En Gironde, ils montent la garde contre leur voisin violent : « On a peur de l’agression »

Par Juliette Cardinale
Publié le

24 février 24 à 6h32

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Depuis mi-décembre 2023, un homme trouble la tranquillité de son quartier sur la commune de Canéjan, située à quelques kilomètres au sud-ouest de Bordeaux.

A tel point que ses proches les voisins sont restés dehors, la nuit du 21 au 22 février 2024, pour « monter la garde ».

Insultes, menaces, crevaisons…

« Il nous menace, il nous insulte, il n’hésite pas à lâcher son chien sur nous. Nos pneus sont crevés et nos voitures rayées…», énumère Agathe L’actualité bordelaise.

Comme ses voisins, elle souhaite garder l’anonymat par crainte de représailles. Mais un homme d’une cinquantaine d’années les maintient en vie une vraie épreuve depuis deux mois.

Agathe, sa sœur et ses parents possèdent un terrain avec une dizaine de maisons de 70m² chacun, dans la commune de 6 000 habitants. Agathe et ses parents y habitent, les huit autres maisons sont occupées par des locataires dont l’individu qui pose problème et que l’on appellera Pascal.

La situation empire

Arrivé en octobre 2022 dans la résidence, Pascal dérange d’abord ses voisins immédiats en termes de bruit. Ils l’ont ignoré, même s’ils avaient déjà appelé la police. Mais les choses empirent à la fin de l’année.

« Il s’est séparé de sa compagne début décembre. Depuis, c’est presque quotidiennement. Cela a commencé par des nuisances sonores et des appels malveillants », raconte Agathe. Elle a tout gardé et a porté plainte auprès de son père.

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En décembre et début janvier, nous étions appelés sans cesse. Il a laissé des messages parfois inaudibles. On sent qu’il n’est pas dans son état normal. Il a appelé mes parents Monsieur et Madame Connasse.

Agathe

« Depuis son premier entretien, les appels se sont un peu calmés. » Mais pas le reste. Pascal insulte les voisins qu’il rencontre. Il jette des « déchets de toute façon ».

Un voisin proche se plaint de la musique qu’il joue très fort. “Quand il joue à la console sans casque, J’ai l’impression que c’est la guerre Chez moi. Ou une salle de concert. »

Agathe explique qu’il « le met à fond pendant quelques dizaines de minutes puis le baisse. Si la police est appelée, Il ne reste rien. Nous avons également trouvé pneus crevés et des rayures sur deux voitures. » Plusieurs plaintes et plaintes ont été déposées.

Les pneus de deux voitures ont été crevés dans cette résidence de Canéjan, en Gironde. (©Document envoyé à actu Bordeaux)

Parfois, Pascal fume à côté du parking. Il parle alors à son Malinois : « C’est la vieille qui nous fait chier à cause de la musique » ou autre commentaire désobligeant, explique Agathe. « Cette voisine a retrouvé son thermomètre cassé sur son paillasson quelques jours plus tard. »

Sans compter qu’il paie plus de loyer depuis janvier. « Il ne travaille pas, il n’a pas de revenus, il a des dettes. On n’a aucun recours car il n’est plus solvable», soupire Agathe.

“Nous ne sommes plus chez nous”

« Il nous dit qu’il est un vétéran, mais aussi qu’il a 18 condamnations à son casier, qu’il a eu un bracelet pendant quatre ans. Il menaçait de nous casser les rotules si on appelait les flics… et ainsi de suite », soupire Agathe. « Un jour, il m’a dit : J’ai toutes les armes pour commettre le crime parfait. C’était en présence des forces de l’ordre. »

La crainte qu’il « s’emporte » et se montre physiquement violent est très présente parmi les habitants. « Normalement, nous sommes censés nous sentir en sécurité chez nous. Là, au moindre bruit, nous sommes en alerte. Le soir avant de vous coucher et le soir, si vous vous réveillez, vous ouvrez la porte pour voir si tout est normal. »

« On s’écrit entre voisins parce qu’on n’ose même plus voyager seul. Nous ne sommes plus chez nous », explique Agathe.

Deux voitures ont été rayées dans cette résidence de Canéjan. (©document envoyé à actu Bordeaux)

« Quand je quitte le travail, si mon partenaire n’est pas là, j’en parle à mes parents. Et c’est pareil quand mon conjoint rentre à la maison, je sors vérifier que rien ne se passe. Nous sommes toujours prêt à filmer, prendre des photos. » Parce qu’on les avait prévenus, sans preuves rien n’avance.

«Nous pensons partir»

Outre les plaintes, la mairie a été contactée. Mais peu de recours sont possibles car Pascal n’est pas solvable et n’a pas été violent physiquement.

Agathe et ses parents ont rendez-vous avec un avocat au sujet d’un loyer impayé. Et avec un coordonnateur de la justice en avril. “Mais en attendant, c’est sécurité à domicile qui est en danger », souligne-t-elle.

Certains voisins sont prêts à installer des caméras, avant même d’avoir obtenu l’autorisation légale. Et dans la nuit du 21 au 22 février, plusieurs habitants sont restés dehors, abrités par une tente.

Ils restent dans leur « camp » jusqu’à minuit et demi, découragés par le froid et l’humidité. Mais cette mesure est la preuve d’une chose : désespérés, ils veulent protéger leurs biens et prendre l’homme en flagrant délit afin d’agir légalement.

On nous a dit que tant qu’il n’y avait pas d’attaque, rien ne pouvait être fait. On n’arrive pas à s’en sortir, on se demande tous si on attend le drame. L’idée nous est donc venue de surveiller nos voitures à tour de rôle.

Agathe

Car aujourd’hui, « plusieurs locataires nous ont fait savoir qu’ils envisageaient de partir. Mon partenaire et moi faisons de même. Ma mère est sous anxiolytiques », soupire Agathe.

Le bail de Pascal court jusqu’en octobre 2025. « Si on lui donne un congé six mois avant, il faudra vivre avec lui. Il aura le temps pour tout détruire. »

Cela s’étendrait au-delà du quartier

Quelques rues plus loin, la résidence indépendante L’Orée du Parc voit son activité disparaître. Un étendoir, deux chaises, un salon de jardin et trois palettes ont été volés dans la semaine, raconte un employé.

« Ils ont été vus chez cet homme, nous avons des photos des objets dans son jardin. » Elle indique qu’elle portera plainte ce samedi 24 février.

Avant cela, un Résident de 74 ans en fauteuil roulant s’était déclaré victime de cet homme. « Il l’a ramené à la résidence et lui a volé deux paquets de cigarettes », rapporte l’employé.

L’individu dépose des déchets à côté des poubelles de sa résidence de Canéjan. (©document envoyé à actu Bordeaux)

Selon les résidents, Pascal se comporte de manière intimidante dans toute la communauté. LE bureau de tabac de la ville lui aurait également refusé l’accès après des vols.

« On vit bien à Canéjan, on serait triste de partir à cause de cet homme », déplore Agathe. «Nous voulons juste être en paix à la maison et pouvoir garder la télé allumée sans entendre des cris ou garer sa voiture sans penser dans quel état je la retrouverai demain ? »

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