polémique sur « une catastrophe environnementale »

polémique sur « une catastrophe environnementale »
polémique sur « une catastrophe environnementale »

Nouveau forage pétrolier… en Île-de-France ! C’est en toute discrétion que les pouvoirs publics ont autorisé en début d’année la société Bridge Energies à installer deux nouveaux puits de pétrole sur son site de Nonville, dans la vallée du Lunain, dans la Seine. -et-Marne, comme le révèle l’enquête publiée par Libération le 5 mai. Malgré la loi Hydrocarbures de 2017, qui prévoit de ne plus ouvrir de nouvelles opérations pétrolières, la France continue d’autoriser les forages, tant que les concessions actives sont valables. Or, celle de Bridge Energies court jusqu’en 2034.

Après les huit puits autorisés en Gironde, à la Teste-de-Buch, une nouvelle polémique s’ouvre, alors que déjà certains, comme la Mairie de Paris, s’inquiètent des aménagements environnementaux et sanitaires du projet. Situé à proximité d’un important site de captage d’eau potable pour l’Île-de-France, le projet pourrait en effet avoir des conséquences sur l’approvisionnement en eau de la région, au-delà de l’impact climatique du pétrole extrait. .

Des forages pétroliers qui compromettent l’approvisionnement en eau potable

Dès lundi, la maire de Paris Anne Hidalgo a réaffirmé son opposition aux forages pétroliers dans un communiqué. Elle dénonce un « une catastrophe environnementale potentielle, à l’heure où les ressources en eau sont de plus en plus menacées. » Dan Lert, président d’Eau de Paris et adjoint à la maire de Paris chargé de la transition écologique, a également déposé un jugement en référé auprès du tribunal administratif dans le but de faire annuler les autorisations d’extension du site pétrolier, estimant qu’elles pourraient compromettre “la sécurité de l’approvisionnement en eau potable de la ville de Paris ». Il pointe localement les risques de contamination des eaux et des sols par des hydrocarbures, rappelant que plusieurs incidents techniques ont déjà eu lieu sur le site par le passé. Depuis plusieurs années, les communes proches du site se mobilisent également contre les projets d’agrandissement de Bridge Energies, comme le rappelle Jean-Claude Belliot, maire de Nonville, commune dans laquelle est implanté le site.

Plusieurs associations locales, dont l’association Environnement Bocage Gâtinais, dénoncent également depuis longtemps l’impact sur la biodiversité et les paysages locaux du site pétrolier, situé tout près d’une zone Natura 2000 et à peine à 4 kilomètres de la forêt de Fontainebleau. . Les conséquences climatiques des forages pétroliers sont également pointées du doigt, notamment par Greenpeace France dans un communiqué : «nous ne pouvons pas en même temps affirmer que la France sera la première nation à abandonner les fossiles et à autoriser le développement des activités pétrolières et gazières sur notre territoire. Dans son avis sur le projet livré en 2023, l’Autorité environnementale a également appelé l’entreprise à “reconsidérer ce projet d’extension de l’activité de la plateforme afin de répondre à l’urgence climatique et à la nécessité d’une réduction significative et rapide de la consommation d’énergies fossiles.” Et ce, alors que la réglementation française ne prévoit pas d’interdiction de l’exploitation des énergies fossiles avant 2039.

Crise de confiance avec Bridge Energies

Les opposants au projet pointent également des dysfonctionnements dans la gestion du site par Bridge Energies. Le journal Libération diffuse ainsi les témoignages de salariés d’Eau de Paris, de riverains ou d’élus locaux, qui relatent des incidents sur le chantier, le manque de transparence et de communication de l’entreprise, le manque de surveillance et de contrôle, la négligence des prestataires… Pollution, ruissellement , odeurs, bruits… Localement, les nuisances cristallisent les oppositions, année après année. Bridge Energies, de son côté, n’a pas répondu aux sollicitations de Novethic, et n’a pas souhaité faire de commentaires dans les médias, en attendant la fin de la procédure judiciaire en cours.

La saga autour de l’expansion des forages pétroliers de Nonville dure depuis près de cinq ans. En 2019 déjà, Bridge Energies avait demandé la construction de 10 nouveaux puits. A l’époque, une pétition signée par plus de 70 000 riverains avait même été lancée contre le projet, et la demande de Bridge Energies avait été rejetée par les autorités. Rebelote en 2022, avec un nouveau projet d’extension, pour seulement deux puits, qui cette fois ont été autorisés par le gouvernement du Borne, et la préfecture. Dans les prochains jours, le tribunal administratif devrait étudier les risques sanitaires et environnementaux posés par ces nouveaux forages, avant de rendre son ordonnance.

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV La Belle au bois dormant dort
NEXT Girondins4Ever triste de voir cette équipe là où elle en est en Ligue 2″