600 gendarmes pour dégager la route de l’aéroport, des dizaines de barrages routiers détruits… le point sur la situation

600 gendarmes pour dégager la route de l’aéroport, des dizaines de barrages routiers détruits… le point sur la situation
600 gendarmes pour dégager la route de l’aéroport, des dizaines de barrages routiers détruits… le point sur la situation

Priorité à l’aéroport de Nouméa. L’Etat est passé à l’offensive dimanche en Nouvelle-Calédonie pour tenter de “reprendre le contrôle complet” du territoire, d’abord avec une opération de grande envergure des gendarmes sur la route entre la capitale et l’aéroport international, après six morts en six jours. d’émeutes.

La colère des indépendantistes, provoquée par une réforme du corps électoral, a déclenché un cycle de violences qui a changé le visage de l’archipel, après des jours et des nuits d’incendies, d’affrontements et de blocus.

En l’absence de vols à destination et en provenance de la Nouvelle-Calédonie, suspendus depuis mardi, l’exécutif français a donné la priorité à la liaison entre Nouméa et son aéroport international.

« L’ordre républicain sera rétabli coûte que coûte »

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé dimanche matin le début d’une « opération majeure de plus de 600 gendarmes, dont une centaine du GIGN ». Cela devrait permettre, dit-il, de « reprendre le contrôle total de la route principale de 60 km ».

L’opération consistait à envoyer un convoi depuis Nouméa pour lever tous les obstacles sur cet itinéraire. Il est composé, entre autres, de véhicules blindés de gendarmerie et d’engins de chantier qui dégagent le passage.

“Une soixantaine de barrages ont été démantelés”, a indiqué Louis Le Franc lors d’un point presse ce dimanche peu avant 9 heures (heure métropolitaine). La circulation sur l’axe n’est pas encore possible et les opérations de nettoyage doivent se poursuivre lundi et mardi afin d’évacuer les carcasses de voitures incendiées, les ferrailles et le bois entassés, et aussi d’éviter la “reconstitution de points bloquants”. Les routes ont été endommagées à certains endroits et la circulation ne peut pas être rétablie pour le moment, a-t-il indiqué.

En milieu de journée, Gérald Darmanin affirmait que « 76 barrages (ont été) détruit » sur cet axe depuis samedi soir. “Grâce aux 700 forces de l’ordre supplémentaires qui sont arrivées et aux 350 qui arriveront aujourd’hui, dont de nombreux militaires du GIGN et policiers du RAID, les opérations vont se multiplier dans les prochaines heures”, ajoute-t-il, sur son compte X. Par ailleurs, 200 des personnes ont été arrêtées et 20 commerces alimentaires ont pu rouvrir, selon le ministre de l’Intérieur.

Une centaine de gendarmes du GIGN doivent mener des « opérations de harcèlement » pour « reprendre le contrôle de secteurs en proie aux émeutiers », ajoute le Haut-Commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie. « Les opérations ont été techniquement compliquées », reconnaît un porte-parole de la gendarmerie lors de ce point presse, qui affirme que « certains barrages ont été piégés avec des bonbonnes de gaz ».

« Il est temps de déposer les armes et d’entendre notre appel au calme », dit-il en s’adressant aux auteurs des violences. “L’ordre républicain sera rétabli coûte que coûte”, a insisté le représentant de l’Etat.

Des journalistes de l’AFP ont constaté qu’à midi dimanche, à Nouméa et dans les villes voisines, la circulation pour ceux qui voulaient quitter la ville vers le nord-ouest restait entravée. Les indépendantistes filtrent le passage à travers de nombreux barrages routiers, constitués notamment de pierres et d’appareils divers.

Si ces journalistes ont pu rejoindre l’aéroport de La Tontouta dans l’après-midi, ils ont dû s’arrêter à différents barrages routiers, dont certains étaient tenus par des hommes armés de bâtons ou d’armes blanches.

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L’un d’eux, à Tamoa, a exprimé son intention de rester coûte que coûte : « Nous sommes prêts à aller jusqu’au bout, sinon à quoi ça sert ? »

Pression internationale

Rétablir cette circulation est d’autant plus urgent que la Nouvelle-Zélande et l’Australie ont annoncé dimanche avoir demandé à la France de pouvoir faire atterrir des avions, afin de rapatrier leurs ressortissants.

“Nous sommes prêts à décoller et attendons l’autorisation des autorités françaises pour savoir quand ces vols pourront avoir lieu en toute sécurité”, a déclaré le ministre néo-zélandais des Affaires étrangères Winston Peters dans un communiqué.

