L’électronisme. Seine-Saint-Denis, département le plus touché d’Île-de-France

L’électronisme. Seine-Saint-Denis, département le plus touché d’Île-de-France
L’électronisme. Seine-Saint-Denis, département le plus touché d’Île-de-France

Un article publié par le quotidien Le Parisien le 20 mai constate une disparité notable au sein de la région Île-de-France : si cette dernière apparaît comme la moins touchée en France par l’électronique, 15 % des habitants de Seine-Saint-Denis sont néanmoins concernés. Pour quoi ?

Ilélectronisme : de quoi parle-t-on ?

Avant de revenir sur ce phénomène, un peu de contexte. En 2018, le gouvernement de l’époque avait annoncé l’octroi d’une enveloppe de 75 à 100 millions d’euros pour lutter contre la fracture numérique alors que l’électronique touchait alors 20 % de la population française.

Une analyse réalisée par la Mission Société Numérique et pilotée par le gouvernement révèle que près de 14 millions de Français ne connaissent pas le numérique.

Cette privation face aux nouvelles technologies et aux outils électroniques porte un nom : l’électronisme, la version numérique de l’illettrisme. Ce terme désigne ainsi les difficultés rencontrées dans l’utilisation des ordinateurs et des outils électroniques en général. Un électroniqueisme couvrant aussi bien les lacunes dans la prise en main d’un ordinateur, d’un smartphone ou d’une tablette que la maîtrise des contenus consultés sur Internet.

La Seine-Saint-Denis se fait une nouvelle fois remarquer

En 2023, cinq ans après, où sont les objectifs fixés par Mounir Mahjoubi, alors secrétaire d’État en charge du Numérique, pour réussir à former chaque année 1,5 million de Français concernés par cet électronique ?

Selon l’étude de l’Insee publiée l’année dernière et basée sur des données de 2019, 12,2 % des Franciliens âgés de 15 ans ou plus étaient en situation d’illettrisme. Soit, en valeur absolue, 1,3 million de personnes.

Paradoxe francilien, si la région apparaissait alors comme la moins touchée de France (où la moyenne était de 16,9%), le département de Seine-Saint-Denis se distinguait défavorablement avec 15% de ses habitants se retrouvant en situation de l’ilélectronisme.

Pour justifier cette première place de l’Île-de-France à l’échelle française, l’Insee avance alors l’explication de la « relative jeunesse » de sa population. Ainsi, selon les chiffres de l’Observatoire territorial, la région était la plus jeune de France en 2020 avec un habitant sur cinq âgé de 15 à 29 ans.

Ilélectronisme et paradoxe francilien

Il faut cependant chercher des explications supplémentaires pour comprendre cet électronicisme plus marqué en Seine-Saint-Denis puisque cette dernière est restée, depuis plusieurs années, le département le plus jeune de France métropolitaine.

De son côté, l’Insee évoque également le niveau de formation des individus pour justifier certaines disparités en matière de maîtrise du numérique. En effet, si ce niveau de formation apparaît « plus élevé » en Île-de-France que dans les autres régions, ce constat n’est pas valable pour la Seine-Saint-Denis.

Et l’institut des statistiques ajoute qu’en Île-de-France, « les titulaires d’un baccalauréat ou d’un diplôme de l’enseignement supérieur sont quatre fois moins susceptibles d’être en situation d’usage électronique (5%) que ceux qui n’en possèdent pas (23%) « . Autre critère à prendre en compte : l’intégration dans le monde du travail. ” Les inactifs, ni retraités, ni étudiants, sont proportionnellement cinq fois plus nombreux en situation d’illettrisme (21%) que les actifs. », précisait la publication de l’Insee en 2023.

Pour autant, pourrait-il y avoir des explications supplémentaires à envisager pour justifier ce retard notable en Seine-Saint-Denis en matière de maîtrise du numérique ?

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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