Que pourraient changer les 218 désistements de députés pour le second tour ? – .

Que pourraient changer les 218 désistements de députés pour le second tour ? – .
Que pourraient changer les 218 désistements de députés pour le second tour ? – .

Alors que les candidats avaient jusqu’à mardi 18 heures pour déposer leur candidature au second tour des législatives, au moins 218 d’entre eux ont choisi de se désister pour participer au « front républicain » face au Rassemblement national. Selon nos calculs, il devrait rester moins d’une centaine de scrutins à trois.

Une majorité de duels entre le Rassemblement national (RN) et le Nouveau Front populaire (NFP), et moins d’une centaine de confrontations triangulaires : tel est le tableau final du second tour des législatives qui se tiendra ce dimanche 7 juillet. Un constat fondé sur le désistement d’au moins 218 candidats arrivés en troisième position au premier tour, la plupart répondant à l’appel de la gauche à un « front républicain » face au Rassemblement national. Dans ces conditions, le RN ne pourrait obtenir qu’une majorité relative à l’Assemblée nationale.

Une majorité relative pour le RN ?

Il s’agit d’un record historique : 306 scrutins à trois et 5 scrutins à quatre étaient possibles à l’issue du premier tour. Dans près de la moitié d’entre eux, le Nouveau Front populaire est arrivé en troisième position. Dans ce scénario, 127 candidats de gauche ont annoncé leur retrait en vue de bloquer le RN et ses alliés au second tour.

Du côté de la coalition présidentielle, en revanche, les consignes à géométrie variable ont conduit à des glissements de positions dans la centaine de circonscriptions concernées. Au total, 81 candidats de la majorité ont annoncé publiquement leur retrait ce mardi. Deux candidats LR et un candidat ultramarin sans parti se sont également retirés.

Du côté du Rassemblement national et de ses alliés, le parti de Jordan Bardella a choisi de maintenir tous ses candidats, y compris ses 66 candidats arrivés en troisième position, quitte à faire gagner le NFP dans les courses à trois où l’alliance de gauche a un candidat tête de liste. Malgré cette consigne, deux candidats se sont désistés.

Par ailleurs, une candidate arrivée en deuxième position a annoncé de son propre chef son retrait peu après le premier tour. Il s’agit de Hella Kribi-Romdhane (NFP) dans la 6e circonscription de l’Essonne. Autre fait notable : après avoir un temps annoncé son retrait, Gilles Bourdouleix (LR-Ciotti) a finalement indiqué qu’il avait bluffé et qu’il restait dans la 5e circonscription du Maine-et-Loire, afin de faire perdre la candidate du NFP.

Des projections à prendre avec précaution

Si 76 candidats ont été élus au premier tour, il reste 501 députés à élire au second. Au total, selon un comptage de l’AFP basé sur les déclarations ou communiqués de candidats, on compte au moins 214 désistements. Selon ces nouvelles données, il resterait donc 95 duels triangulaires, 2 quadrangulaires et 404 pour le second tour des législatives. De fait, les projections en sièges à l’Assemblée nationale devraient donc être affinées, même si elles restent à prendre avec précaution.

En ce sens, selon nos calculs, si l’on se base sur la dernière projection OpinionWay pour CNEWS, Europe 1 et le JDD, ajustée avec les nouveaux paramètres : une participation similaire au premier tour, le respect des équilibres dans le cas de candidats « largement en tête », et les potentiels transferts de voix dans des circonscriptions « serrées », le Rassemblement national n’obtiendrait « que » une majorité relative avec entre 250 et 265 sièges, tandis que le Nouveau Front populaire obtiendrait entre 160 et 175 députés. La coalition présidentielle obtiendrait entre 95 et 105 sièges, les Républicains une trentaine.

