“Nadal, c’est un film que j’ai regardé”, raconte Corentin Moutet

“Nadal, c’est un film que j’ai regardé”, raconte Corentin Moutet
“Nadal, c’est un film que j’ai regardé”, raconte Corentin Moutet

Nostalgie : peut-on prendre le bulldozer de Rafael Nadal en face sur le court Philippe Chatrier et passer quand même un bon moment ? Corentin Moutet, qui a affronté la bête au 2e tour de Roland-Garros en 2022, n’est pas loin de répondre par l’affirmative. Le Français raconte son expérience en central face à Rafa, à qui il rend également hommage pour tout son travail, au matin de son éventuel dernier match face à Alexander Zverev. Le tout avec une certaine poésie.

Un mot sur Rafael Nadal, pour qui c’est (probablement) le dernier Roland-Garros. Que gardez-vous de Rafa à Paris ?

Je n’ai pas regardé beaucoup de sport en grandissant. Mais j’ai allumé la télé pour regarder ses matchs. C’est le seul joueur avec Gaël Monfils que j’ai regardé à la télé. Pour moi, c’était un peu une fiction. Quand je jouais au tennis avec mes amis, je n’imaginais pas que ça pouvait être un métier, qu’on passerait des journées à faire ça. Nadal, c’est un film que j’ai regardé. J’ai grandi avec, évidemment ça a évolué.

Aujourd’hui, je ne suis plus fan de Nadal mais j’ai beaucoup de respect pour sa carrière. Ce qu’il a accompli est incroyable. C’est un tout. C’est difficile de croire qu’il va s’arrêter, j’ai l’impression que c’est une fiction, que c’est quelqu’un qui ne meurt jamais. Qu’il sera toujours là… Le tennis sans lui n’est pas pareil. J’ai commencé à jouer au tennis, il jouait et j’ai le sentiment qu’il jouera encore quand j’aurai fini. Il dégage une énergie quand il passe, il y a quelque chose de différent. Avoir joué avec lui est un accomplissement d’enfant.

Vous évoquez l’aura de Nadal. Certains disent qu’il repart déjà avec un set d’avance dans les couloirs de Chatrier lors de l’échauffement, lorsqu’il saute et trotte à côté de ses adversaires. Comment l’avez-vous vécu il y a deux ans lorsque vous y avez joué ici ?

J’ai vécu ce match avec les yeux que j’avais étant enfant. Si quand j’étais petit quelqu’un m’avait dit que je serais dans cette situation, entrer en central contre Nadal… Je l’aurais peut-être cru parce que j’étais un enfant et en tant qu’enfants nous voulons être Batman, nous ne sommes pas rationnels. Mais je me suis dit que ce match-là, je me suis dit que je n’avais pas le droit de mal faire ne serait-ce qu’une seconde, de le gâcher. Je ne pouvais pas perdre ce moment.

J’en ai rêvé sans penser que c’était possible, et aujourd’hui c’est possible. Je me suis dit « je dois tout faire, même le battre ». C’était une énorme opportunité que je méritais. Mais je voulais aussi briser le mythe. Je n’étais pas du tout impressionné quand j’étais à ses côtés avant le match. Je savais que nous allions jouer au tennis. C’est toujours un match de tennis. Je n’avais pas peur de perdre car mon objectif était de monter sur le terrain et d’honorer cet événement.

Rien ne vous a impressionné, ni son cérémonial ni la voix de Marc Maury annonçant les titres X de Rafa ?

Impressionné, non, mais c’est vrai que j’ai eu des frissons quand il l’a annoncé. J’ai vu tellement de fois cette scène, sans que ce soit moi au sol, que j’avais l’impression que c’était de la VR où on vous mettait dans quelque chose où l’on a envie d’être. Mais je suis content, j’ai cru en moi tout le match. Même à deux sets zéro, j’avais l’impression que je pouvais gagner, même si ce n’était probablement qu’une illusion. Je suis content d’avoir vécu et joué à 100% ce match devant un public qui m’a soutenu. Mes proches étaient là, on avait beaucoup de places, donc beaucoup de mes proches étaient là… J’ai joué mon match. Quand je lui ai serré la main, je n’avais aucun regret autre que d’avoir perdu.

Le gars est-il aussi gentil qu’on le dit ?

Oui, mais je ne le connais pas personnellement. La poignée de main était agréable. Je suis content de l’avoir joué alors qu’il jouait bien. Je serais super heureux de le jouer cette année aussi, mais je suis content parce que j’ai joué le Nadal que j’ai regardé à la télé.

 
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