le 20 juin 2023, l’ouest du Tarn-et-Garonne emporté par une tempête dévastatrice

l’essentiel
De la Lomagne aux coteaux de Moissac et de Lafrançaise, en passant par Deux-Rives et le Confluent du Tarn et de la Garonne, vents cycloniques et pluies tropicales ont fait des ravages dans la soirée du 20 juin 2023. Récit de cette soirée d’angoisse et de désolation qu’aucun on a oublié, un an après. Même si quelques blessés ont été signalés, c’est un miracle qu’il n’y ait pas eu de morts.

Dans le jargon des météorologues, on parle de supercellule de tempête. Mais en début de soirée du mardi 20 juin 2023, les habitants de l’ouest du Tarn-et-Garonne, dans un vieux réflexe gaulois, ont eu l’impression que le ciel leur tombait sur la tête.
Venue du Gers, la tempête a commencé par s’engouffrer dans la vallée de l’Arrats et les coteaux de la Lomagne Nord.

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À Lachapelle, père et fils dans l’enfer blanc

A Lachapelle, village célèbre pour sa splendide église baroque, Christophe Tagliaferri et son fils croyaient que leur dernière heure était arrivée. « Je voulais abriter un tracteur sous un hangar que nous avons à environ 3 kilomètres de la maison. Nous avons réussi à y arriver mais ensuite il était impossible de revenir. Nous sommes restés coincés dans le 4×4 que nous avions pris pour rentrer chez nous. Impossible d’avancer. Le véhicule a été soulevé d’un mètre sous l’effet des rafales de vent. Nous pensions que c’était la fin du monde. Nous avons maintenu les fenêtres pour qu’elles ne se brisent pas sous la force de l’eau », explique-t-il. Adrien, son fils, a lui aussi vu « la vie passer. Il faisait si blanc de pluie et de vent qu’on ne voyait pas le bout de la capuche. »

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Les Lavitois ont eux aussi vécu cet enfer blanc, presque au même moment. Vers 19h15, les éléments se sont déchaînés avec des pluies très intenses qui ont fait déborder les cours d’eau. Une famille de 5 personnes, habitant place de la Halle, a dû être relogée par la mairie dans des mobil-homes du camping. Yves Meilhan, le maire du Lavit, garde un très mauvais souvenir de cette nuit du solstice d’été, la plus courte de l’année. Une nuit blanche pour de nombreux Tarn-et-Garonnais.

Mansonville, en Lomagne, une des communes qui a subi le plus de dégâts.
DDM – DDM FLORENT DUPRAT

Exemple à Mansonville, village défiguré par la tempête et qui, un an plus tard, en garde encore les cicatrices. Route de Lavit, plus un poteau téléphonique ou électrique pouvant tenir debout. Les bois bordant la RD3 semblent avoir été bombardés par des avions ennemis. Aujourd’hui encore, des mètres cubes de bois stockés en lisière attendent preneur.

Des pluies tropicales ont noyé la ville de Valence-d’Agen en un quart d’heure.

Le constat est identique dans la communauté de communes des Deux-Rives, un des secteurs les plus touchés du département. De Saint-Antoine, village gersois de la CC2R à Perville, en passant par Auvillar, Saint-Loup, Bardigues, Espalais et bien sûr Valence-d’Agen, on ne compte plus les arbres arrachés, les toitures endommagées, les caves et rez-de-chaussée . rez-de-chaussée inondé.

La serre du GAEC à Costes-Pélades, à Auvillar, le 21 juin 2023, au lendemain de la tempête. La structure entière était tordue, pliée ou arrachée.
DDM – Claude DUPUCH

Ce mardi soir, Ernest Lopes est toujours occupé dans son commerce à Valence-d’Agen quand soudain, le ciel ouvre les vannes au-dessus de la capitale cantonale. « L’eau montait à mi-hauteur des roues des voitures. Des tuiles se sont envolées ou ont été cassées, notamment sur le toit de l’hôpital. Il y a des arbres tombés partout. Cela a duré un quart d’heure, mais c’était impressionnant. Tout le monde est pieds nus dans le quartier pour ramasser les poubelles et tout un tas d’objets personnels emportés par les eaux », décrit-il depuis le boulevard Victor-Guilhem.

Image impressionnante après la crue, sur les ruelles du Pé de Gleyze à Valence-d’Agen.
DDM – Michel BONY

« Alors que la collecte des déchets recyclables avait lieu mercredi, les riverains avaient sorti les cartons et les plastiques dans les conteneurs jaunes. La crue a tout emporté et ces déchets se sont accumulés sur les grilles du réseau d’eau pluviale. Mais ce que je retiens de cette soirée, c’est le formidable élan de solidarité. Beaucoup de gens étaient paniqués, déçus, se demandant comment évacuer toute cette eau. Finalement, grâce aux efforts de tous, en 20 minutes, c’était fini. » Ce soir-là, Ernest Lopes s’inquiétait aussi pour ses parents. « Ils habitent près de la Croix-Rouge. Quand je suis arrivé chez eux, mon père était dans sa cave, avec de l’eau jusqu’aux mollets.

