pour moi de ne pas l’être”, répond Attal, point pour tat.

Il ne reste que deux semaines de campagne

Envoyé en mission pour tenter de sauver la campagne de son camp – la tête de liste Renaissance Valérie Hayer est donnée 16 % dans les sondages quand Jordan Bardella culmine à 32 % –, le Premier ministre multiplie les signaux politiques pour rappeler aux bons souvenirs d’un macroniste en voie de disparition. base électorale.

Il citera à plusieurs reprises Jacques Delors et Jacques Chirac, se présentant comme leur héritier sur le plan européen. Tout en lançant des appels à l’électorat jeune et vert (« le combat climatique est le combat de notre génération »). Suffisant pour remettre les choses sur les rails et éviter un cuisant revers le 9 juin ? Il reste deux semaines de campagne.

 
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