« A Caen, je veux que mon musée soit un atrium qui accueille tout le monde »

« A Caen, je veux que mon musée soit un atrium qui accueille tout le monde »
« A Caen, je veux que mon musée soit un atrium qui accueille tout le monde »
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L’homme d’affaires et collectionneur Jean-Claude Gandur, à Genève, en mai 2017. TISSU COFFRINI/AFP

A 75 ans, Jean-Claude Gandur n’a rien perdu du sourire gourmand du chasseur. Ses yeux pétillent lorsqu’il raconte l’histoire d’une cassette recouverte d’émaux de Limoges, offerte par François Ier.euh à Henri VIII, ou les pérégrinations d’un tableau du mouvement Gutaï acheté à un patron de discothèque du sud de la France. Dans son pied-à-terre parisien, les antiquités romaines côtoient les tableaux des peintres Georges Mathieu (1921-2012) et Hans Hartung (1904-1989), deux précurseurs de l’abstraction française d’après-guerre. – parmi ces derniers, il possède pas moins de vingt-sept œuvres.

Lire la critique (en 2011) : Jean-Claude Gandur, une aubaine pour l’art en Suisse

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Dans cinquante ans, l’homme d’affaires suisse, dont la fortune est estimée à 2 milliards de francs suisses par le magazine économique Bilana accumulé une impressionnante collection de 3’800 œuvres, basées sur l’archéologie et la peinture européenne des années 1960-1970, hébergées depuis 2010 dans une fondation genevoise.

Après avoir initialement voulu faire don de cet ensemble au Musée d’art et d’histoire de Genève, il rencontre l’échec du projet architectural de Jean Nouvel, suite à des considérations politiques locales, et se lance dans des prospections en France, où sept villes se pressent pour l’accueillir. Fin 2023, seules les communes de Caen, Bordeaux et Strasbourg restaient en lice, avant que la première ne l’emporte.

Pourquoi avez-vous finalement choisi d’implanter votre musée en Normandie, à Caen, la plus peu peuplée des trois villes finalistes ?

Caen est un lieu d’histoire, qui a eu une importance capitale dans celle de l’Europe, depuis l’époque des Plantagenêts, au XIIee siècle, jusqu’au Débarquement, lors de la Seconde Guerre mondiale. La ville, qui attire un million de visiteurs sur les plages du Débarquement, a fait de la culture un élément d’attractivité majeur.

J’ai trouvé devant moi des gens qui faisaient tout leur possible pour que je me sente chez moi. Le soutien de l’ensemble du conseil municipal, quelle que soit l’orientation politique, m’a rassuré. Le maire de Caen [Joël Bruneau, Les Républicains] propose à l’association qui gérera le futur musée un terrain de 51 000 mètres carrés, à proximité du Mémorial, dans un parc très verdoyant. La ville a proposé de redessiner la route et de réduire la circulation automobile, pour relier harmonieusement cette parcelle avec la colline aux Oiseaux voisine.

Pourquoi créer un musée après avoir montré différentes facettes de vos collections à travers des expositions ?

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