Comme Antonio Lopes, un retraité habitant Valence-d'Agen, de nombreux Tarn-et-Garonnais ont vu leur cave ou leur maison inondée dans la soirée du 20 juin 2023. Les plus malchanceux ont subi des dégâts à la toiture en raison de vents orageux. .
Comme Antonio Lopes, un retraité habitant Valence-d’Agen, de nombreux Tarn-et-Garonnais ont vu leur cave ou leur maison inondée dans la soirée du 20 juin 2023. Les plus malchanceux ont subi des dégâts à la toiture en raison de vents orageux. .
Collection privée de photos

« Ce que nous avons vécu mardi soir, que ce soit à Valence ou sur tout le territoire de Deux-Rives, est d’une ampleur et d’une violence jamais vues » (Jean-Michel Baylet)

En déplacement à Paris, le maire de Valence Jean-Michel Baylet, informé de la gravité de la situation, passera également une nuit blanche. Soulagé d’apprendre que personne n’a été blessé, mais que nous avons frôlé un drame au camping municipal, le président de la CC2R se rendra le lendemain sur les lieux du sinistre pour exprimer sa gratitude à tous ceux, agents de la Ville, du communauté de communes et du Département, pompiers, gendarmes, police municipale et communautaire, venus au secours des biens et des personnes. « Ce que nous avons vécu mardi soir, que ce soit à Valence ou sur l’ensemble du territoire des Deux-Rives, est d’une ampleur et d’une violence jamais vues auparavant. La force des vents était comparable à celle d’un ouragan et la quantité de pluies torrentielles aussi», a déclaré M. Baylet quelques jours plus tard, lors d’une séance du conseil municipal.

En Espalais, les arbres de cette peupleraie arrachés comme de vulgaires brindilles par la force du vent.
En Espalais, les arbres de cette peupleraie arrachés comme de vulgaires brindilles par la force du vent.
DDM – Claude DUPUCH

Une rafale de 134 km/h à Castelsarrasin

Ce mardi 20 juin 2023, la tempête poursuit sa trajectoire dévastatrice vers le sud-est. S’engouffrant dans les Terres des Confluences, il arrache 45 000 jeunes pommiers dans un verger de Saint-Michel. Olivier Dutertre déplore plus d’un million d’euros de dégâts… dont il n’a pas été remboursé un seul centime un an plus tard.

A Saint-Nicolas, des chênes plusieurs fois centenaires déchirent les murs des belles propriétés.
Cela peut paraître irréel, mais la supercellule orageuse va encore gagner en intensité dès son arrivée à Moissac, sans épargner Castelsarrasin où Météo France enregistrera une rafale à 134 km/h, avec de nombreuses coupures d’électricité constatées dans la ville sous-préfecture et 4 900 foyers. dans la seule ville d’Uval.

De nombreux Moissagais ont vécu un véritable traumatisme lors de cette soirée orageuse.

Pour Moissac, ce 20 juin 2023 restera un horrible souvenir, certainement moins douloureux que la crue centenaire du Tarn qui fit 120 morts dans la nuit du 3 au 4 mars 1930. Mais de nombreux Moissagais ont vécu un véritable traumatisme lors de cette soirée orageuse. Si le centre-ville a été relativement épargné, les faubourgs, les quartiers périphériques comme Sarlac, Luc et La Mégère et bien sûr les coteaux exposés au vent d’ouest ont subi d’énormes dégâts.

Le soir de la tempête, sur la route de La Mégère à Moissac il était très difficile de circuler entre les câbles téléphoniques, les fils électriques, les branches et autres objets soulevés par la tempête.
Le soir de la tempête, sur la route de La Mégère à Moissac il était très difficile de circuler entre les câbles téléphoniques, les fils électriques, les branches et autres objets soulevés par la tempête.
Capture d’écran Facebook

A la Croix-de-Lauzerte, 7 patients handicapés du MAS Gérard-Chambert ont dû être évacués dans la nuit. À Sarlac, la toiture d’une HLM, soulevée par des vents cycloniques, s’est écrasée sur les ateliers municipaux. La salle de basket du Cosec a subi des dégâts. On ne compte plus les locaux commerciaux et artisanaux inondés, notamment dans le quartier du Luc. Suite à cette tempête qui a détruit prunes, pêches, abricots, pommes et raisins, sans oublier les dégâts constatés par les céréaliers, maraîchers et forestiers et sur les bâtiments d’élevage, l’agriculture va connaître une « annus horribilis », la malchance ayant voulu que la tempête balaie. loin le secteur le plus arboricole du département.

Derrière l'hôpital de Moissac, la rue Hippolyte-Détours n'avait pas vu autant d'eau depuis la désastreuse nuit du 3 au 4 mars 1930.
Derrière l’hôpital de Moissac, la rue Hippolyte-Détours n’avait pas vu autant d’eau depuis la désastreuse nuit du 3 au 4 mars 1930.
Capture d’écran Facebook

“C’était trop beau, tout était magnifique mais tout est tombé à l’eau”, a déploré Christophe Tagliaferri, directeur des cultures d’une ferme de Lachapelle où 80 % des récoltes ont été détruites. En ce mois troublé de juin 2024, pas question de voir le cauchemar recommencer…

 
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