Un bombardier furieux de l’arrivée de Boeing au Québec

Un bombardier furieux de l’arrivée de Boeing au Québec
Un bombardier furieux de l’arrivée de Boeing au Québec

Bombardier accepte difficilement que les gouvernements Legault et Trudeau accueillent Boeing à bras ouverts, accusant le géant américain «d’avoir très récemment mis en péril l’industrie aéronautique du Québec».

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«Nous sommes surpris de voir les deux gouvernements prioriser et applaudir si fortement une multinationale étrangère qui bénéficie déjà de contrats importants de son pays d’origine, en plus d’avoir très récemment mis en péril l’industrie aéronautique du Québec», affirme Bombardier dans un communiqué. envoyé à Journal.

L’entreprise québécoise fait ainsi référence aux démarches entreprises par Boeing en 2017 pour obtenir de Washington l’imposition de droits de douane de 300 % sur les avions C Series construits à Mirabel. Très critiquée, cette offensive de Boeing avait durement ébranlé Bombardier.

«On se retrouve aujourd’hui dans un contexte où la main d’œuvre aéronautique se raréfie de plus en plus», poursuit l’avionneur québécois. L’arrivée de nouveaux acteurs via un soutien direct ou indirect risque de créer de nouvelles pressions sur les entreprises québécoises.

Boeing ne recevra pas de soutien financier direct des gouvernements pour s’implanter ici, mais bénéficiera de la création de l’Espace Aéro, une nouvelle « zone d’innovation » dans laquelle Québec investira 85 millions de dollars et dont Bombardier sera également membre.

« Un cadeau à Boeing »

Mehran Ebrahimi, professeur spécialisé en aéronautique à l’UQAM, se réjouit de la promesse de Boeing d’investir 240 millions de dollars au Québec, dont 110 millions de dollars pour le développement d’Espace Aéro. Il n’est cependant pas dupe.

“On peut avoir l’impression que c’est Boeing qui nous fait un cadeau, mais en fait, c’est nous qui faisons un cadeau à Boeing”, dit-il, rappelant que l’avionneur américain est en crise. depuis 2019 en raison de divers problèmes de sécurité et de qualité.

« Boeing investit 240 millions de dollars, c’est très, très bien. […] Mais il ne faut pas penser qu’ils étaient gentils. Ils viennent, en quelque sorte, bénéficier de notre expertise qui est très avancée et à moindre coût que s’ils allaient en Europe ou aux Etats-Unis », ajoute M. Ebrahimi.

L’expert souligne qu’en réaction à l’attaque de Boeing contre le C Series de Bombardier, Ottawa a mis en place, en 2017, une directive qui complique l’attribution de contrats fédéraux à l’entreprise américaine.

Des « retombées » à double tranchant

Cela n’a toutefois pas empêché le gouvernement Trudeau d’accorder, l’an dernier, un contrat privé de 8 milliards de dollars à Boeing pour l’achat de 14 avions de surveillance – une commande que Bombardier lorgnait.

L’investissement de Boeing annoncé mardi fait partie des retombées économiques que l’entreprise s’est engagée à générer au Canada pour obtenir ce contrat.

Pour Bombardier, la question des avions de surveillance est donc doublement douloureuse : non seulement l’entreprise québécoise n’a pas pu soumissionner pour le contrat, mais en plus, Boeing débarque sur ses terres, augmentant la concurrence pour la main-d’œuvre. aéronautiques.

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