«Nous nous sentons soulagés», disent les victimes du Mont D’Youville

«Nous nous sentons soulagés», disent les victimes du Mont D’Youville
«Nous nous sentons soulagés», disent les victimes du Mont D’Youville

Les victimes de l’orphelinat du Mont D’Youville sont majoritairement satisfaites de l’annonce du règlement de 65 millions de dollars qui leur permettra de tourner la page des abus qu’elles ont subis.

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Jean Simard, qui a longtemps agi à titre de porte-parole, s’est entretenu jeudi avec plusieurs anciens résidents.

«On se sent soulagé, ça met du baume sur les plaies», explique-t-il. Plusieurs m’ont dit qu’ils étaient heureux que la page se tourne, qu’on passe à autre chose. Nous nous sentions de nouveau agressés à chaque procédure judiciaire. Cela a été difficile pour tout le monde pendant six ans.

« C’est aussi un soulagement car les victimes n’auront pas à témoigner. Il était prévu qu’une quarantaine de personnes témoignent”, a ajouté M.e Simon St-Gelais, porte-parole des avocats.

Même si la congrégation religieuse continue de nier toute responsabilité, M. Simard demeure calme.

Jean Simard devant l’édifice du Mont D’Youville. en septembre 2022.

Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUÉBEC

« Il n’y a jamais eu de vendetta et on ne peut pas non plus généraliser sur les Sœurs de la Charité pour les dérapages. Ils ont fait du bien dans le passé. Mais nous avons subi des dommages irréparables et il fallait une compensation”, a-t-il déclaré.

Un bourreau

Les mauvais traitements subis par M. Simard se sont déroulés sur une période de six mois alors qu’il avait 12 ans. En 2010, lui et quatre autres anciens résidents ont témoigné pour faire condamner John-Anthony O’Reilly à deux ans de prison. Ce dernier sera à nouveau accusé cet automne pour abus sur autrui.

« Il m’a demandé de l’embrasser après m’avoir sauvagement battu. Peu importe combien de fois il m’a battu. C’était un sadique, j’ai vu sa folie dans ses yeux.

M. Simard a également souligné la contribution de Christian Burgos, également victime du bourreau, avec qui il a lancé cette cause.

A moitié satisfait

Une victime, qui a demandé à rester anonyme, a toutefois déclaré qu’elle éprouvait des sentiments mitigés.

« Dans un sens, je suis heureux, mais dans l’autre, non. Je pense que c’est trop facile pour eux, ils réussissent quand même bien », a déclaré la dame.

« Dans un mois, on n’en parlera plus. Il sera encore oublié. C’est la partie que je trouve difficile. Au fond, les avocats ont fait un excellent travail, mais je ne saute pas de joie», ajoute-t-elle.

Victime d’un père qui l’a violée à plusieurs reprises, la dame est arrivée à l’orphelinat du Mont d’Youville à la fin des années 1970 à l’âge de 9 ans et demi.

Mais ce n’est pas le répit auquel elle avait droit qu’elle y trouva. Au lieu de cela, son cauchemar a duré encore cinq ans.

« J’ai été violée des centaines de fois par deux éducateurs. L’un d’eux s’est même lié d’amitié avec mon père que j’étais obligé de rencontrer tous les week-ends. Je ne faisais plus confiance aux adultes », décrit-elle.

«Cet appel laisse espérer que les administrations se rendront compte que les dérapages de leurs membres les rattraperont. Et les agresseurs sauront que les enfants deviennent adultes et parlent à un moment donné. C’est l’espoir que j’ai», conclut Jean Simard.

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