Rébellion contre le pragmatisme de Nadeau-Dubois

Rébellion contre le pragmatisme de Nadeau-Dubois
Rébellion contre le pragmatisme de Nadeau-Dubois

(Québec) Manon Massé affirme que la crise qui secoue son parti depuis la démission choc d’Émilise Lessard-Therrien connaîtra une issue certaine au Conseil national du 24 au 26 mai au Cégep de Jonquière où les membres décideront s’ils adoptent, en complète ou modifiée, la « Déclaration du Saguenay », une première étape qui s’inscrit dans la vision « pragmatique » du leader parlementaire Gabriel Nadeau-Dubois.

Plus tôt cette semaine, l’ancienne co-porte-parole de Québec solidaire (QS) et députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques écrivait sur sa page Facebook que l’expérience lui suggérait « qu’il n’est jamais bon pour la gauche de chercher à résoudre ses problèmes ». désaccords sur la place publique. Pourtant, ce jeudi, une quarantaine d’anciens candidats, anciens salariés, militants et ex-députée Catherine Dorion ont signé La presse une lettre ouverte dans laquelle ils craignaient que M. Nadeau-Dubois dénature le parti pour se présenter comme un gouvernement en attente.

Mmoi Massé reconnaît que les signataires de la lettre, parmi lesquels figurent notamment l’ancien président et ex-co-porte-parole André Frappier, l’ancienne candidate dans Rimouski Carol-Ann Kack et la professeure de comptabilité Christine Gilbert, que le parti souhaitait avoir comme candidate lors de la dernière élection partielle dans Jean-Talon, ont le droit de prendre la parole dans le débat.

« Nos membres à Québec solidaire sont importants. Ce sont eux qui alignent notre travail et j’ai vu les personnes qui ont signé cette lettre, plusieurs sont des personnes que je sais que je verrai et qui auront le droit de voter dans deux semaines [à Saguenay]. Mais ils ne seront pas les seuls. Il y aura d’autres mondes qui voudront s’exprimer », a-t-elle prévenu.

D’après M.moi Massé, qui fait un retour progressif au Parlement après avoir subi une troisième opération du cœur en quelques mois, “Gabriel a lancé un débat la semaine dernière, et quand on lance un débat, ça explose de partout et c’est sain.”

« Québec solidaire, tout le monde ne pense pas la même chose. […] Les gens se sont exprimés en public, mais au Conseil national, dans deux semaines, nous nous réunirons et la démocratie prendra des décisions », a-t-elle ajouté.

Une lettre ouverte incomprise

Pour Manon Massé, les critiques formulées par certains membres s’apparentent aux frustrations qui ont été exprimées lorsque les militants de QS ont choisi de renforcer leur position en faveur de l’indépendance du Québec. À l’époque, certains n’étaient pas d’accord, se souvient-elle.

« Il y avait deux choix [pour eux]. Soit ils sont restés avec nous en disant OK, au fond c’est un élément parmi tant d’autres, on y va, soit ils ont dit qu’on partait», a-t-elle déclaré.

De son côté, le leader parlementaire de Québec solidaire, Alexandre Leduc, affirme ne pas avoir compris ce que voulaient dénoncer les signataires de la lettre ouverte jeudi.

« Au fond, je n’ai pas compris quelle était leur position exacte envers Catherine et les cosignataires de la Déclaration du Saguenay. C’est cela qui constitue un débat : si nous devons ou non adopter cette déclaration et revoir notre programme », a-t-il reformulé.

Dans une réponse qu’il a donnée en anglais, M. Leduc a ajouté qu’il avait noté que l’ancienne députée Catherion Dorion, signataire de la lettre et auteur de l’essai Les têtes brûléesdans lequel elle critique M. Nadeau-Dubois, est contre le leader parlementaire de QS.

« Elle avait des choses à dire sur Gabriel Nadeau-Dubois, et on l’a tous compris. Ce n’est pas une grande nouvelle avec son livre qu’on a tous lu […]. Mais la question qui sera débattue au Conseil National dans deux semaines est : allons-nous rouvrir et revoir notre programme sur la base de la tournée régionale que nous avons faite depuis quelques mois ? [ou non] », a déclaré M. Leduc.

Avec la Déclaration du Saguenay, dont La presse En révélant le contenu samedi dernier, Québec solidaire présente une « base » à partir de laquelle il rafraîchira ses idées et mettra de côté les engagements accumulés au fil des années. Le parti doit également revoir son programme politique dans les prochains mois.

 
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