La Chine menace le nouveau président taïwanais de « représailles » – 21/05/2024 à 21h02

La Chine menace le nouveau président taïwanais de « représailles » – 21/05/2024 à 21h02
La Chine menace le nouveau président taïwanais de « représailles » – 21/05/2024 à 21h02

Le nouveau président de Taiwan Lai Ching-te lors de son investiture le 20 mai 2024 à Taipei (AFP / Sam YEH)

La Chine a qualifié mardi le discours d’investiture prononcé la veille par le nouveau président taïwanais Lai Ching-te d’« admission de l’indépendance de Taiwan » et l’a menacé de « représailles ».

Ce discours « peut être décrit comme un véritable aveu de l’indépendance de Taiwan », selon un communiqué du Bureau chinois des affaires de Taiwan publié dans la soirée, évoquant de futures « représailles ».

M. Lai, que Pékin a qualifié par le passé de « séparatiste dangereux », a prêté serment lundi sur l’île. Il a promis d’y défendre la démocratie face aux menaces chinoises et a appelé la Chine à « mettre fin à ses intimidations politiques et militaires ».

Il a également évoqué directement le risque de guerre après des années de pression croissante de la Chine pour mettre Taiwan sous son contrôle.

Les séparatistes taïwanais « seront au pilori de la honte pour l’histoire », a commenté mardi le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, selon un communiqué de son ministère.

Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de l’Organisation de coopération de Shanghai, le 21 mai 2024 à Astana, Kazakhstan (AFP / STRINGER)

“La trahison de Lai Ching-te envers sa nation et ses ancêtres est honteuse”, a ajouté le ministre lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de l’Organisation de coopération de Shanghai.

« Mais quoi qu’ils fassent, ils ne pourront pas empêcher la Chine de parvenir enfin à une réunification complète », a-t-il poursuivi.

“Je voudrais souligner que quoi que (Lai) dise ou comment il le dit, cela ne changera pas le statut et le fait que Taiwan fait partie de la Chine”, a pour sa part soutenu le porte-parole. mot du bureau chinois des affaires de Taiwan, Chen Binhua.

– « Une ligne rouge infranchissable » –

Taiwan est autonome depuis 1949, lorsque les nationalistes se sont réfugiés sur l’île après leur défaite face aux forces communistes lors de la guerre civile chinoise sur le continent.

Carte de Taïwan et de la Chine montrant notamment la ligne médiane du détroit de Taïwan, démarcation non officielle entre la Chine et Taïwan que la première ne reconnaît pas (AFP/Jean-Michel CORNU)

Pékin considère l’île démocratiquement gouvernée comme faisant partie de son territoire et n’exclut pas le recours à la force pour la mettre sous son contrôle.

Washington abandonna la reconnaissance diplomatique de Taipei au profit de Pékin en 1979, mais resta le partenaire le plus important de Taiwan et son principal fournisseur d’armes.

La Chine a déclaré mardi s’être plainte auprès des États-Unis des félicitations que le secrétaire d’État américain Antony Blinken avait adressées au nouveau président de Taiwan, Lai Ching-te.

Dans son message de félicitations, Blinken a déclaré qu’il espérait que Washington et Taipei maintiendraient « la paix et la stabilité à travers le détroit de Taiwan ».

Pékin a également déclaré mardi que le message de M. Blinken “violait gravement le principe d’une seule Chine (…) et envoyait un mauvais signal aux forces séparatistes”.

La Chine est “fortement mécontente et fermement opposée à cette approche et a répondu sévèrement aux Etats-Unis”, a déclaré Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d’une conférence de presse.

– “Faux signaux” –

“La question de Taiwan est au cœur des intérêts fondamentaux de la Chine et constitue la première ligne rouge infranchissable dans les relations sino-américaines”, a ajouté Wang.

Le nouveau président élu de Taiwan Lai Ching-te (à gauche) et le vice-président Hsiao Bi-khim (à d) lors de la cérémonie d’investiture le 20 mai 2024 à Taipei (AFP / Sam YEH)

La Chine a dévoilé lundi de nouvelles sanctions contre trois sociétés américaines vendant des armes à Taïwan.

Huit chefs d’Etat, ceux des rares pays qui reconnaissent Taïwan, ont participé lundi à la cérémonie d’investiture du président taïwanais ainsi que plusieurs dizaines de délégations.

Une délégation américaine – comprenant l’ancien directeur du Conseil économique national Brian Deese et l’ancien secrétaire d’État adjoint Richard Armitage – était présente à Taipei.

Pékin a fermement condamné la présence des délégations, la qualifiant d’« ingérence grossière dans les affaires intérieures de la Chine » et affirmant qu’elle « mettait en danger la paix et la stabilité à travers le détroit de Taiwan ».

« Nous demandons fermement aux pays et aux hommes politiques concernés de cesser de se livrer à des manipulations politiques sur les questions liées à Taiwan, de cesser d’envoyer de mauvais signaux aux forces séparatistes de Taiwan et de cesser de prendre des mesures erronées qui vont à l’encontre de la bonne foi internationale », a également déclaré M. Wang.

 
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