Pourquoi L’Exorciste est-il toujours LE film d’horreur par excellence ? – .

Pourquoi L’Exorciste est-il toujours LE film d’horreur par excellence ? – .
Pourquoi L’Exorciste est-il toujours LE film d’horreur par excellence ? – .

Décembre 1973. L’Exorciste arrive dans les salles américaines (il sortira un an plus tard en France). Fraîchement sorti du triomphe de connexion française (et ses cinq Oscars) un an plus tôt, le réalisateur William Friedkin (décédé en 2023) s’était lancé dans l’horreur. Il transposait alors à l’écran le roman éponyme de William Peter Blatty paru en 1973, lui-même inspiré d’une histoire vraie de 1949 (si on y croit, bien sûr). Regan, une fillette de 12 ans, possédée par un démon (Pazuzu), est sujette à des crises de plus en plus violentes. Elle donne du fil à retordre à sa mère, à son entourage et surtout aux deux prêtres qui tentent de l’exorciser (et c’est un euphémisme). Le long-métrage avait terminé sa course au box-office à plus de 440 millions de dollars dans le monde. Une prouesse pour l’horreur à l’époque. L’Exorciste est ensuite rapidement entré au panthéon du genre, et du cinéma. Un demi-siècle plus tard, il reste sans contestation possible le modèle du film de possession.

L’Exorcistele premier d’un sous-genre du film d’horreur éculé

Aujourd’hui, les histoires d’exorcisme sont partout. Depuis des décennies, des dizaines de longs métrages surfent sur la vague lancée par le chef-d’œuvre de William Friedkin sans avoir à chercher bien loin leurs titres (L’Exorcisme d’Emily Rose, Le dernier exorcisme, L’Exorcisme…). A quelques exceptions près, aucun d’entre eux ne s’est rapproché de loin du modèle. Il faut d’abord souligner qu’à l’époque, le thème du film était à lui seul une révolution. Roman Polanski s’était aventuré quelques années plus tôt dans le domaine des sectes sataniques et autres bébés démoniaques. Dans une horreur un peu plus psychologique. Ce qui n’enlève rien à L’Exorcistebien au contraire. Dans un style volontairement plus outrancier, William Peter Blatty adapte lui-même son roman, et le fait très bien. Surtout parce qu’il a compris que l’horreur, bien que prédominante, ne devait pas prendre le pas sur la construction de ses personnages et de son récit. Le long prologue mettant en scène le père Merrin (magnifique Max von Sydow) n’est pas là par hasard. Tout comme les nombreuses séquences auxquelles ont droit la mère de Regan, Chris MacNeil (l’intemporelle Ellen Burstyn), ou le père Karras (le charismatique Jason Miller). Entre ces personnages centraux, l’horreur prend le temps de s’insinuer crescendo dans l’image. Avec au centre, une jeune Linda Blair habitée par son personnage.

L’inventivité débridée de William Friedkin en matière de mise en scène L’Exorciste

Le succès insolent de L’Exorciste Le mérite en revient bien sûr à son maître à l’image : William Friedkin. Particulièrement inspiré, le cinéaste (peu tendre avec ses acteurs en coulisses) brille par son audace et sa créativité derrière l’objectif. Le placement de la caméra, ses mouvements lents et subtils, sont une leçon de cinéma. Celle d’un homme qui s’est approprié le scénario très efficace de William Peter Blatty. Le réalisateur américain joue avec le Bien et le Mal, l’ombre et la lumière. La lumière fascine, les plans sont millimétrés, certains restant parmi les plus cultes du septième art (l’arrivée du père Merrin à la maison notamment, immortalisée par l’affiche du film). Si William Friedkin prend le parti d’une mise en scène minimaliste, il ne lésine pas sur les effets visuels pour choquer les spectateurs. La jeune Regan en voit de toutes les couleurs. Elle lévite, convulse dans tous les sens. Et que dire de cette scène où sa tête tourne à 180°, ainsi que de la légendaire descente de l’escalier la tête à l’envers, crachant du sang. Les mauvaises langues diront que c’est trop. Mais c’est aussi ce qui fait le charme d’un film qui, étrangement, a très bien vieilli. Dans une société américaine encore très puritaine, le réalisateur américain ne recule devant rien pour hypnotiser son public et personnifier le puissant démon, en sexualisant notamment la jeune fille. Je ne reprendrai pas ici non plus son vocabulaire joyeusement vulgaire et cru. Enfin, impossible de ne pas évoquer la bande-son mythique du long-métrage (Cloches tubulairesde Mike Oldfield), sans doute l’un des films les plus cultes de l’histoire du cinéma. Imité à de nombreuses reprises, L’Exorciste n’a jamais été égalé… et ne le sera jamais.

 
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