« Le roman noir retranscrit mieux que jamais la complexité du monde » – Libération – .

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Entretien

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Dans son dernier essai, la chercheuse en littérature Natacha Levet revient sur l’évolution de ce genre en France et sa pertinence pour appréhender le réel.

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Maître de conférences en littérature française à l’université de Limoges, spécialisée en fiction policière, Natacha Levet vient de publier un livre passionnant, le Roman Noir : une histoire françaisedans lequel elle refuse de voir systématiquement ce genre littéraire placé sous tutelle américaine.

Vous établissez un lien intéressant entre la littérature noire et la littérature prolétarienne en France.

La littérature prolétarienne a été créée dans les années 1930 ; elle voulait être une littérature écrite par le peuple pour le peuple en parlant du peuple. Par exemple, l’Hôtel du Nord d’Eugène Dabit est parfois rangé dans cette catégorie. Mais les spécialistes des romans prolétariens constatent que la majorité de leurs auteurs ne sont pas des gens ordinaires, ils sont issus de la petite bourgeoisie, ils ont peu introduit l’oralité, c’est plutôt une belle langue. Alors que les auteurs de romans noirs y sont allés directement en inventant l’argot. Jean Meckert, par exemple

 
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