nouvelles avancées dans l’enquête

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Par

Ludivine Laniepce

Publié le

20 juin 2024 à 11h05

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Quoi qu’il en soit, magistrats, enquêteurs, parties civiles et journalistes le martèlent : chaque détail, souvenir ou aveu compte. Et plus que jamais pour Antoinette Lenepveu, pour qui le pôle « cold cases » est la dernière chance.

Depuis mai 2023, ce centre, qui co-référait aux enquêteurs du police fédérale de Caen (Calvados) et l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP), se sont rendus dans les lieux restés à peu près identiques, dans la vallée de Quincampoix.

Chronologie

20 juin 1983

Les pompiers sont intervenus de 21h15 à 22h14 pour un incendie de terrain au-dessus de la rue de la Roche-qui-pend, à Octeville. Vers 21h30, de l’autre côté de la vallée du Quincampoix, Antoinette Lenepveu a été assassinée à son domicile de la rue Louis-Lansonneur, à La Glacerie. Au même moment, un homme mystérieux est aperçu par plusieurs témoins des deux côtés de la Divette.

21 juin 1983

Le corps de l’octogénaire, dépouillé et décapité, a été retrouvé tôt le matin à La Divette, en contrebas de son jardin. Sa tête sera découverte en fin de journée dans le dépôt SNCF désaffecté voisin.

28 juin 1983

Antoinette Lenepveu est enterrée à Nacqueville. Des obsèques prises en charge par la sœur de son mari, inspecteur central des douanes de Cherbourg décédé près de 20 ans auparavant à leur domicile.

1985

Un portrait composite est diffusé dans la presse. L’homme, relativement jeune, a une chevelure dense, est de taille moyenne et plutôt trapu. Ce « témoin n°1 » ne s’est jamais manifesté.

2012

Le parquet de Cherbourg est délaissé au profit de celui de Coutances, qui ouvre une information judiciaire. De nouvelles enquêtes sont ouvertes, les premiers enquêteurs ré-interrogés et les archives de La Presse de la Manche consultées par la police.

mai 2023

Nouveau rebondissement dans le déroulement judiciaire de cette affaire : l’affaire est désormais traitée par la Cellule nationale des délits en série ou non élucidés du tribunal judiciaire de Nanterre. Depuis, ce centre de « cold cases » associe les enquêteurs de la police judiciaire de Caen (côté terrain) et de l’Office central de répression des violences aux personnes (côté analyse).

Dès le début, les enquêteurs cherbourgeois n’ont pas ménagé leurs efforts pour confondre un jour le ou les auteurs de ce drame qui a traumatisé Cherbourg (Manche).

La mémoire des faits reste vivace, le désir de faire face à la vérité tenace. Les actions d’investigation sans cesse renouvelées des policiers de la Manche et du Calvados ont permis de toujours maintenir le dossier ouvert.

Désormais, ceux qui sont sous l’autorité de ce centre poursuivent leurs investigations avec de nouveaux moyens, “de nouvelles auditions et expertises”, confirme le tribunal judiciaire de Nanterre (Hauts-de-Seine).

Une femme secrète

Pourtant, les pistes ne manquent pas, sans que l’une ne parvienne à l’emporter sur l’autre.

Il y avait le commis boucher, la vengeance de guerre, les cambrioleurs, les marginaux… Madame Lenepveu, je l’ai connue. C’était une personne calme. Nous la voyions rarement, mais de notre point de vue de jeunes, c’était une personne sans histoire.

Jacques, un enfant de Divette

Une autre voisine d’Antoinette, rue Louis-Lansonneur, se souvient également de cette « femme qui avait belle allure », qui confectionnait les vêtements de ses filles.

« Son atelier de couture donnait sur la rue, à côté de sa chambre. Quand les filles allaient chercher leurs vêtements, il fallait toujours qu’elles se montrent d’abord par la fenêtre chez Mme Lenepveu. Sinon, il ne s’ouvrirait pas. » Une vigilance que son ancien voisin n’oublie pas malgré le temps qui passe.

C’était une femme digne et discrète. Mais avec son mari, dans les années 1950 et 1960, ce n’était pas un mariage heureux. Mon mari m’a confié que M. Lenepveu avait une maîtresse, qu’elle avait vécu avec eux pendant un certain temps et que Mme Lenepveu n’avait d’autre choix que de s’en accommoder. Elle n’en a jamais parlé, elle n’a jamais parlé de sa vie. Dans les dernières années de sa vie, elle semblait plus épanouie même si elle restait secrète. Elle rendait beaucoup de services à ses voisins, elle s’occupait des enfants.

Un voisin d’Antoinette

Après la publication en juillet et août 2023 de notre enquête exclusive en sept volets sur l’affaire Antoinette Lenepveu, de nombreux témoignages, comme ceux-ci, ont été confiés à La Presse de la Manche quant aux enquêteurs de Caen et de l’OCRVP. Parmi eux se trouve peut-être celui qui mènera à la vérité.

Antoinette Lenepveu fête ses 80 ans, quelques mois avant le drame. ©Archives La Presse de la Manche

Les enquêteurs renouvellent leur appel à témoins. Toute personne ayant des informations est invitée à les contacter par email à [email protected]. Un futur appel à témoins détaillé sur Internet est également étudié par les magistrats.

Découvrez ou redécouvrez notre série consacrée à l’affaire Antoinette Lenepveu :

Le mystère de la femme sans tête (1/7) :
Le 21 juin 1983, un corps gisait à la Divette

Le mystère de la femme sans tête (2/7) :
Quincampoix : histoire d’une vallée désenchantée

Le mystère de la femme sans tête (3/7) :
1902-1930 : parcours d’une femme « malheureuse en mariage »

Le mystère de la femme sans tête (4/7) :
1930-1953 : sur les traces perdues d’Antoinette

Le mystère de la femme sans tête (5/7) :
1953-1983 : un nouveau départ à Cherbourg

Le mystère de la femme sans tête (6/7) :
Ceux que laisse derrière elle Antoinette Lenepveu

Le mystère de la femme sans tête (7/7) :
Depuis 1983, l’affaire qui « obsède » les enquêteurs

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