un couple apprend, stupéfait, qu’il coûte 1 500 euros pour se garer sur les plages de l’Aude

un couple apprend, stupéfait, qu’il coûte 1 500 euros pour se garer sur les plages de l’Aude
un couple apprend, stupéfait, qu’il coûte 1 500 euros pour se garer sur les plages de l’Aude

l’essentiel
Après plusieurs mois de polémique sur l’accès des voitures aux plages naturelles, la préfecture de l’Aude autorise exceptionnellement, du 15 juin au 15 septembre 2024, l’accès des véhicules à une zone réglementée. En attendant l’aménagement de ces zones de stationnement autorisées, il est toujours interdit de stationner sur les plages.

Si vous croisez un petit oiseau fuyant devant vous sur une dune, c’est un pluvier, un drôle d’oiseau qui marche à toute vitesse sur ses courtes pattes. Et il n’est pas le seul à vivre sur les plages naturelles de l’Aude. On ne le voit pas, mais la biodiversité y est qualifiée d’exceptionnelle par l’Office français de la biodiversité : « Ces milieux naturels dynamiques et fragiles sont essentiels. Ils servent de protection contre les aléas climatiques et la montée du niveau de la mer. Il est donc essentiel de les maintenir en bon état pour bénéficier de tous les services qu’ils nous rendent, qu’ils soient récréatifs, écologiques ou de pêche… »

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Dans la Vieille Nouvelle, de vastes étendues de sable et des sentiers côtiers sont des lieux de nidification. « Ces espèces sont sensibles aux perturbations lors de la nidification. Le passage répété des véhicules motorisés dans les zones de nidification, particulièrement d’avril à juin, nuit à la bonne reproduction d’espèces d’oiseaux protégées, comme le Gravelot. collier interrompu et la sterne naine. De même, les chiens errants dérangent les oiseaux durant cette période de nidification. Parmi les plantes, Gruissan recèle un trésor méconnu : le limonium sauvage. « Les seuls endroits en France où il pousse sont Gruissan et Sainte-Lucie, et en Europe, on ne le trouve qu’au Portugal. »

« L’année dernière, il y en avait 300 !

Cap sur l’Ancienne Nouvelle. Les travaux du futur parking de 320 places n’ont pas encore démarré, mais un panneau indique qu’au-delà, il est interdit de s’aventurer à bord d’un véhicule automobile. Là, seuls deux véhicules stationnent sur la plage. Le procureur Éric Camous ne cache pas sa satisfaction : « L’année dernière, ils étaient 300 ! Cette année, l’éducation porte ses fruits.

Une première voiture est garée au bord de l’eau, surmontée d’une tente. Un couple, visiblement heureux, profite de son premier bivouac. A la vue des gendarmes et de la police environnementale, les visages se figent. C’est l’étonnement. « Nous sommes arrivés de nuit, nous n’avons vu aucun panneau d’interdiction », raconte l’homme. Sa compagne, de garde, tente de se justifier : « Nous venons de Montpellier, il n’y a pas de plage naturelle là-bas. Ici, c’est fabuleux… » Après le cours, les officiers de police judiciaire viennent répression et amendes : une amende de type 5, soit 1 500 euros.

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Puis arrivent deux cyclistes, très respectueux de l’interdiction… Hé, mais c’est le maire lui-même ! « Nous sommes en train de créer des parkings, aussi bien sur la Vieille Nouvelle qu’à Mateille », assure Didier Codorniou. Les emplacements seront délimités par une signalétique adaptée et des parcelles plantées dans le sable. plus besoin de rouler sur la plage.

« Ici, en août, il y a 5 000 voitures »

On se dirige ensuite vers un deuxième véhicule, un van : personne à l’intérieur, l’occupant est clairement en train de faire du kitesurf. La police reviendra pour une visite dans l’après-midi. Sur le chemin du retour, ils croisent deux camionnettes dont les occupants s’apprêtaient visiblement à passer la journée à la plage. Les agents se livrent à une nouvelle leçon explicative avant de les laisser repartir, avec la promesse de se garer à l’entrée de la plage sauvage, sans violer la zone délimitée par le panneau.

À Mateille, les services techniques de la Ville s’activent. Dans quelques jours, le parking de 450 places autour du restaurant de plage Mosquito sera achevé. A l’intérieur de l’établissement, on est pessimiste : « L’été, on a 80 à 100 places par service, et ici en août, il y a 5 000 voitures. Si les personnes qui réservent chez nous n’ont pas de place, elles ne resteront pas. Nous risquons de perdre des gens.

Mais le procureur est tout sourire. Pour lui, le bilan est positif. : “C’est ça! Les gens commencent à comprendre. Avec l’éducation, ça va mieux, on leur explique que l’application de la loi Littoral n’est pas une sanction ! Nous voulons laisser un monde meilleur à nos enfants.


“Ce sont nos vacances!”

Isabelle, de Gruissan, ne comprend toujours pas pourquoi « sa plage », la Vieille Nouvelle, est fermée aux voitures. « Depuis l’interdiction l’été dernier, on se gare à l’endroit indiqué, pour éviter une amende. Nous avons acheté des chariots sur roues. Nous y mettons les petits-enfants, les serviettes et les glacières et nous repartons à pied. Mais cet été, on ne pourra peut-être plus y aller, car un parking de 350 places est insuffisant.» Pour elle, l’été est désormais signe d’interdiction. « Ce sont nos vacances. Mes enfants ont appris à marcher là-bas. Nous passons tous les dimanches de l’été avec plusieurs familles, du matin au soir, avec le pique-nique. C’est notre plaisir. On pêche au masque et au tuba, au grau, on ramasse une poignée de palourdes Des plaisirs simples et gratuits, comme les anciens avant nous. Elle veille à respecter la nature. « La plage est propre, nous ne polluons pas, la seule plante est la salicorne, elle ne pousse pas sur notre passage. Il y a de plus en plus de touristes et nous, les locaux, vivons cela comme une punition.»

 
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