« J’ai trouvé incroyable que Biarritz disparaisse dans l’indifférence générale »

« J’ai trouvé incroyable que Biarritz disparaisse dans l’indifférence générale »
« J’ai trouvé incroyable que Biarritz disparaisse dans l’indifférence générale »

Il y a quelques jours, le milliardaire normand Pierre-Edouard Stérin a sauvé l’Olympique Biarritz de la rétrogradation financière en y injectant quatre millions d’euros. Pour la première fois, le patron du fonds d’investissement Otium Capital évoque les raisons de son arrivée au BOPB.

Comment vous êtes-vous impliqué dans ce projet de reprise ? Qui vous a contacté exactement ?

J’ai appris les difficultés du BOPB, et avec Madame Arosteguy, maire de Biarritz, nous nous sommes rapprochés. Alors que la France se prépare à accueillir les Jeux Olympiques, je trouvais incroyable que le BO, qui regroupait certains de nos plus grands rugbymen, plusieurs fois champions de France, partie intégrante de notre patrimoine sportif, disparaisse dans l’indifférence générale. Attaché au Pays Basque, où je séjourne régulièrement, conscient de l’image que représente ce club historique pour ce territoire, je n’ai pas hésité une seconde à lui proposer mon soutien.

Quel est votre rapport au rugby ? Est-ce qu’un match de rugby a eu plus d’impact sur vous qu’un autre dans votre vie ? Aimez-vous un joueur en particulier ?

Toutes les confrontations entre le XV de France et les All Blacks m’ont toujours coupé le souffle… Il y a eu de grands épisodes… Mais s’il y a une chose qui résonne particulièrement, comme pour beaucoup de Français, c’est le parcours de l’équipe de France lors de la dernière Coupe du Monde, et l’organisation exemplaire de la compétition sur notre territoire… Et si je dois parler d’un joueur, c’est justement Antoine Dupont, le petit Mozart du rugby français. J’admire sa détermination à défendre les couleurs françaises. Je suis impressionné par son choix de viser l’or aux JO de Paris en Rugby à 7. Il démontre un vif amour pour nos couleurs.

Stérin : « Nous voulons assurer l’avenir du club et lui donner les moyens de ses ambitions sportives »

Pourquoi a-t-il fallu plusieurs semaines avant que l’Autorité de régulation du rugby reçoive les fonds qu’elle demandait ? Avez-vous, à un moment donné de cette aventure, hésité à quitter le projet ?

C’est le principe d’une aventure entrepreneuriale, il y a des surprises, des difficultés et des émotions ! Mais seuls les bateaux qui restent au port ne rencontrent pas de céréales. Je me suis lancé dans le projet avant tout pour aider, donc sans pression particulière. Conformément aux souhaits d’A2R, nous avons répondu à toutes leurs demandes, il y a des délais incompressibles. L’essentiel est que l’autorité de régulation ait validé le maintien de Biarritz en Pro D2.

Au départ, votre investissement cohabitait avec celui de Romain Détré, entrepreneur limogeois. Comment l’alliance de ces deux enjeux a-t-elle finalement été réalisée ?

Biarritz suscite beaucoup d’intérêt et de désir. De nombreux entrepreneurs, de Limoges ou d’ailleurs, ont souhaité soutenir ce club. Je suis associé à Shaun Hegarty et ses deux coéquipiers, je vous invite à leur poser la question directement !

Concrètement, combien d’argent Otium Capital va-t-il injecter dans Olympic Biarritz dans les années à venir ? Quel est l’objectif sportif ?

Comme Pierre Fraidenraich l’a précisé la semaine dernière lors de la conférence de presse, nous voulons assurer l’avenir du club et lui donner les moyens de ses ambitions sportives. L’objectif est de cesser de se retrouver économiquement affaiblis chaque année et de repasser sous les fourches caudines de l’A2R. Sur le terrain, en sport, je fais confiance à l’expertise de Shaun pour défendre les couleurs rouge et blanc.

Généralement, on dit que c’est le payeur qui décide : aimeriez-vous bientôt avoir plus d’influence dans les décisions quotidiennes du club ?

Nous ne visons pas l’opérationnalité. Je me suis entouré de différentes personnalités pour soutenir le club. L’expérience de Pierre Fraidenraich, par exemple, en matière de droits télévisuels, de marketing sportif et de monétisation de marques, sera très utile pour atteindre les objectifs de l’équipe dirigeante.

Otium Capital est un fonds d’investissement. Cela ne sert pas seulement la philanthropie. Outre la Villa Rose, que vous a-t-on promis en sauvant le club et sa cinquantaine de salariés ?

Il n’y a pas de promesse et encore moins de promesse cachée, il y a juste une volonté commune avec Maider Arosteguy d’offrir aux Biarritz des infrastructures sportives dignes d’une ville comme Biarritz. Nous améliorerons les infrastructures existantes en pleine concertation avec la mairie et ses services, et en développerons de nouvelles, ouvertes à tous les Biarritz, et dans le respect et la continuité de ce qu’a toujours été le plateau d’Aguilera.

Viendras-tu parfois au stade Aguilera ou délégueras-tu tout à tes équipes ?

Je viendrai avec grand plaisir ! Même si je vais être très honnête, Biarritz n’est pas complètement au centre de la France, et mon emploi du temps est assez chargé…. Mais venir au stade avec ma famille est un grand plaisir dans la vie, et une chose importante dans la transmission parent-enfant.

Avant Biarritz, vous vous êtes intéressé au club de Dunkerque puis de Châteauroux. Pourquoi ces opérations ont-elles échoué ?

La plupart du temps, ce sont les clubs qui sollicitent les investisseurs, et plus rarement l’inverse. Je reçois beaucoup de demandes, mais nous ne pouvons pas être partout. Au-delà de l’intérêt personnel, le dossier doit être solide. Biarritz n’est pas une opération comme les autres : le BOPB est un club avec une histoire incroyable, un ancrage très fort dans sa ville et sa région, et surtout je crois qu’il a encore un potentiel sportif à exploiter. Mon travail consiste à investir dans des projets qui ont le potentiel de réussir et d’aller plus haut, et qui ont du sens. Le BOPB répond à tous ces critères. Je suis très heureux d’aider son histoire à continuer.

 
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