« Il est évident que les seniors et leur contribution à la croissance économique méritent mieux que des négociations sociales incomplètes » – .

« Il est évident que les seniors et leur contribution à la croissance économique méritent mieux que des négociations sociales incomplètes » – .
« Il est évident que les seniors et leur contribution à la croissance économique méritent mieux que des négociations sociales incomplètes » – .

A suite à la dernière réforme des retraites, le gouvernement a demandé aux partenaires sociaux d’engager des négociations interprofessionnelles sur l’emploi des seniors. Les discussions n’ont abouti que sur quelques points de convergence entre les confédérations syndicales et l’Union des entreprises locales (U2P), les autres organisations patronales s’étant retirées. Ces points de convergence prévoient la création d’un compte épargne temps universel et la facilitation des reconversions professionnelles. Ce qui est loin d’être suffisant compte tenu des difficultés que rencontrent les seniors dans le monde du travail.

Pour comprendre la gravité de la situation actuelle, il faut remonter au 18 décembre 1963, date à laquelle le gouvernement de Georges Pompidou promulgue une loi qui institue des accords de préretraite. Les entreprises ont de facto obtenu le droit de raccourcir la carrière de leurs salariés. S’ils étaient privés d’emploi, les anciens travailleurs bénéficiaient d’un revenu minimum garanti jusqu’à l’âge légal de la retraite, qui était alors fixé à 65 ans. L’intention des dirigeants politiques était de libérer des postes au profit des jeunes.

Cinquante ans plus tard, en 2013, l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) remettait un rapport d’évaluation dans lequel ses experts constataient une augmentation progressive du nombre de demandeurs d’emploi. « dans des proportions plus importantes pour les seniors et les jeunes que pour les autres catégories d’âge ». C’est un aveu de défaite : en pensant naïvement que mettre les salariés plus âgés en inactivité ferait de la place aux jeunes, la France a perdu sa lutte contre le chômage. Toutefois, jusqu’en 1993, les gouvernements ont augmenté le nombre de dispositifs de cessation anticipée d’emploi. Ces mesures n’ont eu que des effets pervers, notamment celui du discrédit et de la marginalisation des seniors.

56,9% des Français âgés de 55 à 64 ans sont en emploi

Dans son livre Ce modèle social que le monde ne nous envie plus (Albin Michel, 2015), l’économiste Jean-Olivier Hairault démontre ainsi que, loin d’avoir contribué à l’emploi des jeunes, “l’arrêt anticipé d’activité des plus âgés” n’a fait que généraliser « Inactivité précoce des seniors » et la détérioration de l’emploi. Une étude de la direction des statistiques du ministère du Travail (Dares) rappelle qu’à fin 2022, seuls 56,9% des Français âgés de 55 à 64 ans étaient encore en activité.

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