L’Église protestante revisite La Pêche miraculeuse de Konrad Witz

L’Église protestante revisite La Pêche miraculeuse de Konrad Witz
L’Église protestante revisite La Pêche miraculeuse de Konrad Witz

Un photomontage grand format basé sur La Pêche miraculeuse du peintre Konrad Witz a été accroché sur la façade du temple de la Fusterie à Genève. La toile de cinq mètres de haut et de 12 mètres de large restera visible lors des travaux de restauration de l’édifice religieux, jusqu’en 2027.

L’initiative revient à l’Église protestante de Genève (EPG), propriétaire du temple. L’objectif du projet est de proposer à la population “une réflexion sur l’image dans la ville”, indique l’EPG dans un communiqué. Outre le photomontage, quinze panneaux retraçant l’histoire de la place de la Fusterie sont érigés autour du site.

Le photomontage intitulé “Déplié”, conçu par l’artiste Jean Stern, propose “une relecture” du célèbre tableau que Konrad Witz a achevé en 1444. L’œuvre du peintre allemand a la particularité d’être la première représentation dans l’histoire de l’art “de un lieu topographiquement précis et reconnaissable ».

On voit au premier plan le Christ marchant sur l’eau et des pêcheurs sur un bateau, occupés à remonter leurs filets. Au loin, le spectateur familier du paysage genevois distinguera immédiatement les montagnes qui servent de décor au décor : les Voirons, le Môle et une extrémité du Salève.

L’observateur en déduit que le plan d’eau où se déroule l’épisode évangélique ne représente pas une rive du lac de Tibériade imaginée par le peintre allemand, mais qu’il s’agit bien de la rade de Genève telle que les yeux de Konrad Witz la percevaient il y a près de six siècles.

Des chiffres décalés

Le photomontage accolé au temple de la Fusterie associe La Pêche Miraculeuse à des images contemporaines. « Entre quatre découpes du tableau, trois scènes d’aujourd’hui se déroulent sur la même rive, face aux montagnes ». Le photomontage contient également un fragment du lac Léman peint par Ferdinand Hodler, au même endroit.

A travers ce projet, l’EPG souhaite sortir le tableau de Konrad Witz de sa vitrine, au Musée d’art et d’histoire de Genève (MAH). La réplique revisitée doit interroger le public sur le sens de l’œuvre en tant qu’image religieuse et sa signification dans la ville. Le tableau a été admiré, rejeté, déplacé, restauré au fil du temps.

Le temple de la Fusterie fut inauguré en 1715. Il fut le premier sanctuaire urbain construit à Genève après la Réforme. Son architecture, calquée sur le temple de Charenton, lieu de culte des réformés parisiens détruit en 1686, contraste avec l’architecture des églises construites au Moyen Âge dans le périmètre de la Vieille Ville.

/ATS

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV Les parents d’élèves en retard à l’école devront payer une amende de 30 euros à Toulouse – .
NEXT un village entier dénonce sa conduite jugée dangereuse, le conducteur condamné