Poutine en Chine cherchant du soutien pour sa guerre en Ukraine

Poutine en Chine cherchant du soutien pour sa guerre en Ukraine
Poutine en Chine cherchant du soutien pour sa guerre en Ukraine

(Pékin) Le président Vladimir Poutine est arrivé jeudi en Chine pour rencontrer son homologue et « cher ami » Xi Jinping, dans l’espoir de le convaincre d’apporter un soutien accru à l’effort de guerre russe en Ukraine.


Publié à 13h22

Mis à jour à 20h16

James EDGAR

Agence France-Presse

Selon des images diffusées à la télévision russe, le chef du Kremlin a été accueilli vers 4h30 jeudi à Pékin (16h30 heure de l’Est mercredi), à la descente de son avion, par des responsables chinois et un agent de sécurité. honneur, avant de prendre place dans une limousine noire.

Cette visite de deux jours marque le premier voyage à l’étranger de M. Poutine depuis sa réélection en mars et son deuxième en Chine en un peu plus de six mois.

Ce géant asiatique constitue une bouée de sauvetage économique cruciale pour la Russie, en proie à de lourdes sanctions occidentales prises pour la punir de son offensive militaire en Ukraine.

Quelques heures avant son départ, Vladimir Poutine saluait les avancées en Ukraine de l’armée russe qui revendiquait la prise de plusieurs localités de la région de Kharkiv (nord-est) : « Nos troupes améliorent constamment, chaque jour, leurs positions dans toutes les directions. », a-t-il assuré.

A peine revenu d’une tournée en France, en Serbie et en Hongrie, Xi Jinping a défendu le droit de maintenir des relations économiques normales avec son voisin russe. La Chine profite notamment des importations d’énergie russe bon marché.

Les deux pays ont célébré début 2022, juste avant le déclenchement de l’invasion de l’Ukraine, un partenariat bilatéral qualifié de « sans limites ».

“Il s’agit du premier voyage de Poutine après son investiture et il vise donc à montrer que les relations sino-russes franchissent une nouvelle étape”, estime l’analyste russe indépendant Konstantin Kalachev.

« Sans oublier l’amitié personnelle visiblement sincère entre les deux dirigeants. »

Mais ces liens étroits suscitent une méfiance croissante de la part des Occidentaux. Les Etats-Unis menacent ainsi de sanctionner les entreprises étrangères, notamment les banques, qui travaillent avec la Russie.

Le Kremlin a déclaré cette semaine que les deux présidents discuteraient des « domaines clés du développement de la coopération russo-chinoise, tout en échangeant également leurs points de vue sur les questions internationales et régionales ».

ligne rouge

Dans une interview à l’agence de presse officielle Xinhua publiée mercredi, Vladimir Poutine a salué la « volonté sincère » de Pékin d’œuvrer à la résolution de la crise ukrainienne.

La Chine appelle régulièrement au respect de l’intégrité territoriale de tous les pays (y compris l’Ukraine), mais appelle également à prendre en compte les préoccupations de sécurité de la Russie.

Washington a fixé une ligne rouge pour Pékin – ne pas fournir directement d’armes à la Russie – et affirme n’avoir jusqu’à présent aucune preuve du contraire.

Mais les Etats-Unis estiment que le soutien économique chinois permet encore à la Russie de renforcer sa production de missiles, de drones et de chars.

Le commerce sino-russe a explosé depuis l’invasion de l’Ukraine et atteindra 240 milliards de dollars en 2023, selon les douanes chinoises.

Mais les exportations chinoises vers la Russie voisine ont été nettement inférieures en mars et avril 2024 à celles de la période janvier-février, après les menaces de Washington de sanctionner les institutions financières soutenant l’effort de guerre russe.

Car un décret signé en décembre par le président américain Joe Biden autorise désormais des sanctions secondaires contre les banques étrangères liées à la machine de guerre russe.

En bref : le Trésor américain peut les exclure du système financier mondial, basé sur le dollar.

« Difficulté considérable »

La Chine cherche de toute façon à renouer ses liens avec les États-Unis et pourrait donc être réticente à vouloir renforcer sa coopération avec la Russie, malgré les attentes de cette dernière, selon les analystes.

Plusieurs banques chinoises ont ainsi interrompu ou réduit leurs transactions avec leurs clients russes, selon huit ressortissants des deux pays impliqués dans les échanges bilatéraux.

Les banques « partent du principe qu’il vaut mieux être prudent que de faire quelque chose qu’on pourrait regretter plus tard », explique Alexander Gabuyev, directeur du Carnegie Russia Eurasia Center.

« Déterminer si les paiements sont liés au complexe militaro-industriel russe […] représente une difficulté considérable pour les entreprises chinoises, y compris les banques.

Mais lors de la visite de Vladimir Poutine, les experts s’attendent à ce que Moscou et Pékin célèbrent leur partenariat et signent plusieurs accords commerciaux.

Les deux dirigeants devraient également publier une déclaration commune et assister à une soirée marquant les 75 ans de relations diplomatiques entre leurs pays, selon le Kremlin.

Vladimir Poutine doit également rencontrer le Premier ministre Li Qiang puis se rendre vendredi à Harbin (nord-est) pour visiter une foire dédiée au commerce et aux investissements.

 
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