Pour éviter une majorité absolue au RN, les retraits se multiplient

Pour éviter une majorité absolue au RN, les retraits se multiplient
Pour éviter une majorité absolue au RN, les retraits se multiplient

Jordan Bardella avait déclaré avant le premier tour qu’il n’irait pas à Matignon sans une majorité absolue.

AFP

Après le score inédit du RN au premier tour, les replis entre la gauche et la Macronie se mettent en place, non sans accrocs, pour empêcher l’extrême droite d’avoir la majorité absolue au soir du 7 juillet et éventuellement envisager plutôt une « grande coalition ».

Les candidats encore en lice ont jusqu’à mardi 18 heures pour décider de se retirer et ainsi réduire radicalement le nombre potentiel de triangulaires, plus de 300 en raison de la forte participation au premier tour (66,7%).

Dimanche, la vague bleu marine a déferlé avec plus de 10,6 millions de voix, soit 33,1% des suffrages, un niveau historique – hors second tour de la présidentielle de 2022.

Le RN a frappé un grand coup, en faisant élire 39 députés, à commencer par Marine Le Pen dans le Pas-de-Calais. Le parti à la flamme, allié à Eric Ciotti, s’est qualifié dans 443 des 577 circonscriptions et est en tête dans 296 d’entre elles.

Avec 27,99%, le Nouveau Front Populaire compte déjà 32 élus. Mais il a perdu le communiste Fabien Roussel, emporté par le raz-de-marée RN dans le Nord. Une autre de ses têtes d’affiche, François Ruffin, est sur un scrutin difficile dans la Somme même avec le retrait du candidat macroniste.

La majorité sortante fait le point après sa défaite (20,8% des voix). Si Gabriel Attal fait partie d’une dizaine de ministres susceptibles de l’emporter dimanche, quatre autres sont mal partis, et trois (Sabrina Agresti-Roubache, Marie Guévenoux et Fadila Khattabi) ont déjà annoncé leur retrait.

Dilemme

Pour discuter de ces retraits, Emmanuel Macron, qui a appelé dimanche à un « grand rassemblement clairement démocratique et républicain », a convoqué ses ministres à l’Elysée lundi midi.

Si plusieurs candidats de la Renaissance arrivés troisièmes ont déjà annoncé leur retrait, comme Sylvie Casenave-Péré, arrivée troisième derrière Marie-Caroline Le Pen dans la Sarthe, certains comptent rester, estimant soit avoir plus de réserves de voix que la gauche, ou que leur retrait favoriserait le RN, comme Loïc Signor dans le Val-de-Marne.

Et la majorité sortante peine à parler d’une seule voix quand il s’agit de soutenir un candidat LFI entre ceux qui, comme Edouard Philippe ou Bruno Le Maire, ne veulent « ni le RN ni LFI », ceux qui prennent « au cas par cas » comme la présidente sortante de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet et ceux qui, à gauche, ne posent pas de conditions.

Plutôt que le « projet désastreux » du RN, c’est la ligne défendue par Gabriel Attal, qui rencontrera lundi après-midi les candidats en visioconférence. Il a toutefois estimé dimanche que le camp présidentiel constituera « le meilleur choix pour éviter que le RN ait la majorité absolue ».

Du côté du Nouveau Front populaire, les partis ont déjà ordonné à leur candidat en troisième position de se retirer, avec une différence toutefois pour LFI pour qui cette règle ne s’applique que dans le cas où le RN est en tête.

La candidate insoumise s’est ainsi retirée au profit de l’ancienne Première ministre Elisabeth Borne, deuxième derrière le RN dans le Calvados.

Mais il se maintient, par exemple, dans la circonscription de Gérald Darmanin, qui a battu de justesse le RN. A l’inverse, un candidat écologiste s’est retiré en Haute-Loire au profit de Laurent Wauquiez (LR), qui ne devance que de deux points le RN.

Quand ils en ont l’occasion, les LR ont plutôt choisi de maintenir leur position, à l’image de Maxime Minot, arrivé troisième derrière la gauche et le RN dans l’Oise.

Majorité relative ou grande coalition

Dans l’état actuel des choses, les projections des instituts de sondage anticipent une large majorité relative d’au moins 240 sièges pour les troupes de Jordan Bardella, voire une étroite majorité absolue pouvant atteindre 295 sièges.

Mais ces projections sont faites avant les retraits.

« Même si les électeurs ne suivent pas mécaniquement les consignes de leurs dirigeants politiques, on aura un effet qui jouera plutôt en défaveur du RN », a commenté le directeur général adjoint d’Ipsos Brice Teinturier. Selon le politologue, « le point de départ est plutôt sur une majorité relative que sur une majorité absolue ».

Pour contrer une majorité relative du RN, plusieurs dirigeants de la majorité actuelle, comme Yaël Braun-Pivet, ont déjà appelé à une « grande coalition » des communistes au sein de LR au lendemain du 7 juillet.

Mais le chef du Parti socialiste Olivier Faure a refusé lundi d’être “le substitut d’une majorité en déroute”, posant ses conditions à une éventuelle “majorité de projets” des “forces républicaines”, réclamée dimanche par Gabriel Attal.

Du côté du RN, si Jordan Bardella avait déclaré avant le premier tour qu’il n’irait pas à Matignon sans majorité absolue, Sébastien Chenu semblait nuancer cette position.

« Il faudra regarder la configuration de l’Assemblée nationale. S’il y a effectivement des soutiens à trouver, nous assumerons nos responsabilités devant le peuple français”, a déclaré le vice-président du RN.

Au pouvoir” ou “à l’Union nationale”. Si Jean-Luc Mélenchon s’est dit favorable à un débat entre les deux partis, il a exclu sa propre participation, évoquant les dirigeants de LFI.

Les élections législatives ont un grand écho à l’étranger. Le Premier ministre polonais Donald Tusk s’est dit préoccupé par “une tendance dangereuse” pour l’Europe, évoquant le contexte de montée de la droite radicale en Europe et d’influence russe au sein de ces partis.

(AFP)

 
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