qu’est-ce que le « corridor de Philadelphie », dont Israël dit avoir pris le contrôle ? – .

qu’est-ce que le « corridor de Philadelphie », dont Israël dit avoir pris le contrôle ? – .
qu’est-ce que le « corridor de Philadelphie », dont Israël dit avoir pris le contrôle ? – .

Comme prévu depuis plusieurs mois, Israël a finalement pris le contrôle du « corridor de Philadelphie », au sud de la bande de Gaza.

Toutefois, cette route est sous contrôle égyptien depuis 2005.

La prise de cette zone tampon marque une nouvelle étape dans la guerre menée par l’État hébreu contre le Hamas.

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Israël et le Hamas en guerre

Il s’agit d’une route courte qui marque la frontière entre l’Égypte et la bande de Gaza. Le « corridor de Philadelphie », long de 14 kilomètres et large de 100 mètres, a longtemps été érigé par le gouvernement israélien comme l’une des dernières zones à contrôler dans le sud du territoire palestinien. Ces derniers jours, Tsahal est enfin passé à l’action et est entré dans cette « zone tampon », tandis que les frappes se multiplient dans la ville voisine de Rafah. “Le couloir de Philadelphie servait de conduit d’oxygène au Hamas, par lequel il transportait régulièrement des armes vers la bande de Gaza.», a justifié ce mercredi 29 mai le porte-parole de l’armée israélienne Daniel Hagari.

Une affirmation démentie par Le Caire dans un média égyptien proche des services de renseignement, citant une Source «haut placé» Mais le Premier ministre de l’État hébreu, Benjamin Netanyahu, a déjà annoncé fin décembre 2023 le plan d’une offensive dans ce couloir stratégique de la région. “Le corridor de Philadelphie doit être entre nos mains et sous notre contrôle, et tout arrangement autre que celui-là ne sera pas accepté par Israël.“, a-t-il ensuite souligné. Pourquoi Israël voulait-il absolument avancer dans cette région ? Explications.

Un territoire historiquement tactique

Le contrôle de la route de Philadelphie a évolué au cours des différents conflits qui ont émaillé le Moyen-Orient à la fin du siècle dernier. Après avoir perdu la guerre du Kippour contre Israël en 1973, l’Égypte a entamé des négociations secrètes avec Tel-Aviv pour trouver un traité de paix. Sous l’égide des États-Unis, les deux pays signent finalement les accords de Camp David en 1979 : les Egyptiens récupèrent la région du Sinaï, perdue lors du précédent conflit, tandis que les Israéliens prennent le pouvoir le long de la frontière avec la bande de Gaza.

Une grande clôture construite avec des barbelés est installée à cet endroit. Mais, en 2005, Israël quitte la bande de Gaza et évacue la vingtaine de colonies qui y étaient implantées. Grâce à l’accord de Philadelphie, signé cette année-là avec l’État hébreu, l’Égypte a repris la gestion du corridor. En contrepartie, elle doit assurer la sécurité de cette « zone tampon », notamment à travers le déploiement de 750 gardes-frontières le long de la route. Mais un réseau de tunnels, développé de longue date sous cette route, continuera à permettre de rejoindre la bande de Gaza et d’y acheminer clandestinement des marchandises.

Un couloir permettant un contrôle total de Gaza par Israël

Depuis 2005, Israël considère cette zone comme une réelle menace pour sa sécurité, envisageant même une potentielle nouvelle opération militaire en 2009 pour en reprendre le contrôle, sans aller jusqu’au bout du processus. Quatre ans plus tard, la situation a changé : après la révolution égyptienne, un président appartenant aux Frères musulmans, le parti dont est issu le Hamas, Mohamed Morsi, a été élu. Son successeur, le maréchal al-Sissi, toujours en fonction aujourd’hui, se montre totalement hostile à ces deux mouvements islamistes, même s’il affiche toujours sa solidarité avec la cause palestinienne. Il renforcera donc la sécurité de la « zone tampon », trouvant en Israël un allié commode pour lutter contre ce mouvement politique dans la région.

En reprenant aujourd’hui le contrôle total du couloir, l’État hébreu s’expose donc à des risques diplomatiques importants. “Toute mesure israélienne visant à occuper l’axe de Philadelphie dans la bande de Gaza constituera une menace grave et sérieuse. sur les relations égypto-israéliennes», assurait fin janvier la journaliste Diaa Rashwan, directrice de l’Organisation générale d’information égyptienne. Benjamin Netanyahu voit pour sa part dans cette opération la possibilité de contrôler totalement l’ensemble des frontières de Gaza.

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Dans la logique israélienne, cela semble imparable, mais les mêmes mesures de sécurité n’ont pas empêché l’attaque du 7 octobre.déjà décrypté en février dernier Catherine Jentile de Canecaude, chroniqueuse sur les questions internationales pour LCI. Surtout, cela met en danger le plus ancien accord de paix entre Israël et un pays arabe.« Outre la question du contrôle de la zone, les Egyptiens craignent un exode massif de réfugiés palestiniens sur son territoire, alors que des centaines de milliers de Gazaouis se massent toujours dans la ville voisine de Rafah, où beaucoup se sont déplacés.


Théodore AZOUZE

 
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