entretien avec l’acteur Bruno Putzulu avant son passage à Sainte-Bazeille

entretien avec l’acteur Bruno Putzulu avant son passage à Sainte-Bazeille
entretien avec l’acteur Bruno Putzulu avant son passage à Sainte-Bazeille

Pour le festival Culturissimo, Bruno Putzulu propose une lecture musicale à Sainte-Bazeille le 29 mai, à 20 heures, à la salle des fêtes, avec Lionel Suarez. « Son odeur après la pluie », de Cédric Sapin-Defour, raconte treize années d’amour entre un chien et un humain. Une histoire que l’artiste aux multiples facettes a adorée. Ce Normand de cœur, né d’un père italien et d’une mère française, a été pendant dix ans pensionnaire de la Comédie-Française, César du meilleur espoir masculin et auteur-interprète. Rencontre avec un acteur énigmatique et touchant.

Quel enfant étais-tu ?

Proche de ma famille, et je n’ai pas changé. J’étais un peu dans mon coin, sauf avec mes amis footballeurs. Je n’aimais pas vraiment l’école, être enfermée. Près de la clôture, je regardais passer les voitures et je les enviais. Peut-être que j’avais en moi une poésie, une soif de liberté.

Une poésie que l’on retrouve dans vos chansons ?

J’ai écrit les textes et Denis Piednoir les a composés.

En 2002, vous avez reçu la médaille de chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres.

(Rire) Je vais devoir aller la chercher !

Qu’aimeriez-vous faire que vous n’avez jamais fait ?

J’aimerais… être éternelle, rester en vie !

Faites-vous du sport pour rester en forme ?

Taekwondo, karaté, boxe thaï, j’en ai fait en compétition. Au foot, il y a deux ans, je me suis blessé, je jouais aux Ritals [au théâtre, NDLR] avec des béquilles. Je fais de la boxe en salle. En Normandie, je courrai sur les chemins de l’enfance, je suis nostalgique. On peut avoir 20 ans dans sa tête, être considéré comme vieux et en souffrir. Si quelqu’un me demande si je veux retourner à l’époque où j’avais 10 ans, je dis oui ! Quand mon père était en vie.

Pouvez-vous nous parler de votre amitié avec Noiret et Halliday ?

Noiret jouait mon père dans un film de Boujenah [”Père et fils », NDLR]. À la fin d’un tournage, les gens retournent dans leur monde. Avec Philippe, nous avons continué à nous voir et à discuter. Je lui ai dit : « Et si on en faisait un livre ? » » (1) Il répondit : « Allons-y, mon grand ! » Avec Johnny, j’ai eu des années d’amitié… Un jour qu’il était déprimé, il m’a demandé une chanson, j’ai écrit « My Life ». Parfois, nous sommes amis avec des gens qui ne nous ressemblent pas du tout.

Entre cinéma et théâtre, lequel préférez-vous ?

Au théâtre, c’est moi qui tourne ; au cinéma, celui qui fait du théâtre. C’est la même racine, on part de quelque chose en nous. J’aime Beckett, j’aime Molière, Grumberg… Le cinéma est plus confortable, on a plus de temps pour travailler.

Avez-vous besoin de scène ?

Plus je joue, plus je suis heureux. Faire de l’art, c’est le partager, avoir un écho, une résonance, un retour. Et donc j’en sais plus sur ce que je joue. Un film ou une pièce de théâtre existe aux yeux et aux oreilles des autres. Je continue les lectures musicales ainsi que la pièce « Les Ritals ». Etant artiste, associé à la scène de Belfort (lieu de création de spectacles), je jouerai « La Lettre d’Italie ». Et le tournage d’une comédie, « Pôle emploi-France travail », est prévu avec Laurent Vinas-Raymond.

(1) « J’ai passé un très bon moment », conversation avec Bruno Putzulu, chez Flammarion.

 
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