le président introuvable après un « accident » d’hélicoptère

Des recherches difficiles se poursuivent dans le nord-ouest de l’Iran pour retrouver l’hélicoptère transportant le président Ebrahim Raïssi qui a été victime d’un “accident”, selon des responsables et des médias d’Etat.

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La scène de l’accident n’avait “pas encore été localisée” en pleine nuit alors que les secours la recherchaient dans des “conditions difficiles” dans une zone montagneuse plongée dans la pluie et le brouillard épais, a expliqué le leader du Croissant rouge, Pirhossein Koolivand. .

La perspective de retrouver vivants le président de 63 ans, élu en 2021, et les autres passagers, dont le ministre des Affaires étrangères, s’est atténuée au fil des heures après la disparition de l’hélicoptère en début d’après-midi.

La principale autorité de la République islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, a appelé les Iraniens à « prier » et à « espérer que Dieu ramènera le président et ses compagnons dans les bras de la Nation ».

“Le peuple iranien ne devrait pas s’inquiéter, il n’y aura aucune perturbation dans l’administration du pays”, a-t-il assuré.

L’évolution de la situation a été suivie de près à l’échelle internationale, notamment aux États-Unis, alors que l’Iran est un acteur majeur au Moyen-Orient, région secouée par la guerre dans la bande de Gaza entre Israël et le Hamas.

“Nous suivons de près les informations”, a déclaré un porte-parole diplomatique à Washington.

Plusieurs pays du Golfe (Arabie saoudite, Qatar, Émirats arabes unis et Koweït) ont apporté leur soutien à Téhéran et ont proposé leur aide dans les recherches, tout comme la Syrie et l’Irak.

La Turquie a déployé 32 sauveteurs et six véhicules pour participer aux recherches, tandis que le mouvement islamiste palestinien Hamas, proche de Téhéran, a exprimé sa « pleine solidarité avec la République islamique ».

L’Union européenne a annoncé dimanche avoir activé, à la demande de l’Iran, « le service de cartographie de réponse rapide CopernicusEMS » pour soutenir Téhéran dans ses recherches.

“Atterrissage difficile”

Le président Raïssi était à bord de l’avion en compagnie du ministre des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, gouverneur de la province et principal imam de la région, selon l’agence Irna.

L’avion, un Bell 212, faisait partie d’un convoi de trois hélicoptères transportant la délégation présidentielle, dont deux ont atterri en toute sécurité à Tabriz, la grande ville du nord-ouest, d’où M. Raïssi devait rejoindre Téhéran.

Le ministre de l’Intérieur Ahmed Vahidi a évoqué la possibilité d’un « atterrissage brutal » de l’appareil présidentiel, sans donner de détails.

La télévision d’Etat a diffusé dans la soirée des images de fidèles priant pour la santé du président dans plusieurs mosquées, dont celle de la ville sainte de Mashhad (nord-est), lieu de naissance de M. Raïssi.


AFP

Le gouvernement a tenu une réunion d’urgence et des ministres ont été envoyés à Tabriz, selon le porte-parole du gouvernement.

La réunion d’urgence était présidée par le premier vice-président, Mohammad Mokhber, qui prendrait la relève en cas de décès de M. Raïssi, en attendant la tenue d’une élection présidentielle dans les 50 jours.

Ultra conservateur

M. Raïssi s’est rendu dimanche dans la province de l’Azerbaïdjan oriental, où il a notamment inauguré un barrage en compagnie du président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, à la frontière entre les deux pays.

Lors d’une conférence de presse commune, il a une nouvelle fois soutenu le Hamas contre Israël. « Nous pensons que la Palestine est la première question du monde musulman », a-t-il déclaré.

L’Iran a lancé le 13 avril une attaque sans précédent contre Israël, avec 350 drones et missiles, dont la plupart ont été interceptés avec l’aide des États-Unis et de plusieurs autres pays alliés.

M. Raïssi, qui porte le titre d’Ayatollah, préside la République islamique depuis près de trois ans.

Considéré comme un ultraconservateur, il a été élu le 18 juin 2021 au premier tour d’un scrutin marqué par une abstention record pour une élection présidentielle et l’absence de concurrents de taille.


AFP

Toujours coiffé de son turban noir et coiffé d’un long manteau religieux, il a succédé au modéré Hassan Rohani, qui l’avait battu à la présidentielle de 2017.

M. Raïssi est sorti renforcé des élections législatives organisées en mars, les premières élections nationales depuis le mouvement de contestation qui a secoué l’Iran fin 2022 suite à la mort de Mahsa Amini, une jeune femme arrêtée pour non-respect du code vestimentaire strict. de la République Islamique.

Le président iranien avait alors salué « un nouvel échec historique infligé aux ennemis de l’Iran après les émeutes » de 2022.


AFP

Né en novembre 1960, M. Raïssi a effectué l’essentiel de sa carrière dans le système judiciaire, étant notamment procureur général de Téhéran puis procureur général du pays.

M. Raïssi figure sur la liste noire américaine des responsables iraniens sanctionnés par Washington pour « complicité de violations graves des droits de l’homme », accusations rejetées comme nulles et non avenues par les autorités de Téhéran.

Agé de 60 ans, Hossein Amir-Abdollahian a été nommé chef de la diplomatie iranienne par M. Raïssi en juillet 2021.

Fervent partisan des groupes pro-iraniens au Moyen-Orient, ce diplomate était proche du puissant général Qassem Soleimani, chef de la Force Qods des Gardiens de la révolution tué en Irak en 2020 par une frappe américaine.

 
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