CPI : il ne faut pas mettre le Hamas et Israël sur un pied d’égalité, dit Trudeau

Le premier ministre Justin Trudeau affirme que le Canada « respecte » la Cour pénale internationale (CPI), mais estime que les demandes simultanées de mandats d’arrêt lancées par le procureur Karim Khan contre les dirigeants du Hamas et d’Israël sont « problématiques ».

IPC est indépendante et nous suivrons son travaila déclaré M. Trudeau lors d’un point de presse en marge d’une visite à Philadelphie, en Pennsylvanie.

Il est important que tout le monde [respecte] le droit international dans n’importe quelle situation, mais je tiens quand même à souligner que je trouve vraiment problématique qu’il y ait une suggestion d’équivalence entre les dirigeants élus d’un pays démocratique, comme Israël, et les dirigeants du groupe terroriste meurtrier Hamas.

Une citation de Justin Trudeau, premier ministre du Canada

je ne pense pas que ce soit utileil ajouta.

Plus tôt dans la journée, sa vice-première ministre Chrystia Freeland avait également suggéré que le IPC avait mis Israël et le Hamas sur un pied d’égalité, sans toutefois expliquer son raisonnement. Les raisons invoquées par le procureur pour justifier ses demandes ne sont en effet pas identiques.

Le procureur Karim Khan a annoncé lundi avoir demandé des mandats d’arrêt contre MM. Netanyahu et son ministre de la Défense, Yoav Gallant, pour des crimes tels que affamer délibérément des civils, homicide volontaire Et extermination et/ou meurtre dans le cadre de l’opération israélienne à Gaza.

Le procureur du IPC a également demandé des mandats d’arrêt contre trois hauts responsables du Hamas − Ismaïl Haniyeh, Mohammed Deif et Yahya Sinouar − pour notamment extermination, viol et autres formes de violence sexuelle Et prise d’otage comme crime de guerre lié à l’attentat perpétré par le mouvement islamiste le 7 octobre en Israël.

La vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland, a qualifié d’« hypothétique » une question sur l’exécution des mandats d’arrêt s’ils étaient émis par la CPI.

Photo : - Canadienne / Adrian Wyld

Pour le Canada, il n’est pas correct de faire une équivalence entre les dirigeants d’une organisation terroriste et les dirigeants élus d’une démocratie.

Une citation de Chrystia Freeland, vice-première ministre du Canada

Mélanie Joly n’y voit aucune “équivalence”

Interrogée à son tour, la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a porté un jugement différent, affirmant qu’il n’y avait pas lieu de faire un équivalence entre le Hamas et Israël, parce que d’un côté il y a une organisation terroriste, et de l’autre il y a un État.

Dans le même temps, les accusations portées [par le procureur de la CPI] sont différents contre les deux partiesvoulait-elle ajouter.

Toutes les parties doivent respecter le droit international, y compris le droit international humanitaireMme Joly l’a déclaré aux journalistes à Ottawa. Nous demandons aux parties de le faire depuis des mois et nous continuerons donc à suivre le processus de très près.

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La ministre canadienne des Affaires étrangères, Mélanie Joly, répond aux questions des journalistes à Ottawa.

Photo : - Canadienne / Adrian Wyld

On a demandé si le Canada exécuterait les mandats d’arrêt s’ils sont émis par le IPCelle a qualifié la question dehypothétiquemais a réaffirmé que son gouvernement procédure engagée devant la Cour pénale internationale », « texte » : « respectera la procédure engagée devant la Cour pénale internationale »}} »>respectera le processus engagé devant la Cour pénale internationale. Nous le respecteronselle a insisté.

Notre position est claire : la Cour pénale internationale est indépendante, le processus est indépendant et le Canada respectera le processus.

Une citation de Mélanie Joly, ministre des Affaires étrangères du Canada

Dernier pays du G7 à réagir

Le Canada est le dernier pays du G7 à réagir à cette demande de mandats d’arrêt contre M. Netanyahu. Lundi, les Etats-Unis, l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni ont tous critiqué le procureur du IPC avoir fait demandes simultanées pour les dirigeants israéliens et les responsables du Hamas.

Le président américain Joe Biden a été le plus dur, qualifiant la décision de M. Khan de scandaleuxtandis que son chef de la diplomatie, Antony Blinken, le décrivait comme honteux l’annonce du procureur de la IPCcroyant qu’elle pouvait pourparlers de compromis sur le cessez-le-feu à Gaza.

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Des gens passent devant des bâtiments détruits dans une rue de Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 14 mai 2024.

Photo : Getty Images

Les États-Unis ne font pas partie du IPC et ont longtemps rejeté sa compétence sur les États non membres. Le gouvernement américain s’est toutefois abstenu de menacer le IPC des sanctions, comme l’a fait Donald Trump lorsqu’il était président contre un procureur de la Cour. Interrogé par un sénateur à ce sujet, M. Blinken a répondu que l’administration Biden étudiait un réponse appropriée au IPC.

La France, quant à elle, est le pays du G7 qui a accueilli le plus favorablement la demande de mandats d’arrêt, affirmant soutenir le IPCson indépendance et la lutte contre l’impunité dans toutes les situations. Mardi, le ministre français des Affaires étrangères a toutefois souligné que le les demandes simultanées de mandats d’arrêt ne doivent pas créer d’équivalence entre le Hamas et Israël.

Le Japon, pour sa part, était le pays du G7 le plus prudent, affirmant suivre la situation avec beaucoup d’intérêt dans la région, en attendant la décision des juges du IPC après avoir examiné les éléments de preuve ayant mené à la décision de M. Khan.

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Le procureur général de la Cour pénale internationale, Karim Khan

Photo : Reuters / PIROSCHKA VAN DE WOUW

En Israël, M. Netanyahu a déclaré lundi rejeter avec dégoût les mandats d’arrêt demandés par le procureur de la IPCtandis que son ministre de la Défense, également visé, a qualifié mardi de méprisable et méprisabletentative du procureur Karim Khan.

L’annonce du procureur IPC doivent encore être examinées par la Chambre préliminaire de la Cour, qui décidera de délivrer ou non des mandats d’arrêt. La demande est désormais transmise à un panel de trois juges qui décideront si les preuves répondent aux normes requises pour délivrer des mandats. Une telle décision nécessite généralement au moins un mois pour être prise, mais pourrait prendre plus de temps compte tenu du caractère sensible du dossier.

Si les juges du IPC ont décidé d’émettre ces mandats d’arrêt, en théorie, les 124 Etats membres de cette cour seraient obligés d’arrêter les personnes visées si elles visitaient leur territoire.

IPC ne dispose pas de force de police pour faire respecter ses mandats et compte sur la volonté de ses États membres pour prendre les mesures nécessaires.

Avec les informations de l’Agence France-Presse

 
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