“Je m’en fous!” », déclare la ministre France-Élaine Duranceau

Aujourd’hui à mi-mandat, la ministre responsable de l’Habitation au Québec n’a pas seulement une crise du logement à gérer : elle doit aussi composer avec une crise de perception qui la touche directement. «Je peux peut-être… Non, pas peut-être : je n’ai pas été assez empathique», avoue-t-elle en entrevue à Radio-Canada.

Le jour où nous visitons son bureau, la ministre doit encore défendre son intégrité. Cette fois, c’est son attachée de presse qui l’a embarrassée avec ce que son bureau appelle le porte fantôme“, “texte”: “porte fantôme”}}”>porte fantôme. Dans un courriel envoyé par erreur à un journaliste, l’attaché de presse a évalué diverses options pour ne pas répondre à une demande d’information d’un journaliste de - Canadienne.

On assiste à des discussions au cours desquelles l’équipe des communications fait ses recommandations à la ministre Duranceau sur ce qu’elle devrait dire aux médias et aux adversaires politiques pour se sortir de cette affaire.

Le turnover au sein du cabinet de la ministre n’est pas passé inaperçu depuis le début de son mandat, il y a deux ans et demi. Elle est décrite comme une femme têtue et déterminée, caractéristiques qui peuvent l’avantager dans la réalisation de ses dossiers mais qui découragent ceux qui tentent de la conseiller sur sa manière de communiquer.

La ministre France-Élaine Duranceau est décrite comme une femme volontaire et déterminée.

Photo : Radio-Canada / Simon Brown-Racine

Je pense que sur toute la question de l’image, oui, j’ai ma part de responsabilité à prendre. Je comprends que je dois travailler davantage sur le côté rassurant et pas seulement sur le côté rationnel. […]. Mon message n’est pas excessif, je vais à l’essentiel et je comprends que cela puisse être blessant.dit France-Élaine Duranceau à propos de la crise du logement.

Elle fait référence aux foyers pour femmes maltraitées, qu’elle juge trop chers, à « 900 000 $ la porte ». Après vérifications, les organismes impliqués dans le dossier et la Société d’habitation du Québec (SHQ) ont trouvé des solutions pour réaliser le projet en respectant les coûts prévus, mais cette histoire a laissé des traces. Depuis, Mme Duranceau niait manquer de sensibilité.

Je m’en fous du monde ! Quand je me couche le soir, je suis capable de dormir. Mon implication est sincère. Je sais que je fais ça pour les bonnes raisons. Mon objectif était de m’assurer que nous faisions plus avec le budget dont nous disposions.

Une citation de France-Élaine Duranceau, ministre déléguée au Logement

Elle concède du même souffle qu’elle n’est pas connue pour sa compassion, mais elle affirme qu’elle est plutôt connue pour son efficacité.

: « Tu es trop raide ! Soyez plus doux ! Mes amis, s’ils ont un problème et qu’ils ont besoin d’une fille pour pleurer avec eux au téléphone, ils ne m’appellent pas. Mais s’ils veulent une solution, ils m’appellent, parce que je l’aurai vite ! », « texte » : « Depuis que je suis petit, mes parents me disent : « Tu es trop raide ! Soyez plus doux ! « Mes amis, s’ils ont un problème et qu’ils ont besoin d’une fille pour pleurer avec eux au téléphone, ils ne m’appellent pas. Mais s’ils veulent une solution, ils m’appellent, car j’en aurai une rapidement !”}}”>Depuis que je suis petite, mes parents me disent : « Tu es trop raide ! Soyez plus doux ! Mes amis, s’ils ont un problème et qu’ils ont besoin d’une fille pour pleurer avec eux au téléphone, ils ne m’appellent pas. Mais s’ils veulent une solution, ils m’appellent, car j’en aurai une rapidement ! dit le ministre.

Les chaussures Louboutin qui collent à ses pieds

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Une des chaussures Louboutin de la ministre France-Élaine Duranceau qui a suscité une certaine polémique.

Photo : Radio-Canada / Simon Brown-Racine

Quant aux fameuses chaussures Louboutin à 1 200 $ qu’elle portait le jour de l’annonce d’un logement social, Mme Duranceau affirme qu’elle continuera à les porter, même si elles véhiculent l’image d’une femme aisée qui n’a aucune difficulté à se loger. .

Je pense que je ne suis pas représenté comme je le suis. C’est un acharnement qui ne sert à rien. Nous étions dans un immeuble en construction. Il n’y avait ni utilisateurs, ni locataires ! insiste-t-elle.

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Pour elle, ce débat est archaïque. : “Je ne vais pas faire de politique, je n’ai pas besoin de ça dans ma vie.” Nous aurons les politiciens que nous méritons si nous les décourageons tous ! Nous devrions nous concentrer sur les vraies affaires. Ce jour-là, j’ai annoncé un investissement de 150des millions de dollars. Il me semble que c’est de cela qu’il faudrait parler ! », « texte » : « De telles absurdités font dire aux gens : « Je ne vais pas faire de politique, je n’en ai pas, je n’en ai pas besoin ». ça dans ma vie. » Nous aurons les politiciens que nous méritons si nous les décourageons tous ! Nous devrions nous concentrer sur les vraies affaires. Ce jour-là, j’ai annoncé un investissement de 150 millions de dollars. Il me semble que c’est de cela dont nous devrions parler !”}}”>De telles absurdités font dire aux gens : « Je ne vais pas faire de politique, je n’ai pas besoin de ça dans ma vie. » Nous aurons les politiciens que nous méritons si nous les décourageons tous ! Nous devrions nous concentrer sur les vraies affaires. Ce jour-là, j’ai annoncé un investissement de 150 millions de dollars. Il me semble que c’est de cela dont nous devrions parler !

