50 ans après l’avalanche du col de Pailhères, en Ariège, les rescapés n’oublient pas

50 ans après l’avalanche du col de Pailhères, en Ariège, les rescapés n’oublient pas
50 ans après l’avalanche du col de Pailhères, en Ariège, les rescapés n’oublient pas

l’essentiel
Le 7 mai 1974, au col de Pailhères, une avalanche emporte 17 gendarmes du peloton de gendarmerie de montagne de Savignac-les-Ormeaux, coûtant la vie à trois d’entre eux. Cinquante ans plus tard, les survivants n’ont rien oublié. Réunis pour une cérémonie du souvenir, ils témoignent.

Le 7 mai 1974, sur la route D25 menant au col de Pailhères, une avalanche s’abat sur dix-sept gendarmes du peloton de gendarmerie de montagne (PGM) de Savignac-les-Ormeaux, en couvrant dix. Trois ont perdu la vie : Philippe Lesauvage, Gilbert Peyraud et Luc Bordenave. 50 ans plus tard jour pour jour, par un temps pluvieux mêlé de quelques flocons de neige, survivants et anciens membres du PGM se sont retrouvés sur les lieux de ce drame dont ils ne peuvent effacer de leur mémoire le souvenir.

La cérémonie a réuni plusieurs dizaines de personnes. “Le devoir de mémoire est important, il ne faut jamais oublier”, déclare le colonel Frédéric Wagner, commandant du groupement de gendarmerie de l’Ariège. Pour nous gendarmes, ces commémorations nous permettent de réfléchir sur le sens de nos missions, sur tout ce que les anciens nous ont donné et de pouvoir mieux envisager l’avenir.

Une cérémonie qui lui tient à cœur et qui a nécessité un long travail de préparation pour Daniel Clauzier, l’un des survivants du drame : « J’ai préparé cet hommage avec l’aide du colonel Wagner, du commandant du PGHM de Savignac et des anciens. du PGM. Je parle au nom de tous. La mission n’a pas été facile, mais la majorité des membres de l’unité de l’époque ont été réunis.

Cérémonie devant La Stèle, hommage aux trois victimes du 7 mai 1974.
DDM – Annie Clauzier

“Je pensais que c’était la fin”

Un ancien auxiliaire de police de montagne de Savignac-les-Ormeaux témoigne du drame qu’il a vécu. « Nous sommes allés nous entraîner en montagne au Col de Pailhères, se souvient-il. « Nous nous sommes retrouvés devant un mur de neige de 3 mètres de haut. À un moment donné, la neige arrivait jusqu’à mes mollets. Je suis resté environ une heure et demie complètement enterré. J’ai eu le temps de penser à toute ma vie, à toutes les personnes qui vont nous manquer. J’étais fiancée, j’allais me marier deux mois plus tard. .Je pensais que c’était la fin.

Tous ceux qui avaient échappé à l’avalanche se sont alors mobilisés pour secourir leurs camarades. Roger Kompanitchlko, gendarme au moment de l’incident, faisait partie du groupe qui se trouvait sur la route : « Je me suis retourné et j’ai vu que la route était couverte de neige. Nous avons couru pour alerter», rapporte-t-il.

Ce jour-là, Robert, aujourd’hui âgé de 90 ans, était pompier volontaire à Ax-les-Thermes et prêt à répondre à toute alerte avec un autre groupe. L’appel reste pour lui un mauvais souvenir : « C’est toujours difficile. Mais le plus compliqué, c’est ce qui se passe ensuite, quand on a ces trois garçons à la morgue, sur les tables. L’image est toujours présente. On se dit que le matin même, ces trois jeunes étaient en pleine forme, ils affrontaient la vie et en quelques secondes, c’était fini. Mais il y a eu aussi de bons moments dans mon expérience de pompier», raconte-t-il, la gorge nouée.

Temps glacial

Daniel Clauzier et ses collègues étaient partis gravir le pic de Tarbésou, mais le mauvais temps les a fait changer d’itinéraire. « Nous avons décidé de prendre la route et nous avons entendu un craquement derrière nous », se souvient-il. « Nous étions cinq seuls contre douze au départ. Je me souviens avoir vu un gant noir sortir de la neige. était le gant d’un de nos dirigeants. Nous avons creusé et essayé de le sortir avec nos mains. Trois hommes sont morts dans la neige malgré l’intervention de leurs collègues.

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Egalement alerté, un hélicoptère décolle de Tarbes. « La météo était tellement mauvaise que je l’ai seulement entendu, mais je ne l’ai jamais vu », témoigne Daniel Clauzier. Un chien d’avalanche était également présent : Bingo, qui porte bien son nom puisqu’il a réussi à détecter Jean-François Croses, resté trois heures sous la neige. « Pour l’anecdote, il avait un chiot qui m’a été offert et auquel j’ai aussi donné le prénom Bingo, raconte Jean-François. Le chien a même fait la Une du journal Le Parisien !

50 ans plus tard, le souvenir ne s’est pas effacé, mais se retrouver a permis aux survivants d’alléger le poids.

 
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