au Burundi, les inondations plongent la population dans le désarroi

au Burundi, les inondations plongent la population dans le désarroi
au Burundi, les inondations plongent la population dans le désarroi

Le Burundi poursuit sa longue descente aux enfers : économie en berne, inflation, pénurie d’essence, tensions avec les voisins (fermeture de la frontière avec le Rwanda) et, depuis septembre, pluies torrentielles qui ont gonflé la rivière Rusizi qui se jette dans le lac Tanganyika, le deuxième plus grand lac d’Afrique, dont le niveau flirte aujourd’hui avec les hauteurs atteintes lors de la crue record de 1962, provoquant de graves inondations qui ont déjà touché au moins 200 000 personnes.

Au total, entre septembre et le 7 avril, «203 944 personnes ont été touchées » par des inondations, des glissements de terrain, des vents violents et de la grêle, ont expliqué dans un communiqué le ministre de l’Intérieur, Martin Niteretse, et la coordonnatrice résidente du système des Nations Unies au Burundi, Violet Kenyana Kakyomya.

Le gouvernement du président Évariste Ndayishimiye, alias Neva, trop empêtré dans les luttes internes et la corruption, est incapable de gérer ces crises à répétition.

« Tous les fléaux s’abattent sur le Burundi »

Les crocodiles et les hippopotames menacent

Dans la zone de Gatumba qui longe la rivière Rusizi, proche de la frontière avec la République démocratique du Congo, un bras de fer s’est installé entre les habitants et le gouvernement qui veut les contraindre à se déplacer. “De gré ou de force, les habitants de Gatumba doivent être relogés », a expliqué sur la radio BBC Anicet Nibaruta, président de la Plateforme nationale pour la prévention des risques et la gestion des catastrophes. “L’État ne peut pas accepter que des personnes continuent d’être tuées par des animaux. Sept personnes sont déjà mortes, dont deux tuées par des crocodiles et cinq autres par des hippopotames. Gatumba est invivable. Et personne ne peut dire qu’il est capable d’y vivre aujourd’hui. Tout est inondé : les écoles, les infrastructures de santé, etc.

« Les témoignages des habitants de certaines localités sont terrifiants, explique un expatrié basé à Bujumbura. Des crocodiles et des hippopotames parcourent les rues inondées. Les habitants doivent être prudents lorsqu’ils ouvrent la porte de leur maison où l’eau s’est infiltrée, atteignant parfois un mètre de hauteur. Ces animaux sont devant chez eux. Chaque semaine, des gens sont retrouvés morts, déchiquetés. ».

Cependant, la plupart des habitants refusent de quitter leur logement et leurs parcelles. Le gouvernement avait promis, en 2021, de construire des digues mais rien n’a jamais été fait. Les lieux d’hébergement des populations déplacées ont été choisis mais rien n’est prêt pour les accueillir.

Le retour du choléra

« L’eau a déjà détruit les maisons, nous n’avons plus de toilettes, nous craignons des risques de maladies à cause de l’insalubrité », expliquait récemment un riverain. Ce jeudi 23 mai, le Ministère de la Santé Publique du Burundi a annoncé sur son compte X (anciennement Twitter) que 45 personnes sont hospitalisées dans la commune de Bujumbura souffrant du choléra. Depuis 2023, la mairie de Bujumbura a été confrontée à 631 cas de choléra, dont 3 décès.

Pour Anselme Katiyunguruza, secrétaire général de la Croix-Rouge du Burundi, la montée des eaux du lac Tanganyika fait évidemment partie des facteurs de propagation de cette épidémie.

« Nous avons lancé une campagne de pulvérisation à Bujumbura et ses environs dans les zones touchées par les inondations. Nous désinfectons là où le niveau d’eau a un peu baissé pour tuer les bactéries présentes”explique-t-il dans des entretiens avec les médias burundais.

Menace d’isolement

« Logiquement, la période pluvieuse se termine fin mai », explique un habitant de Bujumbura. “Mais la situation sanitaire ne va pas s’améliorer. Au contraire, avec le déclin, il faut s’attendre à une explosion des maladies. Les cas de choléra vont monter en flèche. Il n’y a pas d’eau courante dans la plupart des régions et le pays n’a pas les ressources financières pour mettre en place un véritable plan de lutte contre les conséquences de ces inondations..

« Au Burundi, les inondations menacent mais les autorités ne sont pas concernées »

Même l’aéroport international de Bujumbura a vu une partie de ses pistes affectées par ces inondations. “Nous avons craint un temps de devoir le fermer partiellement, explique un autre habitant de Bujumbura. Avec la fermeture de la frontière rwandaise, avec la guerre à notre frontière en RDC, si l’aéroport était fermé, le pays serait complètement isolé ce qui serait une catastrophe ».

Face à ces crises, le gouvernement semble paralysé, incapable de répondre aux besoins fondamentaux de la population, de freiner l’inflation qui atteint des niveaux records et qui touche tous les biens de consommation dont la farine, le sucre et le sel. “Le Burundi est en phase de survie. Il attend l’aide internationale et le président Ndayishimiye est de plus en plus coupé de la réalité quotidienne des Burundais. Il présente son pays comme un paradis sur terre, alors que nous sommes en enfer. Les inondations ne font qu’accentuer la chute vertigineuse d’un pays qui ne semble disposer d’aucun levier pour sortir de ce cycle inhumain. conclut un habitant de Bujumbura qui craint un raidissement politique. “Le mécontentement est total. le pouvoir le sait et n’a que la terreur pour se maintenir en place.

 
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