Des circonscriptions très indécises

Si ces chiffres sont à prendre avec précaution, c’est notamment parce qu’outre la participation, qui pourrait changer la donne, un certain nombre de bulletins apparaissent encore très indécis. C’est le cas de Gérald Darmanin (36,03%), dans le Nord, qui devance de peu le candidat du RN (34,31%), mais qui peut compter sur le retrait du candidat du NFP, arrivé en troisième position. C’est aussi le cas de Marc Fesneau, dans le Loir-et-Cher, ou de Guillaume Kasbarian, en Eure-et-Loir, qui sont au coude-à-coude avec leurs adversaires du RN, mais qui peuvent aussi compter sur les retraits des candidats du NFP.

Dans le Calvados, Elisabeth Borne est en scrutin défavorable (28,93%) derrière la candidate RN (36,26%), mais bénéficie du retrait du candidat NFP-LFI (23,16%). En Isère, Olivier Véran fait également face à une situation difficile. En scrutin défavorable avec 33,62% des voix contre 40,19% au candidat NFP, l’ancien ministre va devoir s’extirper d’une course à trois puisque le candidat LR-RN Alexandre Lacroix a réussi à se qualifier pour le second tour avec 18,34% des voix. Une situation comparable avec une course à trois pour Aurélien Rousseau, dans les Yvelines, en tête (34,68%) devant ses adversaires Renaissance (29,32%) et Les Républicains (25,79%).

Parmi les autres circonscriptions indécises, on retrouve la 2e circonscription d’Eure-et-Loir, où Olivier Marleix, élu depuis 2012, est en grande difficulté (25,93%) face au candidat du RN (38,92%), même s’il devrait bénéficier du retrait du candidat du NFP, arrivé en troisième position à seulement 147 voix du leader des Républicains. Dans l’Essonne, Nicolas Dupont-Aignan devrait faire face à l’une des courses à trois les plus serrées, tandis que la sœur aînée de Marine Le Pen, Marie-Caroline, pourrait entrer à l’Assemblée avec 39,29% des voix dans la Sarthe, devant le candidat du NFP qui sera aidé par le retrait du candidat de la majorité.

A gauche, François Hollande va faire face à une course à trois dans son fief de la Corrèze puisqu’il est arrivé en tête avec 37,63% des voix, mais le Républicain Francis Dubois (28,64%) a refusé de se retirer, au risque de faire élire le candidat RN arrivé en deuxième place (30,89%). La situation est également difficile pour François Ruffin, dans la Somme, qui voit sa réélection compromise après sa deuxième place (33,92%) loin derrière le candidat RN (40,69%). Arrivée en troisième position avec 22,68% des voix, la candidate d’Ensemble, Albane Branlant, a néanmoins été l’une des premières à annoncer son retrait au profit d’un « front républicain ».

Vers une assemblée plurielle ?

Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, la droite nationaliste pourrait donc gouverner la France, et peu d’options s’offrent aux autres forces politiques pour l’en empêcher. Pourtant, Jordan Bardella a déjà fait savoir qu’il refuserait le poste de Premier ministre s’il ne disposait pas d’une majorité absolue, soit 289 députés. Mais, si le RN s’en rapproche, avec « par exemple 270 députés », Marine Le Pen a indiqué qu’elle chercherait à attirer « des députés par exemple divers droite, divers gauche, LR, qui ont exprimé par le passé une proximité » avec son parti.

Si le RN ne parvenait pas à gouverner, les macronistes, une partie de la gauche et certains Républicains pourraient tenter de former une « grande coalition », courante dans les pays européens mais étrangère aux traditions politiques françaises. Gabriel Attal espérait ainsi qu’une « assemblée plurielle » sortirait des urnes, tandis que le LR Xavier Bertrand parlait d’un « gouvernement de renouveau national ».

« Beaucoup de ceux qui hier étaient farouchement dans l’opposition réfléchissent », a également assuré François Bayrou. Mais Manuel Bompard a écarté la possibilité que LFI participe à une telle coalition. « Les Insoumis ne gouverneront que pour mettre en œuvre leur programme, rien que le programme mais tout le programme », a-t-il affirmé.

 
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