« Je vous demande de m’excuser », débute le procès de l’opératrice du service médical d’urgence – .

« Je vous demande de m’excuser », débute le procès de l’opératrice du service médical d’urgence – .
« Je vous demande de m’excuser », débute le procès de l’opératrice du service médical d’urgence – .

Son ton moqueur avait fait scandale : l’opératrice des services d’urgence qui s’était moquée au téléphone de Naomi Musenga fin 2017, une jeune femme décédée peu après à l’hôpital, comparaissait jeudi devant le tribunal de Strasbourg, où elle est poursuivie pour « pas d’assistance à personne en danger ».

Vêtue d’une blouse bleue à motifs et d’un foulard, Corinne M., 60 ans, suspendue définitivement du Samu et actuellement au chômage, a donné son nom aux juges. Elle est accusée « ne pas avoir respecté les protocoles » de soutien « et bonnes pratiques » du Samu, selon le parquet. Elle risque cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende.

L’un de ses avocats, Thomas Callen, a immédiatement demandé l’annulation du procès, arguant que le dernier document établi par le juge d’instruction à l’issue de l’enquête restait “vague” concernant les faits reprochés à son client. Sa demande sera analysée à l’issue des débats.

« Je voudrais m’excuser pour tout cela. Je vous demande de m’excuser, c’était indescriptible. »

L’opératrice a alors parlé : « Je voudrais m’excuser pour tout cela. Je vous demande de m’excuser, c’était indescriptible. »dit-elle en se tournant vers la famille de Naomi, sa mère Honorine Musenga, et son frère et sa sœur Gloire et Louange.

Certains proches de Naomi portent des T-shirts avec un portrait de la jeune femme décédée à l’âge de 22 ans.

Plus de six ans après les faits, la tenue de ce procès « C’est un grand soulagement »Honorine Musenga l’a déclaré lors d’une conférence de presse la veille de l’audience.

La famille veut « à la justice »La sœur de Naomi, Louange, avait ajouté. “Comprendre” Aussi « Que s’est-il passé dans la tête de cette personne ? » Glory, son frère, a demandé « pardon » à l’opératrice. « pour ce qu’elle a fait »un vœu donc exaucé dès l’ouverture des débats.

Mère d’un enfant de 18 mois, Naomi Musenga est décédée le 29 décembre 2017 à l’hôpital de Strasbourg après avoir été soignée « un retard global de près de 02H20 », selon un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS).

Se plaignant de fortes douleurs au ventre, elle avait contacté les pompiers qui avaient transféré l’appel aux secours. L’échange entre les deux opératrices avait déjà lieu « sur un ton moqueur »a noté l’Igas.

« J’ai très mal au ventre », « Je vais mourir… »

« J’ai très mal au ventre », « Je vais mourir… », Naomi respira alors, luttant pour s’exprimer. « Oui, tu mourras, certainement un jour comme tout le monde »a rétorqué le régulateur, en utilisant « un ton dur, intimidant et inapproprié face à des demandes d’aide répétées », Toujours selon Igas. Avant de raccrocher.

Naomi a finalement été orientée vers SOS Médecins et hospitalisée, mais bien trop tard.

L’échange a fuité sur les réseaux sociaux et dans les médias quelques mois plus tard, provoquant un tollé. « Sans cette bande sonore, qui a été jouée à de nombreuses reprises, je ne suis pas sûr que nous aurions eu une date d’audience. »a déclaré Jean-Christophe Coubris, avocat de la famille de Naomi.

A la fin de la conversation, l’opératrice n’a pas transmis l’appel à un médecin régulateur, contrairement à ce que la procédure exigeait en cas de douleurs abdominales, et n’a pas demandé “pas de questions” informer « l’état clinique du patient », a souligné l’Igas.

L’avocat du prévenu, Olivier Grimaldi, avait indiqué en mai à l’AFP qu’il contestait cette procédure, regrettant que l’employeur ou les supérieurs de son client n’aient pas été poursuivis.

L’enquête a également été ouverte pour « homicide involontaire »

La longue enquête a été ponctuée d’avis d’experts et de contre-avis d’experts.

Après la mort de Naomi, une première, dénoncée par sa famille, avait conclu que sa mort était le résultat d’une « intoxication au paracétamol pris en automédication sur plusieurs jours ». Mais un autre rapport d’expert a évoqué un accident vasculaire digestif ayant entraîné une hémorragie.

L’enquête a également été ouverte pour “homicide involontaire”. Mais les rapports d’experts n’ont révélé aucune « lien de causalité » entre le retard dans la prise en charge de la jeune femme et sa mort. Naomi était déjà «au-delà de toute ressource thérapeutique au moment du premier appel aux services d’urgence”selon l’enquête.

En juillet 2019, 18 mois après le décès de Naomi Musenga, le diplôme d’assistant médical en régulation (ARM) a été créé, désormais obligatoire pour travailler dans les centres de régulation des appels d’aide médicale d’urgence.

 
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