Un début de mandat marqué par des polémiques

Nous lui avons également rappelé une interview à Noovo au cours de laquelle elle suggérait que les locataires mécontentsinvestir dans l’immobilier. Lors de notre entrevue avec la ministre, nous revenons également sur son manquement au code d’éthique pour avoir favorisé les intérêts personnels d’un ami lobbyiste.

Quant au « flip immobilier » que ses adversaires lui reprochent d’avoir fait, Mme Duranceau explique qu’il s’agit plutôt de la transformation d’un duplex vide en immeuble de copropriété. Elle nie s’être livrée à des spéculations immobilières.

Pourtant, toutes ces polémiques ont permis à ces mêmes adversaires de le représenter comme un maillon faible au Conseil des ministres. Je tiens sincèrement à rassurer tout le monde. Je suis ici pour les bonnes raisons, pour faire la différencea déclaré Mme Duranceau.

France-Élaine Duranceau dit comprendre que le logement est un problème émotionnel ce qui provoque beaucoup de stress chez les personnes qui ne parviennent pas à trouver un logement. Que des personnes vulnérables soient expulsées simplement parce que quelqu’un veut réaliser un profit rapide n’a aucun sens ! Même si je viens du domaine de l’immobilier…

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France-Élaine Duranceau se dit ministre « pour les bonnes raisons, pour changer les choses ».

Photo : Radio-Canada / Simon Brown-Racine

Elle a une formation d’expert-comptable, est titulaire d’une maîtrise en fiscalité et dit avoir travaillé dans l’immobilier commercial, ce qui n’en fait pas une simple intermédiaire, comme la décrivent les partis d’opposition. Elle ne se sent pas non plus en situation de conflit d’intérêts.

Les réponses à la crise sont actuellement financières et cartésiennes. Cela se reflète dans ma façon de m’exprimer, mais cela a le mérite d’être clair. Nous ne voulons pas de politiciens qui se sentent désolés pour tout le monde. Nous voulons que les choses changentElle ajoute.

Je ne vais pas me déformer, c’est sûr ! “Ce que vous voyez est ce que vous obtenez!” Nous entendons toujours dire que les politiciens sont muets. J’aime quand les gens disent les vraies choses, je ne veux pas me laisser berner, je veux que les faits soient exacts. J’en assume l’entière responsabilité ! Tu me prends comme je suis !

Une citation de France-Élaine Duranceau, ministre déléguée au Logement

Elle ajoute ensuite : Mais je comprends qu’il faut avoir une approche plus rassurante pour les gens.

Nous ne résoudrons pas la crise du logement pendant ce mandat

Lorsqu’on lui demande comment elle envisage de renverser la perception négative associée à son image publique, elle répond : J’ose espérer que c’est avec des résultats que j’inverserai la tendance.

Mais les résultats ne sont pas encore là, ce qui met son gouvernement sur la défensive. Le projet de loi 31, adopté récemment, a suscité de nombreuses protestations, notamment parce qu’il prévoit qu’un propriétaire pourra refuser une cession de bail pour des motifs autres que graves. Les administrations municipales pourront également faire fi de leurs règles de zonage et d’urbanisme pour accélérer la construction de logements.

Mme Duranceau a également dû apporter des correctifs à son nouveau Programme québécois de logement abordable (PHAQ), qui a connu des échecs.

Nous ne résoudrons pas la crise du logement pendant ce mandat […]. Cela ne se fait pas du jour au lendemain. Ce que je souhaite, c’est laisser la maison en ordre, avec des outils plus modernes pour financer le logement et l’agilité des différents partenaires pour avancer plus vite et faire les choses différemment. J’ai remué beaucoup de choses dans un écosystème qui n’avait pas été touché depuis 35 ans.

Une citation de France-Élaine Duranceau, ministre déléguée au Logement
>>France-Élaine Duranceau est assise à une table de restaurant et est interviewée.>>

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La ministre France-Élaine Duranceau estime que le mécontentement venait de groupes « moins modernes dans leur approche ».

Photo : Radio-Canada / Simon Brown-Racine

Les projets immobiliers prennent trop de temps à réaliser. C’est pourquoi elle dit bousculer le statu quo et souhaite revoir les modèles de financement pour mettre fin à une approche basée uniquement sur les subventions traditionnelles.

Dans une stratégie qu’elle compte dévoiler prochainement, la ministre Duranceau souhaite faire appel à des partenaires privés et philanthropiques pour construire des logements sociaux. Elle demande aux organismes communautaires impliqués dans les projets pour mettre à jour leur approche.

Je pense que nous avons entendu le mécontentement de groupes qui étaient moins modernes dans leur approche. Nous n’aurons pas assez d’argent pour tout faire si nous restons coincés dans un modèle de subvention, sans imposer de délais ni de limites sur les coûts.elle explique.

France-Élaine Duranceau maintient donc son point de vue comptable sur la crise du logement, tout en s’engageant toutefois à faire preuve de plus de sensibilité à l’avenir.

 
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