L’expansion de la mine de bauxite de Rio Tinto menace la biodiversité en Amazonie

Enquête a mis la main sur le projet de recommandation visant à exclure Rio Tinto du portefeuille d’investissement du Fonds souverain norvégien, le plus grand fonds au monde. Selon ce document, le Conseil d’éthique du pays considère que l’expansion d’une mine de bauxite, dans la forêt amazonienne intacte, présente un risque inacceptable pour la biodiversité. Cela contreviendrait aux directives de la banque norvégienne qui détient 2,15% des actions de Rio Tinto, une participation valant plusieurs milliards.

Le minerai extrait en Amazonie par la société minière Rio do Norte (MRN), une coentreprise détenue à 22 % par Rio Tinto, approvisionne les alumineries du Québec depuis 1979. Dans le projet de 12 pages envoyé à la multinationale en janvier dernier, le Conseil l’éthique établit qu’elle contribue à de graves dommages environnementaux qui entraîneront une perte de biodiversité dans une vaste zone intacte de la forêt tropicale et des changements irréversibles dans un écosystème unique et complexe.

Compte tenu de l’étendue de la mine actuelle et des nouveaux plateaux miniers du projet Novas Minas qui devraient ouvrir à partir de 2026, l’organisme qui agit en tant qu’organisme de surveillance des investissements en Norvège calcule que la zone perturbée de la forêt amazonienne aura une superficie totale de ​plus de 1000 km2.

L’équipe deEnquête a récemment gravi les échelons de la chaîne d’approvisionnement en aluminium du Québec (Nouvelle fenetre) à cette mine de bauxite en Amazonie et a constaté l’ampleur des impacts de ces opérations sur l’environnement et les populations locales. Deux semaines après la diffusion du reportage, le le journal Wall Street a rapporté que Rio Tinto risquait de se désinvestir du Fonds norvégien en raison d’allégations de déforestation en Amazonie.

Le transport du minerai est incessant.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Dans la recommandation préliminaire obtenue par Enquêtele Conseil d’éthique soutient que les zones ciblées pour l’exploitation de nouveaux gisements doivent être préservées. La forêt tropicale intacte est considérée comme irremplaçable pour la conservation de la biodiversitéil écrit.

L’organisation établit que la superficie affectée par l’expansion de la mine sera de 100 km2, sans compter la zone plus vaste qui subit les effets de la déforestation. La suppression de la végétation entraîne inévitablement une perte d’habitat, une perte de connectivité au sein des nouvelles hautes terres et une fragmentation accrue des forêts. Par conséquent, la zone de perturbation est nettement plus vaste que la simple superficie des plateaux défrichés.écrit le Conseil d’éthique.

Rio Tinto insiste cependant sur le fait qu’elle fait 64 km2 et que % des zones minières est prévu une fois le plan de fermeture de la mine mis en œuvre”,”text”:”100% de réhabilitation des zones minières est prévue une fois le plan de fermeture de la mine mis en œuvre”}}”>Une réhabilitation à 100% des zones minières est prévue une fois le plan de fermeture de la mine mis en œuvre.

L’Amazonie en danger

L’Amazonie est au cœur de la lutte mondiale contre le changement climatique puisqu’elle agit comme un puits de carbone nécessaire à la régulation climatique. Cette région est également durement touchée par le réchauffement climatique et a connu l’année dernière la pire sécheresse de son histoire.

Le Conseil d’éthique craint que l’expansion de la mine de bauxite n’accélère le point de basculement qui placerait l’Amazonie dans un état permanent de savane.

>>>>

Ouvrir en mode plein écran

En jaune, les secteurs déjà exploités ; en rose, l’agrandissement de la mine à partir de 2026 ; en marron, d’autres gisements pour de futures mines.

Photo : Radio-Canada

Il estime que les mesures d’atténuation liées à l’exploitation minière sont insuffisantes, malgré des progrès significatifs en matière de reboisement et de restauration. Entre 1984 et 2020, le MRN a réussi à réhabiliter environ 54 km2 sur les 93,5 km2 initialement déboisés.

Le MRN déploie des efforts importants pour développer des méthodes de pointe pour restaurer les sites de bauxite exploités. En utilisant des semences et des graines locales, il est possible de créer un écosystème où plusieurs espèces originales sont représentées. Cependant, il s’agit toujours d’un écosystème différent de celui qui existait avant la perturbation.souligne l’organisation dans son projet de recommandation visant à exclure Rio Tinto du Fonds souverain norvégien.

Les espèces menacées

Le Conseil cite une étude approfondie des mammifères qui révèle la présence de 29 espèces uniques à cette région de l’Amazonie, ainsi que 14 espèces menacées d’extinction. Ces animaux comprennent la loutre géante, le tapir brésilien et le tamarin à face nue.

Dans sa missive adressée à Rio Tinto, le Conseil d’éthique rappelle que les écosystèmes forestiers amazoniens, avec leurs espèces uniques, se sont développés sur des millions d’années et que les perturbations provoquées par la mine sont susceptibles d’entraîner des changements irréversibles.

Il semble y avoir un consensus parmi les scientifiques sur le fait que les forêts tropicales anciennes intactes sont irremplaçables pour la conservation de la biodiversité et qu’il est donc crucial de laisser ces zones intactes.

>>>>

Ouvrir en mode plein écran

Un pêcheur du lac Batata en Amazonie.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Rio Tinto défend les pratiques du MRN

Depuis octobre 2023, la multinationale Rio Tinto interagit avec le Conseil d’éthique de la Banque de Norvège pour exprimer son point de vue. Après avoir reçu les détails de la recommandation d’exclusion provisoire, l’entreprise a pu fournir des commentaires et des informations supplémentaires pour influencer la décision finale.

Interrogé à ce sujet, le porte-parole du géant minier, Simon Letendre, a répondu à Radio-Canada queEn tant qu’actionnaire minoritaire de MRN, Rio Tinto continue de soutenir l’amélioration de la performance environnementale et sociale de MRN par l’intermédiaire de son conseil d’administration et de ses comités, et en fournissant une assistance technique..

>>Opérations minières dans la forêt amazonienne.>>

Ouvrir en mode plein écran

La société minière doit raser la forêt amazonienne pour en extraire la bauxite.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

MRN réalise des travaux de reboisement très importants, en appliquant ce que nous considérons comme les meilleures pratiques de l’industrie, et opère dans le strict respect des lois et réglementations brésiliennes, allant dans de nombreux cas au-delà de ce qui est requis. Nous poursuivons notre dialogue avec le Conseil d’éthique sur cette question importanteil écrit.

Les actionnaires du MRN ont convenu qu’un plan détaillé et un processus de gestion de l’impact du développement du projet de la zone Ouest sur l’environnement, les parties prenantes, les communautés et les peuples autochtones soient élaborés de manière à promouvoir les meilleures pratiques.Rio Tinto a déclaré à l’organisation.

Année après année, la majorité des entreprises examinées par le Conseil norvégien ne sont pas exclues du Fonds souverain après un long dialogue.

>Bannière d'enquête.>
 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV Atteindre Joe Biden par l’intermédiaire de son fils, une stratégie risquée pour Donald Trump
NEXT Le non-respect de cette règle à vélo provoque un accident sur trois