une étude prouve que le rejet d’eaux industrielles dans le bassin de Lacq provoque des tremblements de terre

une étude prouve que le rejet d’eaux industrielles dans le bassin de Lacq provoque des tremblements de terre
une étude prouve que le rejet d’eaux industrielles dans le bassin de Lacq provoque des tremblements de terre

Les Pyrénées constituent une zone sismique particulièrement marquée en France ; Chaque année, des dizaines de séismes s’y produisent, le dernier exemple en date mardi 21 mai avec un séisme d’une magnitude comprise entre 4,1 et 4,7 dont l’épicentre se trouvait dans les Hautes-Pyrénées, près de Bagnères-de-Bigorre. Cette sismicité naturelle est due à la confrontation entre deux plaques tectoniques : la plaque ibérique et la plaque eurasienne.

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Les Pyrénées constituent une zone sismique particulièrement marquée en France ; Chaque année, des dizaines de séismes s’y produisent, le dernier exemple en date mardi 21 mai avec un séisme d’une magnitude comprise entre 4,1 et 4,7 dont l’épicentre se trouvait dans les Hautes-Pyrénées, près de Bagnères-de-Bigorre. Cette sismicité naturelle est due à la confrontation entre deux plaques tectoniques : la plaque ibérique et la plaque eurasienne.

Mais, depuis plusieurs années, une autre zone sismique, très marquée autour du bassin de Lacq – haut lieu d’activité industrielle où a longtemps été exploité le plus grand gisement de gaz naturel du pays – dans les Pyrénées-Atlantiques, intrigue les scientifiques. Notamment parce que cet ensemble de séismes (des centaines chaque année depuis 1969, dont certains ont été ressentis par la population) s’écarte de la sismicité naturelle de la chaîne des Pyrénées qui s’étend plus au sud.

Une cause humaine était donc suspectée mais n’avait jamais été clairement identifiée. À première vue, c’était l’extraction intense de gaz du réservoir profond, aujourd’hui terminée, qui semblait être le coupable idéal.

Magnitudes supérieures à 2,4

En 2021, un consortium de chercheurs français et allemands – impliquant l’Université de Pau et sous la direction de l’enseignant-chercheur Jean Letort, de l’Université Toulouse III – Paul Sabatier, – s’est sérieusement penché sur la question. Le résultat de leur étude, publié jeudi 23 mai dans le « Geophysical Journal International » (1), est sans appel : cette activité sismique est en fait due aux eaux usées des activités industrielles, injectées dans le réservoir souterrain.

« Un réseau d’une quinzaine de capteurs sismologiques a été déployé autour de Lacq afin de mieux localiser ces séismes provoqués. Ils se déclenchent dans et sous le réservoir profond, la plupart entre quatre et cinq kilomètres de profondeur », explique Laeticia Jacquemond, auteure principale de l’étude. Plusieurs centaines de microséismes ont été détectés en trois ans, ce qui a permis leur localisation et leur analyse précise. Les magnitudes observées dépassaient parfois la valeur de 2,4 sur l’échelle de Richter.

Un accès difficile à l’information

Jean Letort souligne le manque d’instrumentation dans la région de Lacq depuis les années 2000, l’importance d’une surveillance continue et « la nécessité d’études plus approfondies sur la prévision de l’aléa et du risque sismique. Et ce, notamment sur l’élaboration de modèles de prévision de la sismicité en fonction des débits et des volumes d’injection, qui nécessite d’accéder à des informations détaillées sur les opérations d’injection et les propriétés des réservoirs. » Autrement dit, autant d’informations auxquelles les scientifiques n’ont pas pu accéder.

Toutes les données compilées au cours de cette étude ont été rendues publiques pour soutenir les travaux futurs. « Il s’agit d’un enjeu essentiel pour la gestion des injections d’eaux usées mais aussi pour les projets de géothermie profonde et de séquestration du dioxyde de carbone, afin d’évaluer au mieux l’aléa et le risque associés à ces projets », informe l’Université de Toulouse III.

(1) L’étude complète (en anglais) est librement accessible ici : Academic.oup.com/gji/article/238/1/214/7637801

 
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