Le livre des records réécrit en un jour

Le livre des records réécrit en un jour
Le livre des records réécrit en un jour

Qui détient le record des ligues majeures pour la meilleure moyenne au bâton au cours d’une saison ?

Hugh Duffy.

En carrière ?

Ty Cobb.

La meilleure moyenne de puissance ?

Bébé Ruth.

C’était vrai – jusqu’à mercredi. Désormais, les trois records appartiennent à un seul joueur, un receveur peu connu des années 1930 dont vous n’avez probablement jamais entendu le nom, Josh Gibson. Comment est-ce possible ?

En effet, les ligues majeures viennent de fusionner leurs statistiques avec celles des Negro Leagues, une constellation de circuits professionnels dans lesquels ont joué les meilleurs joueurs racisés de 1920 à 1948. Ce fut notamment le cas de Josh Gibson, un athlète d’exception exclu des ligues majeures. à cause de la couleur de sa peau.

Cette reconnaissance est pleinement justifiée. Ce ne sont pas les noirs qui ont refusé de jouer sur le grand circuit. C’étaient les propriétaires des équipes des ligues majeures qui conspiraient pour leur barrer la route, par pur racisme. Car en termes de capacités, les noirs n’avaient rien à envier aux blancs. Au contraire.

Depuis que Jackie Robinson a brisé la barrière de la ségrégation en 1947, les joueurs formés dans les Negro Leagues connaissent un succès remarquable. À sa troisième saison, Robinson a remporté le prix du joueur le plus utile de son équipe. Peu de temps après, Roy Campanella l’a remporté trois fois. De 1949 à 1953, toutes les recrues de l’année du National étaient issues des Ligues Nègres. Même chose pour le meilleur défenseur de centre de l’histoire, Willie Mays. Et si Josh Gibson avait pu affronter les lanceurs des Red Sox et des Cardinals au sommet de sa carrière, n’ayez aucun doute : il les aurait dominés.

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PHOTO PIERRE MCCANN, ARCHIVES -

Willie Mays, à gauche, avec Jean Béliveau, lors d’un match au parc Jarry

Néanmoins, la fusion des statistiques sera controversée.

Mais peut-être pas pour les raisons que vous pensez.

* * *

Ce n’est pas la première fois que les ligues majeures intègrent a postériori statistiques des autres circuits. En 1969, ils reconnaissent le statut « majeur » de plusieurs circuits éphémères, comme la Ligue fédérale, dans laquelle joue la gloire de Farnham, le lanceur George LeClair.

Aujourd’hui, les Ligues nègres sont grandes. Bien plus grande que la Federal, ou l’obscure Ligue des joueurs de 1890. On parle ici de 2 300 joueurs de baseball, sur trois décennies. De quoi dépoussiérer un livre des records. C’est justement là que ça se complique.

Des ligues nègres, nous connaissons les lanceurs. Les frappeurs. Les équipes. Les étapes. Les historiens ont recueilli des tonnes de témoignages d’anciens joueurs, entraîneurs et supporters. Les ligues possèdent même leur propre musée à Kansas City. Leurs statistiques, en revanche, sont un peu brouillonnes.

Il faut comprendre le contexte de l’époque. Jusqu’en 1942, les matchs n’étaient ni télévisés ni radiodiffusés. Bien sûr, Internet n’existait pas. Pour savoir ce qui se passait sur le terrain, il fallait lire les journaux. Cependant, les quotidiens dirigés par des Blancs ne couvraient que peu – voire pas du tout – les activités des ligues noires. Impossible de compiler des statistiques à la main en lisant ces logs.

Heureusement, les médias de la communauté noire, comme Courrier de Pittsburgh et le Défenseur de Chicago, ont mieux documenté les activités de ces ligues. C’est dans leurs pages que les historiens ont pu retrouver des centaines de Le score de la boîtes, ces synthèses statistiques qui remplissaient autrefois les colonnes des rubriques sportives. Sauf que malgré tous les efforts des chercheurs, le portrait reste incomplet. Nous recherchons encore les résumés de 25% des jeux.

Parmi les résumés tracés, il a fallu séparer les matchs officiels des matchs d’exhibition. Croyez-moi, c’est plus facile à dire qu’à faire. Pour un projet personnel, j’ai compilé les résumés des ligues québécoises, de 1900 à 1920. Oui, mon amoureux est toujours avec moi. A la fin de chaque saison, mes calculs différaient des statistiques finales publiées dans -. En effet, les clubs ajoutaient souvent les données des matches de championnat à celles des défis qu’ils jouaient contre d’autres équipes dans les provinces. Dans les ligues nègres, ces matchs amicaux étaient nombreux. Ils représentaient une Source de revenus importante.

Pour les livres des records, les ligues majeures n’ont pris en compte que les statistiques des matchs officiels pour lesquels des données de qualité existent. Dans ces matchs, Josh Gibson a une moyenne au bâton de 0,373. C’est plus élevé que la note de 0,366 de Ty Cobb. Après, est-ce sa moyenne exacte sur l’ensemble de sa carrière ? Nous l’ignorons. De même, on ne sait pas combien de circuits il a réussi. En lisant les articles de l’époque, on peut conclure qu’il en a réalisé environ 800. C’est ce qui est écrit sur sa plaque au Hall of Fame. Hormis celui du nombre, seuls 166 figurent dans les résumés. C’est le chiffre qu’ont retenu les ligues majeures.

La méthode est-elle parfaite ?

Non.

Inachevé?

Absolument.

Mais je préfère les résultats fragmentaires au manque de reconnaissance qui prévaut depuis trop longtemps.

Une présence au Québec

Au retour de la Seconde Guerre mondiale, le Québec accueille plusieurs joueurs vedettes du baseball des ligues nègres. Parmi eux, Jackie Robinson, bien sûr, mais aussi Roy Campanella, Don Newcombe, Sam Jethroe, Dan Bankhead et Jim Gilliam (Royals de Montréal), John Wright et Roy Partlow (Trois-Rivières) et Quincy Trouppe (Drummondville).

 
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