l’accusé risque 20 ans de prison

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l’accusé risque 20 ans de prison

Par

Ludivine Ageon

Publié le

30 mai 2024 à 13h12

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Ce jeudi 30 mai 2024, la salle d’audience est à nouveau pleine au tribunal judiciaire de Vannes (Morbihan).

Après trois jours de procès durant lesquels experts se sont succédés, familles, proches et confrères ont témoigné à la barre, l’heure est aux réquisitions.

Le procureur général, représentant le ministère public, s’adressa aux jurés chargés de délibérer :

La loi exige de juger un homme. Meurtre d’une jeune femme. Une mère. Une fille. Une soeur

Avocat général

Un enjeu important pour la partie civile qui attend ce moment depuis plus de trois ans. Une attente qui pourrait peut-être être l’occasion de tourner une page.

Pour l’accusé, tout l’enjeu est de passer du stade de l’accusé à celui de la condamnation, « ce n’est pas rien. »

« La société civile que je représente réclame la peine la plus juste et la plus appropriée. Je vous le rappelle : des coups très violents. Armes trouvées. Ce couteau, ces poêles, cette bouteille. Lesquelles portent l’ADN d’Alexandra Cosson et de l’accusé. »

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Elle se souvient alors de la scène du crime. Une scène figée. Avec, au milieu de la pièce, le corps sans vie d’Alexandra.

Elle continue :

Il y avait de l’acharnement. Rappelez-vous qu’elle était en vie quand elle a reçu toutes ses injections

Avocat général

Voulait-il tuer Alexandra ?

C’est la question qui taraude les esprits depuis le début du procès.

« Cet homme est assez ambivalent. Il l’a tuée, c’est une évidence. Il le reconnaît. Il avait cette envie d’en finir avec elle mais en même temps, il disait qu’il n’aurait jamais fait ça », souligne l’avocat.

Même s’il était cohérent dans ses propos, elle évoque des incohérences : « Il ne livre pas les bons éléments dès le départ. Il ne peut pas décrire précisément comment il a répondu au coup de couteau. Cela pose des questions… Il ne sait pas. »

Et d’ajouter : « Et puis, ces découvertes progressives. Pourquoi le dit-il à tout le monde ? En envoyant des messages, des appels disant qu’il s’accuse. Est-ce qu’il essaie d’attirer l’attention ou n’essaie pas d’attirer notre attention sur un point particulier ? Pour nous éviter de chercher plus loin. Quant aux poêles qui ont été retrouvés plusieurs mois plus tard. C’est lui qui décide de ce que nous devons savoir, qui donne accès à ce qu’il veut que nous sachions.

Pourquoi as-tu ramené la voiture ? Il avait peut-être peur des conséquences. C’est humain. À mon avis, ce n’est pas si transparent. Il contrôle tout. Méticuleusement. »

20 ans avec 15 ans de sécurité

UN relation toxique, malsaine et ambiguë se joue entre les deux protagonistes. Mais que se passait-il dans la tête du trentenaire ce soir-là ?

Le procureur général émet des hypothèses : « Qui est-il ? Le bon ami. On rigole bien avec lui. Double facette. Le bien et le mal. Quand il boit, il devient violent. Ce soir-là, Alexandra a affronté toutes les femmes qui l’avaient rejetée toute sa vie. Il a déboulonné.

Il ne voulait pas la sauver. C’est l’assassin d’Alexandra. Son bourreau. Son bourreau. Mais ce n’est pas un monstre qui va être jugé. C’est un homme. »

Elle demande alors un peine de prison de 20 ansassortie d’une peine de sûreté de 15 ans suivie d’un « suivi socio-judiciaire avec obligation de soins et interdiction de paraître dans le Morbihan ».

“Ce n’est pas un monstre.”

Maxime Tessier, l’avocat du prévenu, prend à son tour la parole avant que les jurés ne se retirent pour délibérer :

Il n’y a aucune ambivalence quant à sa culpabilité. Mais je vous demande de vous rappeler qu’il n’est pas un monstre mais un jeune homme de 34 ans

Maxime Tessier, avocat du défendeur

Revenant sur le cours des événements, la cohérence du récit depuis le début, il s’adresse à la Cour : « Il nettoie les lieux pour ne pas voir. Ne pas accepter »

Il plaide alors la modificationce trouble psychologique peut avoir altéré son discernement.

Maxime Tessier s’étonne alors de la demande de peine sécuritaire : « Elle n’est pas justifiée. Ce serait dire qu’il est une montre à enfermer. Qu’on ne prendrait pas en compte tout le reste… »

Alors que l’audience s’apprête à se terminer, le Président s’adresse une dernière fois au prévenu en lui demandant s’il souhaite ajouter quelques mots.

C’est un jeune homme tremblant qui s’exprime alors : « Sur les faits non mais je parle à la famille. Je ne demande pas pardon, car c’est impardonnable. Mais je m’excuse de tout mon cœur. Je suis désolé. »

La fin de l’audience est levée. Les jurés se retirèrent pour délibérer. L’annonce du verdict est attendue en fin d’après-midi.

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