L’incertitude persiste pour le président iranien Ebrahim Raïssi après un « accident » d’hélicoptère

L’incertitude persiste pour le président iranien Ebrahim Raïssi après un « accident » d’hélicoptère
L’incertitude persiste pour le président iranien Ebrahim Raïssi après un « accident » d’hélicoptère

La perspective de retrouver vivant le président de 63 ans, élu en 2021, s’est amoindrie en milieu de soirée en l’absence d’informations sur le sort de l’hélicoptère disparu en début d’après-midi.

La plus haute autorité de la République islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, a appelé les Iraniens à “prier” Et “J’espère que Dieu ramènera le président et ses compagnons dans les bras de la Nation”.

“Le peuple iranien ne doit pas s’inquiéter, il n’y aura aucune perturbation dans l’administration du pays”il ajouta.

L’évolution de la situation a été suivie de près à l’échelle internationale, notamment aux États-Unis, alors que l’Iran est un acteur majeur au Moyen-Orient, région secouée par la guerre dans la bande de Gaza entre Israël et le Hamas.

“Nous suivons de près les informations faisant état d’un possible atterrissage en catastrophe d’un hélicoptère transportant le président et le ministre iranien des Affaires étrangères”a indiqué un porte-parole diplomatique à Washington.

La recherche a été rendue très difficile par le « des conditions météorologiques défavorables »a indiqué le ministre de l’Intérieur Ahmed Vahidi à la télévision d’Etat, évoquant une “atterrissage difficile” de l’appareil sans donner de détails.

L’Union européenne a annoncé dimanche avoir activé, à la demande de l’Iran, « le service de cartographie de réponse rapide CopernicusEMS » pour soutenir Téhéran dans cette mission.

Photo de la présidence iranienne montrant le président Ebrahim Raisi (D) lors d’une rencontre avec le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev près de la rivière Aras, à la frontière entre les deux pays, le 19 mai 2024. Photo Présidence iranienne/AFP.

Le président Raïssi était à bord de l’avion en compagnie du ministre des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, gouverneur de la province et principal imam de la région, selon l’agence Irna.

L’avion, un Bell 212, faisait partie d’un convoi de trois hélicoptères transportant la délégation présidentielle, dont deux ont atterri en toute sécurité à Tabriz, la grande ville du nord-ouest, d’où M. Raïssi devait rejoindre Téhéran.

La télévision d’Etat a diffusé dans la soirée des images de fidèles priant pour la santé du président dans plusieurs mosquées, dont celle de la ville sainte de Mashhad (nord-est).

Elle montrait également des images de plusieurs membres du Croissant-Rouge iranien marchant dans un épais brouillard dans la zone de recherche avant la tombée de la nuit.

Photo de la présidence iranienne montrant le président Ebrahim Raïssi (2eG) avant l’inauguration d’un barrage avec le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, sur la rivière Aras, à la frontière entre les deux pays, le 19 mai 2024 Photo Présidence iranienne/AFP.

« Plus de 20 équipes de secours dotées d’un équipement complet, dont des drones et des chiens de sauvetage »avait “ont été envoyés là-bas”selon Irna.

Des membres du gouvernement ont rejoint Tabriz, selon le porte-parole du gouvernement. C’est le premier vice-président, Mohammad Mokhber, qui prendrait la relève en cas de décès de M. Raïssi, en attendant la tenue d’une élection présidentielle d’ici 50 jours.

Avec le président de l’Azerbaïdjan

M. Raïssi s’est rendu dimanche dans la province de l’Azerbaïdjan oriental, où il a notamment inauguré un barrage en compagnie du président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, à la frontière entre les deux pays.

Lors d’une conférence de presse commune, il a une nouvelle fois soutenu le Hamas contre Israël. « Nous pensons que la Palestine est la première question du monde musulman et nous sommes convaincus que les peuples d’Iran et d’Azerbaïdjan soutiennent toujours les peuples de Palestine et de Gaza et détestent le régime sioniste. »a-t-il déclaré.

Photo de la présidence iranienne montrant le président Ebrahim Raisi (D) aux côtés du président azerbaïdjanais Ilham Aliyev près de la rivière Aras, à la frontière entre les deux pays, le 19 mai 2024. Photo Présidence iranienne/AFP.

L’Iran a lancé le 13 avril une attaque sans précédent contre Israël, avec 350 drones et missiles, dont la plupart ont été interceptés avec l’aide des États-Unis et de plusieurs autres pays alliés.

M. Raïssi, qui porte le titre d’ayatollah, est président de la République islamique depuis près de trois ans.

Considéré comme un ultraconservateur, il a été élu le 18 juin 2021 au premier tour d’un scrutin marqué par une abstention record pour une élection présidentielle et l’absence de concurrents de taille.

Toujours coiffé de son turban noir et coiffé d’un long manteau religieux, il a succédé au modéré Hassan Rohani, qui l’avait battu à la présidentielle de 2017 et ne pouvait plus se représenter après deux mandats consécutifs.

M. Raïssi est sorti renforcé à l’issue des élections législatives organisées en mars, premier scrutin national depuis le mouvement de contestation qui a secoué l’Iran fin 2022 suite à la mort de Mahsa Amini, une jeune femme arrêtée pour non-conformité. -le respect du code vestimentaire strict de la République Islamique.

Le président iranien a ensuite salué« un nouvel échec historique infligé aux ennemis de l’Iran après les émeutes » de 2022.

Né en novembre 1960 dans la ville sainte chiite de Mashhad (nord-est), M. Raïssi a passé l’essentiel de sa carrière dans le système judiciaire, étant notamment procureur général de Téhéran puis procureur général du pays.

M. Raïssi figure sur la liste noire américaine des responsables iraniens sanctionnés par Washington pour « complicité de violations graves des droits de l’homme », accusations rejetées comme nulles et non avenues par les autorités de Téhéran.

Agé de 60 ans, Hossein Amir-Abdollahian a été nommé chef de la diplomatie iranienne par le président Raïssi en juillet 2021.

Fervent partisan des groupes pro-iraniens au Moyen-Orient, ce diplomate était proche du puissant général Qassem Soleimani, chef de la Force Qods des Gardiens de la révolution tué en Irak en 2020 par une frappe américaine.

 
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