un père et ses fils soupçonnés d’avoir incendié leur atelier de masques anti-Covid à Domont

un père et ses fils soupçonnés d’avoir incendié leur atelier de masques anti-Covid à Domont
un père et ses fils soupçonnés d’avoir incendié leur atelier de masques anti-Covid à Domont

L’incendie avait ravagé ses locaux de Domont (Val-d’Oise), réduit en cendres l’activité de son entreprise textile, reconvertie en masques anti-Covid. En juin 2021, il ne restait plus rien du stock ni du matériel de la société de la Ville de Paris dirigée par Isa Y., la gérante de 56 ans. Un sinistre est rapidement apparu douteux par son assureur Axa à qui il avait réclamé environ 660 000 euros en réparation du préjudice subi.

Ce père et deux de ses fils, soupçonnés d’avoir volontairement incendié pour toucher une assurance, ont été jugés ce mardi après-midi pour tentative d’escroquerie et dégradations volontaires de l’immeuble, devant le tribunal correctionnel de Pontoise. Tous contestent les accusations et soutiennent le caractère accidentel de l’incendie. Le tribunal rendra sa décision le 12 décembre. Le parquet a requis trois ans de prison dont deux avec sursis contre le père, ainsi qu’une interdiction de gérer une société pendant dix ans, et 2 ans dont la moitié avec sursis contre le père. ses deux fils.

Une perte colossale

Il n’a fallu que quelques minutes pour que les locaux de la rue Descartes, à Domont, soient dévastés le 5 juin 2021. L’incendie s’est déclaré vers 23 heures et s’est révélé suffisamment violent pour détruire les murs en béton. déformé par la chaleur. Quarante et un pompiers ont combattu l’incendie pendant cinq heures. Les dégâts sont importants. Outre les locaux à rénover, qui appartiennent à une SCI, l’entrepreneur a perdu un lot de 400 000 euros de masques anti-Covid destinés au Moyen-Orient. On évoque également une perte d’exploitation liée à une commande d’un million de masques pour Israël. À cela, il faut ajouter les équipements propres à l’entreprise.

Les gendarmes chargés de l’enquête ont émis leurs premiers doutes en examinant les images de vidéosurveillance. Ils constatent le départ du père et de ses deux fils de l’entrepôt à 23h19 précises et l’apparition des premiers panaches de fumée 40 secondes plus tard. Quelques minutes plus tard, la fumée était si forte que des témoins ont appelé les pompiers. Le père et ses fils indiqueront également avoir travaillé en continu toute la journée jusque tard dans la soirée pour préparer la commande urgente de masques. Or, l’examen de leurs téléphones montre qu’ils n’y séjournent qu’en début de soirée après une visite le matin.

Plusieurs éléments accablants contre le dirigeant

L’expert d’Axa, quelques jours après l’incendie, est catégorique : il constate l’existence de deux foyers d’incendie distincts, l’un au fond de la pièce, l’autre au milieu. Il a écarté tout caractère électrique et accidentel des départs d’incendie et s’est prononcé en faveur d’un incendie criminel. Axa considérera également que le préjudice était pour le moins exagéré et falsifié. Selon son étude, il manque par exemple une centaine de cartons pour acheminer le nombre de masques réclamé par les assurés.

Parmi les éléments intriguants, Axa rapporte également que l’entrepreneur a augmenté la garantie d’assurance de 120 000 euros à 500 000 euros trois mois plus tôt. L’enquête décrit également une entreprise en déficit depuis plusieurs années. La police a également noté que l’un des fils était revenu sur les lieux de l’incident dans la soirée après être rentré chez lui. « Pour vérifier si le feu avait réellement pris ? » se demandent-ils.

La défense dénonce les méthodes de l’assureur

Des accusations en tout cas contestées étape par étape par les prévenus et leurs avocats. Isa Y. souligne que son entreprise est au contraire en bonne santé. Une guerre des chiffres commence devant les tribunaux : « Nous avons fait 1 million d’euros de chiffre d’affaires en 2020, et 200 000 euros de bénéfice ! Ce n’est pas moi qui parle, ce sont les bilans », répond Isa Y. Interrogé sur l’origine de la catastrophe, il répond : « Pour moi, c’est électrique, accidentel. » Argument balayé par le procureur, estimant au contraire qu’il existe « un ensemble d’indices qui attestent du caractère intentionnel de l’incendie », et parle de « falsification et exagération des dégâts ».

« L’entreprise a réalisé des bénéfices records en 2020 et 2021 s’annonçait extrêmement bonne. Pourquoi prendre un risque aussi fou ? Il n’y a aucun mobile », argumente l’avocat de la défense, qui demande la libération du père et de ses deux fils. L’expertise d’Axa a également été remise en cause par la production de photos montrant la présence de prises électriques là où l’incendie s’était déclaré.

« Les méthodes d’enquête d’Axa, qu’elles soient tendancieuses, c’est normal, c’est la règle du jeu. Mais qu’ils soient pris comme évangile par les enquêteurs qui n’ont procédé à aucune vérification, ce n’est pas possible. Les lacunes de ce dossier sont flagrantes. » Les juges rendront donc leur décision le 12 décembre.

 
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