Des centaines d’armes anciennes expertisées à Agen, dans les discrètes réserves du musée municipal

l’essentiel
Entreposées à l’abri des regards indiscrets, ces armes témoignent des guerres et des bouleversements politiques qui ont secoué la , notamment aux XVIIIe et XIXe siècles.

Sabres, épées, baïonnettes, fusils, pistolets par centaines : telle est l’étonnante collection d’armes anciennes conservée dans les réserves du musée d’Agen. Une salle très discrète, pour ne pas dire gardée secrète, dans laquelle se trouvent des statues, des tableaux, des objets de décoration, bref autant d’objets anciens qui ne demandent qu’à être exposés aux yeux des visiteurs.

Quelque 500 armes étudiées sous toutes les coutures.
photo SBo

Mais pour passer du silence des réserves au bruissement des visiteurs, déambulant dans les salles et couloirs du musée municipal, avant de briller sous une vitrine, il faut encore raconter une histoire, et certains objets restent stockés dans les réserves en raison d’un manque d’ précises. À propos d’eux.

Ces derniers jours, la torpeur dans laquelle évolue cette réserve méconnue a été perturbée par une équipe de trois spécialistes venus inspecter et inventorier des centaines d’armes datant des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, dont une grande partie appartenait à un Collectionneur agenais, récupéré par le musée municipal en 1928.

Les sabres sont classés par types et périodes historiques.
photo SBo

« Nous avons à Agen, explique Marianne Blondeleau (agente de conservation du patrimoine), environ 500 armes anciennes, principalement utilisées à différentes époques dans les armées françaises. Nous détenons également une centaine d’armes blanches actuellement confiées au musée des hussards de Tarbes. A Agen on possède beaucoup de fusils, français, mais aussi anglais, allemands, américains, des armes de poing, des épées, des sabres, des pointes de pique, etc. Cela donne généralement un paysage guerrier du XVIIIe siècle, et certaines pièces l’étaient. exposé au musée dans les années 1960. »

Ces armes anciennes (antérieures à la Première Guerre mondiale) sont donc stockées, et une équipe spécialisée dans l’univers Militaria est venue étudier et répertorier les objets pour alimenter une base de données nationale. « Nous avons des objets classiques, mais aussi des pièces d’exception, expliquent MM. Bordet, Matthys et Oudoire. Voyez cette épée, elle appartenait à un officier supérieur, et date de la première partie du XIXème siècle. Il ne s’agit pas d’une épée réglementaire, mais plutôt cérémoniale. Elle fut offerte par la ville d’Agen à un major de marine, qui était alors d’un grade élevé, correspondant à l’actuel lieutenant-colonel. Cette arme aurait pu appartenir à un certain Maréchal, entre 1820 et 1850, mais l’enquête sur la lame bleuie, la poignée en bronze recouverte de dorure, etc. garde des zones d’ombre.

L’un des experts, Hugo Bordet, a présenté plusieurs slides intéressantes.
photo SBo

Les armes reflètent leur époque, et les différents régimes politiques qui se sont succédé aux XVIIIe et XIXe siècles. le fer de lance d’une pique révolutionnaire, dessinée par la Convention en 1792, là un aigle napoléonien du Premier Empire, un lys royal sur lames de la Restauration, une tête de coq en bronze sur un pommeau (symbole officiel sous la Monarchie de Juillet). Le trio d’experts a tout mesuré, pesé, numérisé, et le moindre indice fait avancer l’enquête. Que dire de ces armes anglaises présentes ici ? « Ils sont peut-être liés à la bataille de Toulouse en 1814, explique-t-on, et distribués ensuite aux gardes nationales ».

Lames droites pour pousser, lames courbes pour couper, lors d’un abordage ou d’une charge de cavalerie, impressionnant sabre-briquet de sapeur à lame en dents de scie, baïonnette de 40 cm de long, pistolet de poche à deux coups pour bourgeoises en danger, fusils à silex, Navaja couteau de 60 cm de long une fois déplié… : cette partie méconnue du patrimoine agenais mériterait un jour d’être enfin présentée au grand public.

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV quand Guardiola a choqué à son arrivée
NEXT « Les plus anciennes armoiries connues de Perpignan sont celles concédées en 1400 par le roi Martin d’Aragon »