«C’était un très bon papa», le témoignage touchant des filles de la victime

«C’était un très bon papa», le témoignage touchant des filles de la victime
«C’était un très bon papa», le témoignage touchant des filles de la victime

Au lendemain du difficile rapport clinique du pathologiste, leur témoignage a permis de mettre un visage sur cet homme de 65 ans, « massacré » dans la nuit du 12 octobre 2020 à son domicile, rue Léon-Say, à Paul. Par leurs paroles touchantes, ils ont apporté un peu d’humanité à ce dossier qui en manque.

Le portrait qu’ils ont dressé de leur père, passé par l’École normale et le conservatoire, puis contraint d’abandonner l’enseignement à la suite d’un grave accident de moto, est bien loin des faits sordides jugés depuis lundi.

“C’était trop inconcevable”

Sans éviter les problèmes d’alcool dans lesquels Renaud Leprince a progressivement fini par sombrer. « Une alcoolémie diffuse », « à petite dose », qui n’a jamais rompu le lien affectif, assure l’aîné.

C’est à la suite d’un licenciement que Renaud Leprince « s’est mis à boire un peu trop, en se laissant aller » confie son ex-femme et mère de ses enfants. Le couple finit par se séparer. « Un divorce intelligent » commente leur fille.

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Pour cette femme comme pour ses filles, aujourd’hui âgées de 36 et 39 ans, l’annonce de sa « mort très violente » a été un « choc » terrible.

Le « deuxième choc », disent les deux sœurs, a été le rapport d’autopsie reçu par courrier recommandé. « Horrible, inimaginable » souffle le plus jeune. «C’était trop inconcevable pour que mon cerveau l’accepte», explique l’aîné, «ayant fait de l’apnée depuis quatre ans».

“J’étais heureux qu’il ait trouvé quelqu’un”

« Le troisième choc, poursuit-elle, c’est l’attitude de l’accusé. Elle leur reproche leur manque d’empathie.

“J’étais contente qu’il ait trouvé quelqu’un” confie l’aînée à propos de Leïla Abaiji que son père lui avait présentée comme son “amie”.

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Mais l’accusé a « abusé » de la « gentillesse » de cet homme qui vivait des minima sociaux et du soutien financier de sa mère. Leïla l’a même « dépossédé » un temps de son appartement.

Les filles l’ont découvert plus tard. «Quand il est revenu vivre avec grand-mère, il a dit que c’était parce qu’elle avait besoin de lui. En fait, il s’est caché chez elle pendant deux ans », explique l’un d’eux. « J’ai bien compris que c’était conflictuel avec Leila. Mais je n’avais aucune idée du niveau d’animosité.

“Il s’est laissé faire parce qu’il avait peur”

Ils découvrent la violence et l’humiliation que leur père aurait subi plus tard. “Tant qu’il était là-dedans, il le cachait.” « Il s’est laissé faire parce qu’il en avait peur » témoigne un voisin de Renaud Leprince. «C’était son gigolo. Elle a simplement taxé son argent » confirme un ancien ami « de rue » de Leïla. L’accusé le conteste fermement.

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«C’était un très bon papa», insiste la fille cadette de la victime, sans cacher s’être éloignée de l’adolescence en raison de son abus d’alcool. Vivant en Guyane depuis 2015, c’est par l’intermédiaire de sa sœur qu’elle a appris le décès de son père qu’elle n’avait plus pu revoir depuis l’été 2019 à cause du Covid. “C’était un effondrement total.”

Aujourd’hui, ils craignent de ne jamais connaître la vérité. «J’aimerais qu’ils admettent ce qu’ils ont fait. Mais j’ai déjà l’impression de comprendre que ce sera toujours vague. Ce sera quelque chose de plus à supporter… ».

“Je sais ce qui a déclenché cette chose”

« J’espère qu’ils avanceront, sortiront de ce cauchemar », dit leur mère à la barre. “Il est important pour nous de savoir comment nous en sommes arrivés là, ce qui a déclenché cette chose.”

«Cette histoire me dépasse, elle nous dépasse tous», confie en fin de journée Maxime Triboulet. Il « veut s’excuser » auprès des parties civiles. « Ce n’est pas parce que je ne laisse rien paraître que je ne ressens rien », assure-t-il. « Moi aussi, je me mets à leur place. »

“C’est le diable personnifié” confie l’ex-compagnon de l’accusé

Ce sont ses confidences qui ont mis les enquêteurs sur la piste de l’accusé. Mais ce témoin clé, qui entretenait une relation avec Leïla Abaiji au moment des faits, a tenu des propos confus, bien loin des attentes de la cour. Il ne sait plus si c’est le fils ou la mère qui lui a confié le crime. «Je ne savais pas si c’était vrai ou non. Mais tout ce que j’ai dit, je n’aurais pas pu l’inventer. C’est parce qu’ils me l’ont dit ! » En revanche, il se montre plus catégorique à propos de celle qui a partagé sa vie. « Trois années de souffrance et d’épreuves », dit-il. “J’étais sous son influence, elle me faisait peur” ajoute celle qui accuse Leïla d’avoir pris l’héritage de sa mère, soit 79 000 euros. “C’est le diable personnifié !” Elle m’a menti dès le premier jour où je l’ai connue», accuse ce témoin fragile, également condamné pour violences conjugales. Ses propos font pourtant écho à la relation décrite entre l’accusé et la victime. «Je pense qu’il avait un peu peur comme moi», a-t-il déclaré à propos de Renaud Leprince.

 
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