L’ONU crée une journée de commémoration du génocide de Srebrenica, fustigé par les Serbes – Libération – .

L’ONU crée une journée de commémoration du génocide de Srebrenica, fustigé par les Serbes – Libération – .
L’ONU crée une journée de commémoration du génocide de Srebrenica, fustigé par les Serbes – Libération – .

La résolution, décriée par les nationalistes serbes, a recueilli ce jeudi 23 mai 84 voix pour, 19 contre et 68 abstentions.

L’Assemblée générale de l’ONU a créé ce jeudi 23 mai une Journée internationale de commémoration du génocide de Srebrenica, en Bosnie-Herzégovine, malgré la colère de Belgrade et du leader des Serbes de Bosnie, qui refusent toujours de le reconnaître. La résolution, préparée par l’Allemagne et le Rwanda, deux pays marqués par d’autres génocides au XXe siècle, a recueilli 84 voix pour, 19 contre et 68 abstentions.

“Cette résolution vise à encourager la réconciliation, aujourd’hui et pour l’avenir”, a justifié l’ambassadeur allemand Ante Leendertse, insistant sur le rôle de l’ONU pour garantir que les crimes du passé ne se reproduisent pas. Ce vote est, “pour les survivants, une preuve supplémentaire que nous ne sommes pas seuls dans notre mission de préservation de la vérité”, Almasa Salihovic, porte-parole du Centre commémoratif de la ville, a souligné à Srebrenica. « Nous devons envoyer le message que nous pouvons vivre ensemble, mais nous devons parfois accepter les aspects les plus amers de l’histoire, à savoir que le génocide a été commis au nom d’un peuple contre un autre. Nous devons l’accepter pour que cette société puisse guérir. » elle a insisté.

Le 11 juillet 1995, quelques mois avant la fin du conflit intercommunautaire qui fait rage en Bosnie depuis trois ans, les forces serbes de Bosnie commandées par le général Ratko Mladic prennent la ville de Srebrenica. Dans les jours suivants, environ 8 000 hommes et adolescents musulmans ont été exécutés. Ce massacre, le pire meurtre perpétré en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, a été qualifié de génocide par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) et la Cour internationale de Justice (CIJ). Il s’agit donc d’un “faire” incontestable, soutenons les partisans de la résolution.

Ce qui reste cependant contesté. “Il n’y a pas eu de génocide” Le dirigeant serbe de Bosnie, Milorad Dodik, a martelé ce jeudi depuis Srebrenica, prévenant par avance la communauté internationale qu’il rejetterait la résolution. « Nous vous disons tout de suite que nous ne l’accepterons pas. Il ne sera pas inscrit dans les programmes scolaires et nous ne commémorerons pas le 11 juillet.

Un rempart contre le « révisionnisme persistant »

Un an avant le 30e anniversaire du massacre, la résolution proclame donc le 11 juillet « Journée internationale de réflexion et de commémoration du génocide commis à Srebrenica en 1995 ». Le texte condamne également « sans réserve aucune négation de l’historicité du génocide commis à Srebrenica » Et «des actes qui glorifient ceux qui ont été reconnus coupables» de ces crimes. Cette résolution est « d’autant plus important compte tenu du révisionnisme persistant […] et discours de haine » de certains dirigeants politiques de la région, a commenté le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk.

Le président serbe Aleksandar Vucic, en déplacement à New York, a dénoncé une résolution « hautement politique ». Elle « va rouvrir de vieilles blessures et causer des ravages politiques, non seulement dans notre région, mais aussi ici », à l’ONU, a-t-il déclaré, assurant rendre hommage à « toutes victimes des conflits en Bosnie, Serbes et Bosniaques ». Les auteurs du texte voulaient « stigmatiser le peuple serbe, il n’a pas réussi, il ne réussira jamais », a-t-il ajouté, enveloppé dans le drapeau serbe, remettant en question la légitimité d’un vote ayant recueilli moins de voix pour que le total des voix contre et des abstentions.

Si tous les pays de l’ex-Yougoslavie, à l’exception de la Serbie, ont voté pour, de nombreux pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine se sont abstenus. L’Union européenne, de son côté, a exposé ses divisions, la Hongrie votant contre et plusieurs de ses membres s’abstenant, comme la Grèce, Chypre et la Slovaquie. Dans ce contexte tendu, l’UE avait souligné avant le vote que “Quiconque essaie de remettre en question [le génocide de Srebrenica] n’a pas sa place en Europe.

 
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