« Il y a un risque que la Corse ne devienne qu’un prétexte »

« Il y a un risque que la Corse ne devienne qu’un prétexte »
« Il y a un risque que la Corse ne devienne qu’un prétexte »

Notre dossier complet :

1. Une rencontre entre Emmanuel Macron et Gilles Simeoni en préparation

2. Gilles Simeoni : « Il y a un risque que la Corse ne devienne qu’un prétexte »

Confirmez-vous que vous êtes en attente d’un entretien à l’Élysée ?

J’ai dit au chef de l’Etat que j’espérais avec impatience une double rencontre. En tête-à-tête, puis avec une délégation d’élus. Car c’est le président qui donnera le ton.

Sur quels sujets allez-vous vous concentrer ?

Évolution institutionnelle, bien sûr. Et, au-delà, la Corse plus généralement, dans un contexte très incertain. Nous avions compris qu’il n’y aurait pas de renvoi au Parlement avant septembre. L’objectif est que nous confirmions officiellement ce calendrier et précisions ce que nous allons faire pendant ce temps, qui doit être un temps utile. Des étapes importantes nous attendent. La clé, ce sont des rencontres qui ne dépendent pas du processus stricto sensu, mais restent des marqueurs : la discussion sur l’attribution de la continuité territoriale, le dossier sanitaire, les européennes, les Jeux, le social démarre avec la discussion budgétaire. Et dans ce brouhaha, il faut identifier un itinéraire balisé vers l’île.

Comment allez-vous travailler ?

Il s’agit de préparer le processus de révision constitutionnelle en interaction avec le Sénat et l’Assemblée nationale. Il y a du décryptage à faire. En même temps, il faut s’attaquer à la loi organique.

Votre méthode ?

Il s’agira de tenter de s’accorder sur un cadre, incluant le pacte budgétaire fiscal et financier, en réunissant toutes les forces vives de l’île. Notre ambition est d’être a minima dans une logique de co-construction et non pas face à une proposition unilatérale.

Paris doit dire sous quelle bannière la majorité présidentielle veut faire campagne

Est-ce que vous reprenez le contrôle ?

C’est l’idée. Nous ne voulons pas répéter le mode opératoire de rédaction constitutionnelle où un projet nous était soumis alors que nous travaillions en marge.

Vos inquiétudes?

Je suis animé par l’envie indéfectible de réussir, ce qui n’exclut pas d’être lucide sur les difficultés. Il faut convaincre les trois cinquièmes de la représentation nationale d’emprunter la voie de l’autonomie et d’une solution politique. Il y a un travail pédagogique complexe à la base, encore renforcé par la présence d’aléas extérieurs qui peuvent tout bousculer. Avec le risque que la Corse ne devienne qu’un prétexte dans le débat public national, s’il se durcit.

Du côté européen, on vous le demande ?

À ce stade, je pense que j’avais une attitude claire. Mon travail consiste à interroger les candidats sur leur vision de la place de l’île en Europe et sur le statut de l’autonomie. Tout cela, alors que le gouvernement et le chef de l’Etat n’ont pas clarifié la situation. Moi aussi j’attends des garanties. Nous devons être assurés que ce pour quoi nous luttons est bien l’écriture constitutionnelle. Paris doit dire sous quelle bannière la majorité présidentielle veut faire campagne.

Un donnant-donnant ?

Pas vraiment, les Européens n’étaient de toute façon pas dans le paquet de départ. Encore une fois, ce que nous recherchons, ce sont des signaux. Autonomie, pouvoir législatif, statut de résident, langue, prisonniers, sur tout cela, il y a des signes à envoyer. Le vote des électeurs nationalistes sera motivé par un positionnement sans ambiguïté en faveur des éléments considérés comme essentiels pour qu’un bon niveau d’engagement soit présent. Il reste encore quinze jours devant nous. C’est au gouvernement et à l’État de faire valoir leur position.

 
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