Premier jour des délibérations du procès pénal historique de Donald Trump – 29/05/2024 à 23h43

Premier jour des délibérations du procès pénal historique de Donald Trump – 29/05/2024 à 23h43
Premier jour des délibérations du procès pénal historique de Donald Trump – 29/05/2024 à 23h43

L’ancien président américain Donald Trump, le poing levé, entre dans la salle d’audience de Manhattan le 29 mai 2024 à New York (POOL/Curtins MEANS)

Les 12 jurés qui ont entre les mains le sort judiciaire de Donald Trump ont conclu mercredi leur première journée de délibérations sans trouver de verdict dans le premier procès pénal de l’histoire d’un ancien président des Etats-Unis qui aspire à le redevenir.

Le juge du tribunal de Manhattan, Juan Merchan, qui préside ce procès aux enjeux extraordinaires, en pleine campagne présidentielle, a ordonné en fin de matinée aux sept hommes et cinq femmes de se retirer à huis clos, après leur avoir demandé de se ranger de leur côté. de côté. “opinions personnelles”.

“Vous avez l’obligation de mettre de côté (vos) opinions personnelles qu’elles soient favorables ou défavorables à l’accusé”, a-t-il solennellement prévenu en lisant ses instructions à ces 12 citoyens de New York.

Dans l’après-midi, les jurés ont indiqué vouloir réentendre ses instructions, sorte de manuel juridique de l’affaire, ainsi que des passages de certains témoignages au procès.

Le juge leur a alors indiqué que ses lectures auraient lieu jeudi matin et les a libérés de leurs obligations.

Après six semaines de débats où il a souvent été question de sexe, d’argent et de pouvoir, le jury se retrouve face à une seule question : Donald Trump est-il coupable de 34 falsifications de documents comptables, destinées à cacher un paiement de 130 000 $ à l’actrice porno Stormy Daniels ? pour éviter un scandale sexuel à la toute fin de sa campagne présidentielle de 2016 ?

L’ancien président des Etats-Unis devra revenir jeudi devant le tribunal de Manhattan, le juge lui ayant interdit de quitter le tribunal pendant toutes les délibérations.

– “Mère Teresa” –

En campagne pour l’élection présidentielle du 5 novembre, contraint depuis la mi-avril à se présenter quotidiennement au tribunal, le milliardaire républicain s’est encore une fois indigné devant - contre “une situation scandaleuse” et a dénoncé des “poursuites (pénales) truquées”.

L’ancien président américain Donald Trump fait une déclaration à - lors des délibérations du jury au tribunal de Manhattan, le 29 mai 2024 à New York (POOL/Jabin Botsford)

Même la sainte catholique « Mère Teresa n’a pas pu écarter ces accusations », a-t-il déclaré, une fois que le juge a donné ses instructions aux jurés.

Les jurés sont entrés dans la phase la plus cruciale du procès, après avoir entendu mardi la défense réclamer un acquittement « vite fait, bien fait », puis les procureurs réclamer sa condamnation pour avoir « subverti la démocratie ».

En cas de réponse positive, la campagne présidentielle de 2024 tomberait dans un scénario inédit.

Donald Trump pourrait faire appel et comparaître encore le 5 novembre contre Joe Biden, le président démocrate sortant de 81 ans, mais avec l’étiquette d’être condamné devant le tribunal.

Les délibérations des jurés peuvent durer plusieurs jours. Il leur faudra être unanimes pour déclarer Donald Trump coupable ou non coupable.

– “Parcelle” –

Au cours d’un réquisitoire de cinq heures mardi, le procureur Joshua Steinglass a tenté une dernière fois de convaincre les jurés que derrière les falsifications comptables, “le cœur de cette affaire est un complot et une dissimulation” pour remporter l’élection présidentielle de novembre 2016. contre Hillary Clinton, en payant pour cacher des informations aux électeurs.

Stormy Daniels, à la sortie du tribunal de Manhattan, à New York, le 9 mai 2024 (AFP / Charly TRIBALLEAU)

L’argent a servi à acheter le silence de Stormy Daniels sur une relation sexuelle qu’elle affirme avoir eue en 2006 avec le milliardaire, alors qu’il était déjà marié à sa femme Melania, un épisode démenti par Donald Trump.

La somme a été versée à l’actrice par Michael Cohen, ancien confident de l’homme d’affaires et leader républicain.

Une fois Donald Trump à la Maison Blanche, en 2017, Michael Cohen s’est fait rembourser, en utilisant, selon l’accusation, de fausses factures et des inscriptions déguisées en « frais juridiques » dans les comptes de la Trump Organization, d’où les poursuites pour falsification comptable.

Pour la défense, cette thèse ne tient pas. Donald Trump, désormais « leader du monde libre » et occupé par des problèmes bien plus importants, ne connaissait pas les détails de la paperasse lorsqu’il a payé son avocat.

Mais pour les procureurs, il y avait bien un « complot » en amont de la campagne pour chasser toute menace de scandale sexuel, quitte à sortir le chéquier pour faire taire les témoins. L’accusation repose sur une rencontre qui aurait eu lieu en août 2015 entre Donald Trump, Michael Cohen et le patron d’un tabloïd américain, David Pecker.

Mercredi, les jurés ont demandé à réentendre des passages du témoignage de David Pecker.

 
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