Le mea culpa de France-Élaine Duranceau

Le mea culpa de France-Élaine Duranceau
Le mea culpa de France-Élaine Duranceau

Il n’est pas toujours facile de convaincre de la sincérité d’un acte de contrition. On a souvent l’impression que le repentant regrette avant tout le mal qu’il s’est fait, auquel cas les bonnes résolutions ne durent pas longtemps.

Lorsqu’il rejoint le PLQ en 1998, Jean Charest prend pour modèle le premier ministre conservateur de l’Ontario, Mike Harris, dont la « révolution du bon sens », qui voulait mettre l’État au régime, avait provoqué une véritable révolte. M. Harris ne s’est pas aidé en suggérant également que les assistés sociaux mangent balivernes.

Constatant le manque d’enthousiasme que l’exemple ontarien a suscité au Québec, resté obstinément attaché à l’héritage de la Révolution tranquille, M. Charest a ressenti le besoin de corriger le tir. Dans un discours prononcé l’année suivante devant une assemblée de partisans libéraux de l’est de Montréal, il déclarait : « La compassion, chers amis, sera le mot d’ordre, le cheval de bataille du Parti libéral du Québec. » Une fois au pouvoir, son naturel revient et il se lance plutôt dans la « réingénierie » de l’État.

Le mea culpa fait cette semaine par la ministre de l’Habitation, France-Élaine Duranceau, en entrevue à Radio-Canada, en laissera plusieurs sceptiques. Reconnaissant qu’elle aurait dû faire preuve de plus d’empathie, elle semblait plus désolée pour sa mauvaise image que pour la situation désespérée de ceux qui ne trouvent plus de toit au-dessus de leur tête. Selon lui, il s’agit simplement d’un problème de communication qui ne remet en aucun cas en cause sa politique.

* * * * *

Lors de la formation de son cabinet à l’automne 2022, le premier ministre Legault a décidé de retirer le Logement à la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, qui avait longtemps nié obstinément la crise du logement, pour en faire un ministère autonome.

Mmoi Duranceau n’est pas plus responsable de la crise que son prédécesseur, mais il doit la gérer du mieux qu’il peut. Son rôle n’est pas seulement de stimuler la construction de nouvelles maisons, comme il semble le croire. Il s’agit également de prendre soin de ceux qui se retrouvent à la rue et d’empêcher les requins de profiter de la situation. Elle ne semble pas l’avoir compris.

Son parcours professionnel la prédispose à adopter le point de vue des propriétaires. Il est vrai que la loi modifiant diverses dispositions législatives relatives au logement (loi 31) a rendu les expulsions plus difficiles, mais la suppression du transfert de bail et le refus du registre des loyers ont accrédité l’impression de partialité. Pour un locataire en grande difficulté, le renversement de la charge de la preuve, dont le ministre s’est grandement félicité, est souvent ésotérique.

Il faut dire que M. Legault lui-même semble parfois inconscient de l’ampleur du drame. C’était certainement choquant d’entendre M.moi Duranceau a conseillé à ceux qui ne trouvaient pas de logement d’investir dans l’immobilier, mais le premier ministre n’a pas fait preuve de plus d’empathie lorsqu’il a salué la hausse des prix des maisons, y voyant un signe de l’enrichissement du Québec.

* * * * *

L’épisode des chaussures est sans aucun doute angoissant. La ministre proteste qu’il n’y avait aucun locataire qui aurait pu être indisposé – ou peut-être pas – par ses luxueuses Louboutins dans l’immeuble qu’elle visitait. Le temps finira par corriger l’injustice vestimentaire dont sont victimes les femmes en politique, mais ce jour n’est malheureusement pas encore arrivé.

La politique est un travail très difficile, mais les causes apparemment désespérées ne sont pas nécessairement perdues. On a parfois vu des ministres dont l’image semblait irrémédiablement ternie se réhabiliter de façon spectaculaire, comme ce fut le cas de Monique Jérôme-Forget.

Nommée présidente du Conseil du Trésor par Jean Charest en 2003, chargée de la « réingénierie », apôtre des partenariats public-privé (PPP), elle devient rapidement la cheffe turque des défenseurs de l’État-providence. Passée à la Finance, en 2007, elle a su créer un personnage qui nous a fait oublier le précédent, celui de la dame qui tenait fermement son sac, se moquant du « glitch syndrome » dont souffraient ses collègues masculins et masculins. en général.

Il n’est pas évident que l’actuel ministre du Logement soit capable d’une telle transformation. Même si elle le voulait, elle n’aurait peut-être pas le temps. Son premier mandat ne doit pas lui donner beaucoup envie d’en briguer un second. D’ailleurs, sa circonscription de Bertrand a de très bonnes chances de basculer au PQ lors des prochaines élections.

Même si elle apparaît comme un maillon faible de son gouvernement, M. Legault lui a renouvelé sa confiance, mais cela s’explique peut-être moins par la reconnaissance de ses mérites que par sa volonté d’éviter une élection partielle, comme le ferait la CAQ. perdre presque certainement si Mmoi Duranceau décide de tirer sa révérence. Mais un jour ou l’autre, il devra se résigner à remanier son cabinet.

A voir en vidéo

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV Le Pont Simone-Veil ouvert en avant-première pour certains usagers ! – .
NEXT Une interview vertieft die Gräben – .