Son homologue australienne, Penny Wong, a affirmé sur X que les avions de l’Air Force étaient “prêts à voler”, mais que la France n’avait pas donné son accord.

Samedi, le gouvernement de Nouvelle-Calédonie estimait que 3.200 personnes étaient bloquées faute de vols, soit parce qu’elles ne pouvaient pas quitter l’archipel, soit parce qu’elles ne pouvaient l’atteindre.

« Zones de non-droit tenues par des bandes armées »

Les violences ont fait six morts, le dernier samedi après-midi, un Caldoche (Calédonien d’origine européenne) à Kaala-Gomen, dans la province du Nord. Les cinq autres morts sont deux gendarmes et trois civils kanak, dans la métropole de Nouméa.

Dans un communiqué dimanche matin, le Haut-commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie a toutefois fait état d’une nuit « plus calme ». “L’Etat se mobilise pour assurer la protection de la population et rétablir l’ordre républicain”, a ajouté la représentation de l’Etat central. Elle a annoncé l’arrivée prochaine de « plusieurs centaines de forces de sécurité intérieure, de soutien logistique et opérationnel et de sécurité civile », en plus des renforts déjà envoyés.

“Au total, 230 émeutiers ont été arrêtés” en près d’une semaine, a précisé le Haut-commissariat. Reprendre le contrôle par la force devrait être une tâche à long terme pour la police. Les violences nocturnes dans certains quartiers montrent que les émeutiers restent très déterminés.

« La réalité, c’est qu’il y a (…) des zones de non-droit (…) qui sont tenues par des bandes armées, des bandes indépendantistes, les CCAT. Et dans ces endroits-là, ils détruisent tout», a déclaré samedi le vice-président de la province Sud de Nouvelle-Calédonie, Philippe Blaise, sur BFMTV.

La Cellule de coordination de l’action sur le terrain (CCAT) est une organisation indépendantiste radicale accusée d’inciter à davantage de violence.

Collèges et lycées fermés toute la semaine

Le gouvernement de Nouvelle-Calédonie annonce ce dimanche que tous les collèges et lycées publics et privés resteront fermés du 21 au 24 mai inclus sur tout le territoire. “Les écoles n’ouvriront que lorsque toutes les conditions de sécurité seront réunies”, a-t-il déclaré dans un communiqué. Les autorités donnent aux communes la liberté d’ouvrir ou non des écoles primaires.

Dimanche matin, la province du Sud, qui abrite près des deux tiers de la population, a annoncé que toutes les écoles resteraient fermées pendant la semaine. “Ce délai doit permettre de finir de sécuriser les établissements scolaires, leurs accès et de faire le point sur les dégâts afin de trouver au plus vite les conditions d’une reprise de l’enseignement, la semaine suivante, là où cela sera possible”, a expliqué la province.

Nouvel exemple des troubles dans la nuit de samedi à dimanche : selon la chaîne de télévision publique Nouvelle-Calédonie La 1re, la médiathèque du quartier Rivière-Salée à Nouméa a été incendiée. Interrogée par l’AFP, la mairie de Nouméa a répondu dimanche matin qu’elle n’avait “aucun moyen pour le moment de le vérifier, le quartier étant inaccessible”.

La maire de Nouméa, Sonia Lagarde (Renaissance), a estimé samedi sur BFMTV que la situation était “loin d’un retour à l’apaisement”.

De plus en plus difficile de s’occuper et de se nourrir

La reprise de la route de l’aéroport est “vitale” pour le passage des convois logistiques destinés à réapprovisionner les médicaments et les vivres, “qui commencent à s’épuiser”, a confirmé Louis Le Franc, expliquant qu’il fallait sécuriser les zones commerciales pour éviter les pillages. Les mesures exceptionnelles de l’état d’urgence sont maintenues, à savoir le couvre-feu entre 18 heures et 6 heures (9 heures et 21 heures à Paris), l’interdiction des rassemblements, du transport d’armes et de la vente d’alcool, et l’interdiction des Application TikTok.

Pour la population, voyager, acheter des produits de première nécessité et se faire soigner deviennent chaque jour plus difficiles. De moins en moins de commerces peuvent ouvrir, et les nombreux obstacles à la circulation compliquent de plus en plus la logistique d’approvisionnement, notamment dans les quartiers les plus défavorisés.

La réforme constitutionnelle qui a mis le feu aux poudres vise à élargir le corps électoral lors des élections provinciales, au risque de marginaliser « encore plus le peuple indigène kanak », selon les indépendantistes. Adopté mercredi par les députés, après les sénateurs, le texte doit encore être voté par les parlementaires réunis en Congrès, à une date indéterminée.

 
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