« la vie fantastique » de la violoniste Sandra Kong

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« la vie fantastique » de la violoniste Sandra Kong

Par

Augustin Delaporte

Publié le

21 juin 2024 à 6h46

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Sandra Kong était assise tranquillement sur une chaise dans une salle de répétition au Philharmonie de Paris (19e). Elle est éclairée par la lumière blanchâtre du ciel qui perce par la fenêtre, d’où l’on aperçoit le défilé incessant des voitures sur le périphérique. Dehors, le temps s’étire. Et Sandra Kong rejoue le film de son enfance. La jeune femme vivait à l’époque avec ses deux sœurs, son frère et ses parents, dans un deux pièces situé porte de Choisy, dans le 13e arrondissement. Son père est serrurier, sa mère couturière. Rien ne la prédestinait puis jouer d’un instrument. Derrière la monture de ses lunettes, elle rougit légèrement et avoue : « Mes parents ne savaient même pas que les conservatoires existaient et ils n’en avaient pas. je ne peux pas me permettre les cours personnes. » Plus d’une décennie plus tard, à 23 ans, elle fera partie des 200 musiciens et 40 danseurs qui donneront le spectacle le dimanche 23 juin 2024. Vie fantastiquedans la grande salle Pierre Boulez, d’une capacité de 2 400 places.

Un appareil qui change tout

Entre les pupitres éparpillés, la violoniste rassemble ses idées : « Enfant, nous faisions différentes activités grâce au Centre social Caf. Le prix des vacances et des sorties était ajusté en fonction du quotient familial. Un matin, ma mère est entrée dans la pièce où nous dormions tous et a simplement demandé : qui veut jouer de la musique ? C’est comme ça que ça a commencé pour moi. »

Nous sommes en 2010 et la Cité de la musique – Philharmonie de Paris vient de lancer son dispositif d’enseignement musical et orchestral à vocation sociale : Démos. « Le principe est de cibler les jeunes au sein des structures sociales et de les initier à la musique, avant d’éventuellement basculer vers le conservatoire », explique un porte-parole du centre culturel.

De 7 à 12 ans, les enfants suivent ensuite un cycle de 3 ans complètement libre. Le porte-parole poursuit : « Ils ont deux cours par semaine et une répétition avec les élèves de tous les centres de leur orchestre toutes les six semaines. Pendant le tutti, il y a près d’une centaine de jeunes musiciens ! »

Grands concerts à la Philharmonie de Paris

Chaque centre offre aux jeunes la possibilité de débuter avec une famille unique d’instruments, afin qu’ils forment ensemble une orchestre symphonique. « Chez moi, il y avait le choix entre le violon et le violoncelle », se souvient Sandra. J’aurais aimé jouer du violoncelle, mais il n’y avait pas de place à la maison, alors j’ai joué du violon. »

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Avec Démos, le violoniste découvre la musique dans un cadre relativement exceptionnel. « On a une grande liberté et, chaque année, j’attends avec impatience le mois de juin, le mois des concerts », sourit-elle. C’est une expérience incroyable de jouer à la Philharmonie. Tout cela, sans démos, est un monde que je n’aurais jamais découvert « .

Près de la moitié des jeunes passés par le dispositif poursuivraient ensuite la musique en conservatoire, selon la porte-parole de la Philharmonie de Paris. C’est en tout cas le chemin qu’a emprunté Sandra Kong.

Une contribution qui va au-delà de la musique

Aujourd’hui en fin de 3ème cycle au conservatoire, le musicien a plusieurs fois j’ai pensé à arrêter. « Le conservatoire, c’est plus académique, ça demande plus de temps aussi. Et ma priorité, ce sont mes études en Data AI. Mais je suis très attaché aux sentiments que j’éprouve lors des répétitions et après un concert, sans vraiment pouvoir les expliquer. »

Elle s’est aussi longuement interrogée sur son rapport à la musique. « On dit souvent que les gens qui fabriquent un instrument le font parce que leurs parents le voulaient. J’y ai pensé et je suis sûr maintenant que c’est pour moi que je continue, même si je sais que ma mère était fière que je joue du violon. »

Une évidence qui lui est apparue dans un moment dramatique : « Ma mère est décédée pendant la pandémie de Covid et, dans les semaines qui ont suivi, j’étais complètement perdue. Je ne voulais plus rien. Mais pendant cette période, je jouais tous les jours. » Les larmes roulent doucement sur ses joues, son regard se pose vers l’extérieur. «Peut-être qu’un jour je passerais le diplôme d’études musicales (DEM), pour me professionnaliser», confie-t-elle. Quel que soit le sort que lui réserve l’avenir, le lien qui la lie à la musique semble désormais tenace.

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