31 habitations gauloises découvertes à Bénesse-Maremne

31 habitations gauloises découvertes à Bénesse-Maremne
31 habitations gauloises découvertes à Bénesse-Maremne

SSi certains ont l’impression que des vestiges romains sont découverts chaque jour dans les Landes, c’est sans doute vrai. La loi de 2001 sur l’archéologie préventive y est pour beaucoup. Elle consiste à détecter et à sauvegarder les éléments du patrimoine archéologique susceptibles d’être affectés ou détruits par des travaux d’aménagement publics ou privés, et concerne tous les terrains d’une superficie supérieure à 3 hectares.

C’est dans le respect de ce cadre légal qu’à la fin du premier semestre 2023, le promoteur Nexity a réalisé un diagnostic confié à l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (Inrap), sur un terrain de 3,6 hectares situé à un lieu-dit Le Loriot, chemin du Pont, à Bénesse-Maremne. Ce sont alors 13 terrains viabilisés à bâtir qui seront proposés aux futurs acquéreurs.

Ce premier diagnostic a révélé la présence de vestiges antiques. Ainsi, l’archéologue Nicolas Peyne, à la tête d’une équipe de 15 spécialistes, a été mandaté début 2024 pour étudier le site pour une mission de trois mois, par le bureau d’études et d’aménagement archéologiques Evéha de Limoges (87).

« Les recherches ont lieu sur le site de la vieille ville et c’est la première fois que de telles découvertes sont mises au jour à Bénesse-Maremne », explique l’adjoint à l’urbanisme, Jean-Pierre Hicauber. .

Un ancien village gaulois

Dans un premier temps, quatre excavatrices et six tractopelles ont décapé la couche primaire du sol, sur une profondeur de 0,70 à 1,30 m pour atteindre l’alios (une couche de sol dure, compacte et imperméable), 28 000 mètres cubes. de terres ont ainsi été mises de côté. Un projet colossal.

Les fouilles ont révélé la présence d’un ancien village gaulois érigé à partir de 300 avant JC jusqu’au début de la présence romaine en Gaule, période dite médiévale moderne. Début avril, alors que seulement la moitié du site avait été inspecté, celui-ci s’est révélé remarquable.

« Les restes gaulois sont rares. Ici, 31 bâtiments de l’époque ont déjà été découverts, soit plus que dans l’ensemble des Landes aujourd’hui. On voit une évolution sur 300 ans, puis le village a été abandonné sans continuité d’occupation, on ne sait pas pourquoi”, explique Nicolas Peyne.


31 édifices gaulois ont été découverts, soit plus que tous les vestiges de ce genre découverts dans les Landes.

AG

Mode de vie

La recherche démontre une organisation sociétale fondée sur une idée de propriété, matérialisée par des fossés de séparation, mais aussi des spécificités de cultures et d’usage des bâtiments. L’analyse des terrains à l’intérieur des bâtiments, ainsi que du mobilier (poterie) découvert là-bas, révèle leurs usages (habitation, écurie, silo à grains, etc.). « Les occupants y avaient des activités bien établies », selon l’archéologue.

A l’issue de la mission archéologique, il précise que les relevés topographiques et les vestiges découverts seront mis à la disposition de l’Etat, auquel ils appartiennent, pour des études approfondies d’une durée de deux ans. Ils peuvent ensuite être prêtés à des organismes tels que des musées ou des municipalités pour des manifestations culturelles et des expositions.

Les fouilles seront achevées début mai. Au-delà de la richesse patrimoniale induite par la découverte de ces vestiges, la commune de Bénesse-Maremne en aura appris un peu plus sur son histoire.

 
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