La transmission, plus importante que la création d’entreprise

La transmission, plus importante que la création d’entreprise
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À l’occasion de la 7e édition du Sommet de la reprise, le Centre de transfert d’entreprises du Québec (CTEQ) lève le voile, jeudi, sur les chiffres d’un premier portrait mesurant l’ampleur de la reprise à l’échelle nationale de 2015 à 2021.

L’intuition d’un certain engouement pour le réemploi était déjà sur le bout des lèvres de l’équipe du CTEQ. Mais aucune donnée n’était disponible pour le verbaliser.

Ce n’est plus le cas.

Chaque année, jusqu’à 26 milliards de dollars d’actifs sont transférés, quelque 120 000 employés sont concernés et 91 % des intentions de transfert se sont concrétisées.

Pourtant, l’année 2021 marque un tournant historique au Québec, avec plus de 8 600 transferts d’entreprises enregistrés. Une augmentation de 32,1% par rapport à 2015.

“[Pour cette année-là]nous avons découvert que la transmission d’entreprises était plus importante dans l’économie québécoise que la création d’entreprises, toutes régions confondues », s’étonne Alexandre Ollive, PDG du CTEQ, rencontré sur place par Le soleil.

Interrogé sur ce qui explique cet excès, M. Ollive se veut prudent. Seules des hypothèses sont sur la table.

Sortie du Covid-19, vieillissement de la population, hausse du taux d’inflation : tous ces facteurs peuvent « jeter de l’huile sur le feu et contribuer à accélérer le transfert », estime-t-il.

« Le CTEQ travaille depuis dix ans à sensibiliser, développer et encourager [le repreneuriat]. Je pense qu’il y a un retour”, ajoute-t-il également.

Vers une culture d’entrepreneuriat

Face à un tel constat, le PDG estime qu’il faut construire une culture.

« Nous avons une culture de démarrer qui a commencé il y a une vingtaine d’années. […] Mon rêve serait d’avoir la même culture, mais reproduite lors du rachat », dit-il.

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Vendeurs et acheteurs se sont retrouvés les 1er et 2 mai pour la 7e édition du Takeover Summit au Palais des Congrès de Montréal. (Centre de transfert d’entreprises du Québec)

Alors que les années 1960 à 1980 ont vu « un boom incroyable » de la création d’entreprises, de nombreux propriétaires-dirigeants sont en train de transmettre leur PME entre les mains de la prochaine génération.

Il y a des communautés à mobiliser, met-il sur la table, en pensant aux jeunes générations, aux personnes issues de l’immigration comme aux femmes.

D’ailleurs, ces dernières n’ont été impliquées que dans 27,9 % des transferts en 2021, révèle l’étude réalisée à l’Observatoire québécois de la reprise et de la transmission d’entreprises du CTEQ.

« Le Québec ne peut pas se permettre de laisser certaines options de côté. Il y a trop d’entreprises qui seront disponibles au cours des dix prochaines années. […] Il n’y a aucune excuse collective pour rater cela », déclare le PDG.

Pour éviter que ces fleurons ne s’essoufflent, faute de disposer d’un plan de succession, M. Ollive estime qu’il faut savoir accompagner à la fois les vendeurs et les acheteurs.

Des programmes à ajouter, des services-conseils à améliorer et une prospection accrue auprès des entreprises figurent parmi les axes clés qu’il souhaite mettre en œuvre dans un avenir proche.

« Est-ce qu’on apprend à nos entrepreneurs à transférer ? Presque pas.”

— Alexandre Ollive, PDG du Centre de transfert d’entreprises du Québec

« C’est une expérience qu’ils vivront à la fin de leur carrière. Chez les entrepreneurs de 55 ans et plus, il y a moins d’appétit pour se lancer dans une nouvelle aventure», indique-t-il, alors que la recherche d’une personne prête à prendre les rênes d’une entreprise et les vagues de négociation qui s’ensuivent demandent beaucoup d’énergie.

Points forts

  • Si Montréal est la plaque tournante des transferts de PME en 2021, le Québec arrive en deuxième position avec respectivement 48 % et 10 % de tous les transferts.
  • Les acheteurs de 55 ans et plus représentent plus du tiers des acheteurs, tandis que les jeunes ne représentent que 5,2 %.
  • Trois secteurs d’activité au Québec connaissent une croissance du nombre de transferts : le transport et l’entreposage, la construction et l’industrie manufacturière.
 
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