Didier Reynders a été interrogé mardi par la police fédérale jusque tard dans la soirée. Les détectives ont également perquisitionné diverses adresses, y compris son domicile privé, a confirmé le parquet après avoir signalé Le soir dans Suivez l’argent. Tout tourne autour du blanchiment d’argent par le biais des jeux de hasard, une technique qui apparaît de plus en plus souvent, selon le fiscaliste Michel Maus.
Reynders, qui était jusqu’au week-end dernier commissaire européen à la Justice, est soupçonné par le tribunal de blanchiment d’argent via l’achat de jeux de hasard, a-t-on appris. Le soir dans Suivez l’argent entendu. Les faits se seraient déroulés sur une période de plusieurs années.
Mardi matin, la police a perquisitionné diverses adresses liées au politicien du MR et Reynders a été interrogé mardi jusque tard dans la soirée, sans être privé de liberté. Ces perquisitions s’inscrivent dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent qui dure depuis des mois. Les enquêteurs ont attendu pour faire grève jusqu’à ce que le mandat de Reynders en tant que commissaire européen expire dimanche, lui faisant perdre son immunité.
Reynders est soupçonné de blanchiment d’argent via la Loterie nationale, dont il a été responsable en tant que ministre des Finances entre 2007 et 2011. Les faits se seraient déroulés sur plusieurs années, mais pas lorsque la Loterie nationale était encore sous ses attributions.
Il aurait utilisé de l’argent liquide pour acheter des billets électroniques de la Loterie nationale qu’il pourrait transférer sur un compte de loterie en ligne. Il aurait participé à des jeux de loterie et déposé les bénéfices sur un compte numérique de l’ancien ministre. Celles-ci auraient ensuite été transférées sur son compte privé. Le blanchiment d’argent aurait eu lieu sur une longue période, mais pas lorsqu’il était encore responsable de la Loterie nationale.
Le parquet belge aurait été prévenu par la Loterie nationale et la Cellule belge de traitement des informations financières (CFI), où peuvent être déclarées des transactions qui pourraient être liées au blanchiment d’argent ou au financement du terrorisme.
Maus : « La technologie est plus souvent utilisée »
Selon le fiscaliste Michel Maus (VUB), la technique suspectée par Reynders est souvent utilisée. “Le premier chapitre du cours sur le blanchiment d’argent pour débutants stipule que celui qui veut officialiser l’argent noir doit pouvoir lui donner une origine légale”, a déclaré Maus. Radio1. “Après tout, les banques sont soumises à la réglementation sur le blanchiment d’argent et doivent vérifier l’origine si de l’argent apparaît sur votre compte.” L’une de ces origines légitimes est le gain aux jeux de hasard – une technique qui apparaît de plus en plus souvent.
Mais les sociétés de jeux sont également soumises à la réglementation sur le blanchiment d’argent et doivent disposer d’un service de conformité interne qui détectera les voies possibles de blanchiment d’argent et les signalera à l’unité de blanchiment d’argent. Selon Maus, une technique courante est ce qu’on appelle le « schtroumpfage », dans lequel de grandes quantités sont divisées en petits morceaux. Une transaction n’est pas perceptible, mais un contrôle peut aussi être effectué sur une longue période et si vous achetez chaque mois des billets à gratter pour 1 000 ou 2 000 euros via un système de billet électronique, cela deviendra également perceptible au fil du -, selon la loi fiscale. professeur.
Poids lourd politique
Didier Reynders n’était pas immédiatement disponible pour commenter. Il est un poids lourd politique depuis des années. Il a été ministre des Finances entre 1999 et 2011 et ministre des Affaires étrangères jusqu’en 2019. Si un juge d’instruction voulait l’arrêter ou porter l’affaire devant la justice, il faudrait pour cela un vote à la Chambre, écrit Le soir. Le Parquet de Bruxelles rappelle que la présomption d’innocence s’applique pleinement.