Chaleur liée à 470 décès et 225 hospitalisations chaque été

Chaleur liée à 470 décès et 225 hospitalisations chaque été
Chaleur liée à 470 décès et 225 hospitalisations chaque été

Les températures élevées ont un impact néfaste très important sur le système de santé du Québec, a démontré une équipe de l’Institut national de la recherche scientifique, un constat d’autant plus important que de tels événements sont susceptibles de se multiplier dans le contexte des changements climatiques.

Jean-Benoît Legault

La Presse Canadienne

Les chercheurs ont ainsi découvert que les impacts sur le système de santé se font sentir tout au long de l’été, et pas seulement lorsque la province est balayée par au moins trois jours consécutifs de températures très élevées.

«On s’est vraiment attaqué au problème avec des températures qui sont élevées tout l’été, et pas seulement pendant trois jours», explique l’auteur principal de l’article, Jérémie Boudreault.

Plus précisément, les scientifiques ont cherché à quantifier la mortalité et la morbidité liées à la chaleur en fonction de cinq paramètres de santé, toutes causes confondues : la mortalité, les hospitalisations, les visites à l’urgence, les transports en ambulance et les appels à Info-Santé, pour toutes les régions sanitaires du Québec.

Ils ont ainsi mesuré que, chaque été au Québec, les températures élevées sont associées à 470 décès, 225 hospitalisations, 36 000 passages aux urgences, 7 200 transports en ambulance et 15 000 appels à Info-Santé.

Ce fardeau sanitaire s’est surtout concentré lors des 5 % des journées les plus chaudes de l’été, avec près de 200 décès, 170 hospitalisations, 6 200 passages aux urgences, 1 500 transports en ambulance et 3 300 appels à Info-Santé.

La chaleur, a ajouté M. Boudreault, touche toutes les composantes du système de santé, sans aucune exception.

Il est important de disposer de ces informations dans un contexte de changement climatique, par exemple pour disposer du personnel adéquat pour faire face aux périodes de chaleur prolongées.

Jérémie Boudreault, membre de l’Institut national de la recherche scientifique

Si on sait que les appels à Info-Santé vont augmenter, a cité en exemple M. Boudreault, « cela nous permettra de planifier pour éviter une pénurie de personnel ».

Les études antérieures réalisées sur le sujet au Québec n’ont pas mesuré l’impact des périodes de chaleur accablante d’une durée inférieure à trois jours, même si les données historiques démontrent qu’elles ont quand même un impact sur le système de santé, a ajouté M. Boudreault, qui est un candidat au programme doctoral sur mesure en science des données et santé environnementale à l’INRS et qui a réalisé ces travaux sous la direction du professeur Fateh Chebana.

Il est important d’avoir une vision globale, a déclaré M. Boudreault.

« Que peut-on voir pour envoyer un message au ministère de la Santé ou même au gouvernement ? », a-t-il expliqué. Voici les impacts que nous avons et voici quels seront les impacts à l’avenir. Je pense que cela fournit vraiment un argument solide pour dire qu’il faut mettre en place des mesures pour réduire ce fardeau, qui va être de plus en plus lourd. »

Les résultats de cette étude ont été publiés par la revue scientifique Environmental Research.

 
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