Château-Richer interdit une route aux vélos

Château-Richer interdit une route aux vélos
Château-Richer interdit une route aux vélos

«Parfois, il faut prendre des décisions qui vont nuire à des gens, mais peut-être finalement sauver une vie», argumente le maire de Château-Richer, Gino Pouliot, en entrevue.

À la fin de l’été dernier, le conseil municipal a voté à l’unanimité une résolution visant à encadrer la circulation des vélos sur les routes des secteurs Saint-Achillée et Saint-Ignace. A l’issue d’une consultation publique tenue début 2023 sur le thème de la sécurité routière, elle a dit prendre acte d’un “danger” pour les cyclistes, constaté par les citoyens lors des discussions.

« Il y a un problème de cohabitation, c’est assez évident », observe le maire. La route qui mène à Saint-Achillée est sinueuse, montagneuse par endroits et très dégradée. Les gens disaient qu’il y avait un danger pour les vélos. Dans les virages, ils ont peur d’attraper les gens sur leurs vélos.

La configuration du secteur, ont jugé les élus à l’unanimité, n’est « pas propice » au partage de la route entre automobilistes et cyclistes.

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Après validation auprès du Ministère des Transports, la Commune a décidé d’interdire la montée et la descente des vélos sur cette route appréciée des plus expérimentés. (Frédéric Matte/Le Soleil)

«C’est l’extrémité où il y a le plus de réparations et d’entretien à faire sur la chaussée, les camions descendent vite et utilisent pratiquement les deux voies», observe le maire.

Après validation auprès du Ministère des Transports, la Commune a décidé d’interdire la montée et la descente des vélos sur cette route appréciée des plus expérimentés, puisqu’elle monte sur plusieurs kilomètres avant de aboutir sur le terrain du Séminaire.

Sur un peu plus de quatre kilomètres, entre le centre KCR Karting et le carrefour du Rang Saint-Ignace, le pédalage n’est plus autorisé.

Dans le périmètre que le maire Pouliot dit avoir tenté de réduire le plus possible « pour éviter de pénaliser trop de gens qui habitent dans le secteur », seuls les résidents seront tolérés s’ils circulent localement à vélo.

« Les gens nous disaient : qu’allez-vous faire si quelque chose arrive, vous devez d’abord intervenir. Nous avons agi pour assurer la sécurité.

— Gino Pouliot

Cet été, des affiches seront installées indiquant la nouvelle réglementation sur le chemin municipal.

« Le premier objectif est de sensibiliser les gens à ne pas voyager. Cela deviendra illégal une fois le règlement adopté», explique M. Pouliot, misant sur l’automne pour une entrée en vigueur officielle. La Sûreté du Québec pourra alors agir contre les contrevenants, ajoute-t-il, mais pas avant.

Malgré des explications en faveur de la sécurité routière, le maire constate que certains résidents du secteur ont du mal à expliquer la priorité réservée aux camions lourds plutôt qu’aux cyclistes par l’administration municipale.

« Des gens m’ont dit que le règlement n’avait aucun sens et qu’on empêchait les enfants de se promener comme ils le faisaient avant. On ne peut pas être insensible à ces réactions», reconnaît-il.

24 millions de « réparations »

Sans disposer de données sur l’utilisation de l’artère par les cyclistes, Château-Richer calcule cependant que de nombreux poids lourds s’aventurent quotidiennement dans les pentes étroites. Avec les carrières, sablières et autres commerces qui le bordent, il aurait été impossible de les interdire, selon le maire.

« Il y aura toujours des camions en circulation : il y a tous les chantiers, les forêts, tout le secteur forestier qui dépend de cette route. Nous ne pouvons pas non plus empêcher les entrepreneurs de diriger leur entreprise. Les citoyens aimeraient que cela se produise, mais dans la vraie vie, cela ne fonctionne pas comme ça.»

L’interdiction demeurera tant que la Municipalité n’aura pas reconfiguré le secteur. Et pour ce faire, vous aurez besoin de l’argent nécessaire.

“Quand on aura le budget, on veut redonner l’accès aux personnes disposant d’une piste cyclable”

— Gino Pouliot

« Un jour, si on a de l’argent, on élargira la route, on créera une zone de dégagement avec une piste cyclable et des bornes sur au moins un côté pour que les gens puissent faire du vélo. Mais en attendant, nous n’avons pas l’argent pour pouvoir faire les réparations », calcule Gino Pouliot.

Citant une étude, le maire de Château-Richer évalue la somme à investir pour réparer le tronçon à « minimum 24 millions ». « Si l’on dit qu’environ 67 % de cette somme est subventionnée, cela représente beaucoup d’argent pour la Ville », dit-il.

Avec des fouilles à réaliser, et un élargissement qui nécessiterait potentiellement des expropriations, il présume cependant que la facture pourrait être encore plus élevée. «Je m’attends à plus du double lorsque nous allons le faire, pour que ce soit bien fait. “C’est un secteur de la ville qui est appelé à se réaménager et il doit y avoir des investissements importants.”

Pour le moment, cette municipalité de la Côte-de-Beaupré a d’autres « priorités », comme son réseau d’aqueduc et la construction d’une nouvelle usine d’eau potable.

« Nous avons des impondérables dans les infrastructures de base. L’énergie que nous déployons en ce moment est là-dessus.

 
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